Mélange réussi entre Minecraft et Dragon Quest disponible depuis le mois d’octobre 2016 sur PS4, PS3 et PS Vita, Dragon Quest a rejoint le catalogue de la Nintendo Switch au début du mois de février 2018 pour le bonheur des constructeurs en herbe et des fans de RPG.

Dragon Quest Builders

Malgré les apparences, avec Dragon Quest Builders, Square Enix ne s’est pas contenté de singer bêtement le célèbre Minecraft. Premièrement, l’univers de Dragon Quest est suffisamment riche pour créer une sensation de nouveauté et, deuxièmement, le jeu boxe autant dans le secteur de la construction que dans la catégorie RPG. Ainsi, même si l’aspect bac à sable est bien là et s’avère parfaitement grisant, le jeu propose un réel scénario où le joueur devra atteindre des objectifs précis.

Rebâtir Dragon Quest

Le contexte est celui du tout premier Dragon Quest (1986), mettant en scène un royaume d’Alefgard plongé dans l’obscurité par le perfide Lordragon, qui contrôle tous les monstres. Le peuple a été éparpillé aux quatre coins du pays et est désormais démuni des pouvoirs de création et de construction. Le joueur incarne alors un bâtisseur (ou une bâtisseuse), qui est la dernière personne à encore posséder ce don de construction. Divisée en quatre grandes campagnes distinctes, l’aventure propose au joueur d’explorer plusieurs contrées afin de rassembler les matériaux nécessaires pour reconstruire dans un périmètre défini des villages tombés en ruines ainsi que de nombreux objets, dont son propre armement.

Les divers bâtiments créés par le joueur procurent des points qui augmentent le niveau du village afin, notamment, d’attirer de nouveaux habitants. Les joueurs les moins expérimentés seront guidés tout au long de l’aventure pour saisir toutes les mécaniques, tandis que les autres pourront très rapidement expérimenter par eux-mêmes l’assemblage de blocs et d’éléments pour découvrir comment créer de nouveaux aménagements et objets. Le joueur est donc tout à fait libre d’explorer par lui-même et de construire au-delà des zones définies, même si cela ne lui rapportera pas de points de niveau et ne fera pas avancer le scénario. En outre, les bâtiments construits dans les zones octroient des bonus aux habitants qui se battront pour défendre vos remparts et travailleront, selon les outils que vous mettrez à leur disposition, à la fabrication d’objets et à la préparation de victuailles pour remplir vos coffres ainsi que votre estomac.

Dragon Quest Builders(1)

Protéger ses édifices et explorer le monde

Votre avatar est en effet pourvu d’une jauge de vie et d’une jauge de faim à gérer, et il devra, seul ou avec l’aide des habitants, affronter toute une série de créatures pour protéger ses constructions. Le système de combat est très basique, sans blocage ni esquive, mais l’IA des ennemis étant très binaire (attaque, esquive), les combats donnent peu de fil à retordre pour peu que le joueur soit bien équipé et possède suffisamment d’onguents sous la main.

Le jeu demande d’explorer divers environnements avec de nombreux monstres qui se mettront en travers de votre chemin ainsi que des PNJ qui vous demanderont de les aider. Loin d’être anecdotiques, les quêtes secondaires s’avèrent souvent utiles pour découvrir de nouveaux plans d’aménagements ou objets pratiques. Découvrir de nouveaux matériaux, obtenir des objets inédits ou de nouveaux plans en explorant les diverses zones s’avère de fait très agréable et cet aspect plus RPG nourri parfaitement l’aspect construction du titre. Un parfait équilibre, en somme.

Déjà bien pourvu en mode solo, le jeu propose également le mode « Terra Incognita » (ou mode libre) dans lequel le joueur peut créer indéfiniment et partager ses créations en ligne avec d’autres joueurs (via des « codes amis »). Il va sans dire que l’aspect bac à sable du titre prend ici encore plus d’ampleur.

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Les plus de la version Switch

Dragon Quest Builders version Switch reste globalement fluide sur la télévision comme en mode nomade, même s’il passe de 60 à 30 FPS. Le jeu propose de petites exclusivités sur la console de Nintendo, comme la possibilité de se balader à dos de Smilodon dans le mode « Terra Incognita », ce qui accélère grandement l’exploration, ou de récolter des blocs spéciaux afin de construire une cartouche du tout premier Dragon Quest. Cela ne sert que de simple élément de décoration mais forme un clin d’œil sympathique pour tous les nostalgiques de la série et les fans d’Akira Toriyama (le designer historique de la saga, qui est aussi pour rappel l’auteur de Dragon Ball).

On regrettera juste que ce portage n’ait pas pris le temps d’améliorer les combats ou de réorganiser les coffres afin de simplifier la recherche d’éléments au sein de ceux-ci. Une fois un certain nombre de matériaux récoltés et d’objets construits, il devient en effet un peu difficile de s’y retrouver dans l’inventaire, surtout sur l’écran portable, forcément plus petit que celui de la télé.

Les + :

– L’univers et la patte graphique Dragon Quest
– Un mélange réussi entre construction et RPG
– Une grande liberté de création et d’exploration
– Une prise en main facile
– Une durée de vie élevée
– Un jeu addictif que l’on peut emporter partout avec soi

Les – :

– La caméra ne suit pas toujours
– Des combats trop basiques
– L’IA binaire des ennemis

Conclusion

Les amateurs de construction et d’aventure devraient trouver leur bonheur en se procurant ce titre sur Switch. Dragon Quest Builders même habilement les deux aspects, malgré quelques petits défauts non dommageables, dont des combats trop simplistes. Laissant une grande liberté d’exploration et de création, il devient très vite addictif et convient de fait parfaitement au mode nomade de la Switch, pouvant être emporté partout. Globalement fluide sur la télé comme sur la tablette, l’univers riche et coloré de Dragon Quest Builders devrait autant séduire les fans de la série que les bricoleurs en herbe.

16/20