Seul Lenovo voit un potentiel dans la commercialisation de “modules” pour smartphones.

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Le mod Polaroid fait partie des plus populaires chez Lenovo – Crédit photo : E.F.

S’il y a trois ans, les smartphones “modulables” étaient l’une des principales tendances du salon de l’électronique de Las Vegas, l’intérêt du consommateur pour des appareils entièrement personnalisables est totalement retombé. Au Mobile World Congress, seul Lenovo affichait encore clairement son ambition de faire des modules un argument de vente pour sa gamme de produits.

Le fiasco du “projet ARA” de Google, qui consistait à proposer un écran sur lequel venaient se greffer différents modules tels qu’un appareil photo, un processeur, une imprimante portable ou un module 4G, a quelque peu refroidi l’industrie. Il faut dire que si l’idée développée par Google était en soi excellente pour l’environnement et le portefeuille – le propriétaire pouvant réparer son propre smartphone en remplaçant l’un de ses modules endommagé -, le fait est que le consommateur apprécie changer de smartphone – en moyenne, une fois tous les 11 mois selon une étude de CSS Insight, présentée au Mobile World Congress de Barcelone. L’attrait de la nouveauté y est pour beaucoup. Mais pas que. Car les technologies évoluent rapidement. Sans bordures, les écrans des derniers smartphones adoptent également un nouveau format, le 18:9, les constructeurs s’apprêtent également à introduire les premiers modèles 5G, synonymes de plus hauts débits. Et rester “coincé” avec un appareil ancré dans le passé n’est pas en soi une excellente idée. D’autant plus que le suivi logiciel des appareils sortis il y a deux ans est souvent chaotique.

Aujourd’hui, seul Lenovo croit encore au projet de smartphone “modulable”. Ses Moto Z et Z Play permettent d’utiliser une série de “mods” qui viennent se greffer directement sur le smartphone et y restent “collés” grâce à un système de fixation magnétique. Le concept est toutefois radicalement différent de celui du “Projet ARA”, dans la mesure où l’acheteur ne peut pas ici remplacer le processeur, la batterie ou la puce 4G du smartphone et se contente d’ajouter une fonction à son smartphone. Lenovo propose ainsi une gamme complète de coques “Mods”, permettant d’ajouter un picoprojecteur, un meilleur capteur photo, une imprimante nomade ou un clavier mécanique à ses smartphones. Un concept séduisant mais coûteux, chaque mod étant vendu plus d’une centaine d’euros.

Petite nouveauté cette année : Lenovo propose un Mod permettant d'analyser en détails sa santé - Crédit photo : E.F.
Petite nouveauté cette année : Lenovo propose un Mod permettant d’analyser en détails sa santé – Crédit photo : E.F.

Si cette innovation permet au groupe de s’engouffrer dans une “niche” et de conserver ainsi ses parts de marché, à l’heure où ses concurrents boivent la tasse – HTC, Sony et Acer enregistrent tous un important recul des ventes -, difficile d’imaginer les “Mods” devenir un véritable argument de vente auprès des consommateurs. Lenovo, de son côté, garantit toutefois un support étendu sur une période de deux ans, garantissant la compatibilité des nouveaux appareils avec tous les nouveaux Mods commercialisés dans les deux années suivant leur commercialisation.