Revivre la saison 2017 du championnat américain de supercross, voilà un programme plutôt alléchant pour les fans de sports mécaniques. Monster Energy Supercross (MES) débarque avec plein de bonnes idées, un contenu conséquent et la promesse de quelques heures de fun derrière le guidon. Pari tenu ?

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Les fans de deux roues, à l’inverse de leurs homologues mordus d’automobiles, ne jouissent pas d’un catalogue de jeux très épais. L’arrivée d’un titre sous licence officielle AMA (American Motorcycle Association) était donc une bonne nouvelle, afin de profiter des vrais championnats, pilotes et constructeurs. Mais dès le lancement du jeu développé par Milestone et édité par Big Ben, la sauce ne prend pas vraiment. Il y a comme une impression de vide dans les menus, qui sont presque austères, il n’y a pas d’intro pour se mettre dans l’ambiance, pas de fioritures si ce n’est la possibilité de faire tourner la caméra autour de son pilote. Le thème choisi pour les couleurs est sans surprise : noir et vert fluo, à l’image de la marque de boissons énergisantes Monster, sponsor officiel de la discipline.

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Passée cette entrée en matière un peu plate, direction la carrière pour découvrir le principal mode solo de MES. La première épreuve est de se créer un pilote personnalisé. Nom, taille, numéro de maillot et nationalité, la création est rapide, surtout qu’il n’y a que quelques visages prédéfinis parmi lesquels choisir. En revanche, l’habillement du pilote et la personnalisation de sa moto ont fait l’objet d’une attention toute particulière. Tout est personnalisable ou presque, du casque aux bottes pour l’homme et du guidon à l’échappement pour sa machine. Pléthore de pièces sont disponibles (elles influent légèrement sur les performances), toutes signées par des grandes marques comme Öhlins, Brembo ou Akrapovic. Il en va de même pour l’équipement et les fans de la première heure seront ravis de voir que des équipementiers tels que Fox, Alpinestars, Kenny Racing répondent à l’appel. Il faut gagner quelques courses pour augmenter sa cagnotte et s’offrir ensuite la moto et la tenue de ses rêves, selon le schéma classique de ce genre de jeu.

Au guidon, ça donne quoi ?

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Une combinaison toute neuve c’est bien beau, mais pleine de boue c’est tout de même plus intéressant. MES propose un pilotage à mi-chemin entre l’arcade et la simulation, mais n’offre pas vraiment de challenge. En gros, que l’on opte pour le mode de conduite assisté ou normal, on note peu de changement dans le comportement. La deuxième option est un peu moins rigide que la première et plus permissive en termes d’angles ainsi que de dérapages. Cependant, il faut vraiment y aller comme un bourrin pour tomber de la moto, même sur une réception de saut douteuse où un vrai pilote y laisserait ses vertèbres. Une option permet entre outre de gérer manuellement le poids du pilote sur la moto, mais l’interaction est limitée à transférer le poids vers l’avant ou vers l’arrière. En virage par exemple, il n’y a pas vraiment moyen de faire en sorte que le pilote se comporte de plusieurs manières différentes, pose le pied plus tôt ou plus tard…

Sortir de la mêlée après le départ n'est pas chose aisée
Sortir de la mêlée après le départ n’est pas chose aisée
Retomber directement sur un autre pilote n'aura aucun effet et ne vous fera pas tomber.
Retomber directement sur un autre pilote n’aura aucun effet et ne vous fera pas tomber.

C’est dommage, et bien que les premières heures de jeu soient fun et nerveuses (la sensation de vitesse est très bien rendue), la routine s’installe rapidement et on finit par enchaîner les épreuves les unes après les autres, sans vraiment faire attention. Une impression renforcée par le fait que la carrière n’implique absolument pas le joueur : on commence par le championnat 250 cc est ou ouest, puis l’on accède ensuite à la catégorie supérieure 450 cc. Il n’y a jamais de cinématiques, les commentaires se limitent à quelques phrases qui tournent en boucle au début et à la fin de chaque épreuve, un feed façon Twitter est présent sur une partie de l’écran entre les courses… Et c’est à peu près tout. Les autres modes solo (championnat, course simple et contre-la-montre) n’apportent aucune nouveauté. Heureusement, un éditeur de circuit vient redonner une bouffée d’air frais au jeu et les possibilités offertes grâce aux différents modules sont nombreuses. Il est même possible de jouer offline contre l’IA avec des circuits créés par les joueurs et partagés en ligne.

L’IA justement, est calibrée de façon étrange. Il est souvent bien plus difficile de signer la pole position lors des qualifications que de gagner une course. Au moins, les cinq degré de difficultés sont assez distincts les uns des autres sur une épreuve donnée pour s’adapter au niveau du plus grand nombre. Les courses en ligne sont quant à elles souvent le théâtre d’un certain chaos, la plupart des joueurs n’ayant aucun fair-play. Il n’y a également qu’un très petit nombre de serveurs disponibles.

Visuellement honnête, mais inégal

MES repose sur l’Unreal Engine 4, un moteur qui a fait ses preuves dans des jeux comme Outlast 2 ou plus récemment dans le phénomène PlayerUnknown’s Battleground. Là encore le titre de Milestone donne l‘impression d’un travail inachevé, ou le très bon côtoie le passable. La modélisation des motos est par exemple irréprochable. Elles sont détaillées et les textures sont valorisantes. L’équipement du pilote est lui aussi à la hauteur. Les visages sont en revanche en peu en deçà du reste. Il en va de même pour les circuits. Si quelques effets de boue et de flaques sont vraiment très réussis, les surfaces plus sablonneuses sont globalement peu détaillées et moins qualitatives.

Les animations de podium en fin de course sont pauvres et répétitives.
Les animations de podium en fin de course sont pauvres et répétitives.

Autre point foncièrement agaçant, le jeu semble assez mal optimisé. Durant notre test, il nous a été impossible d’échapper à des baisses de framerate énormes, avec quelques ralentissements ponctuels mais gênants à la clé. Le jeu reste fluide 97 % du temps et saccade parfois sur certains circuits. Bizarrement, passer les réglages graphiques du mode ultra au minimum sur PC n’a rien changé à la chose pour une résolution donnée, ce qui ne semble pas résulter d’un manque de puissance de notre machine test. La version Xbox One X est d’ailleurs elle aussi touchée par le problème. Ce petit souci technique mis à part, le jeu tournera tout à fait convenablement en Full HD sur une configuration moyenne, de type GTX 1060, 8 Go de RAM, i5 7400. Les configurations plus modestes devront concéder un peu de détails graphiques pour jouer de manière fluide.

Les + :

– Le contenu officiel (équipement/motos/pilotes/circuits)
– Bonne modélisation des motos
– Editeur de circuit complet
– Amusant les premières heures de jeu…

Les – :

– … Mais rapidement ennuyant
– Mal optimisé
– Bande son lassante et ultra réduite
– Mode carrière anecdotique
– Graphismes inégaux

Conclusion

Quand vient l’heure du bilan, difficile de se montrer clément avec Monster Energy Supercross. Le jeu a quelques arguments à faire valoir et se montre divertissant sur une coute période, mais il est loin d’être au niveau des 70 € qu’il réclame sur consoles. Même à 50 € sur PC, ce n’est pas une bonne affaire. L’ensemble donne vraiment l’impression d’un travail laissé à l’état de brouillon avancé, là où l’on est en droit d’attendre un produit fini. Quand il sera un peu moins cher, il pourra quand même faire plaisir aux accros de la discipline, mais Monster Energy Supercross est difficilement recommandable à d’autres joueurs.

10/20