Nouveau spin-off dans l’univers de Final Fantasy, Dissidia : Final Fantasy NT est en réalité l’adaptation sur console d’un jeu sorti dans les salles d’arcade nippones. Original, le jeu ne parvient pas vraiment à séduire, la faute à un concept difficile à porter sur une console de jeu…

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La PlayStation 4 accueille en ce début d’année un nouveau spin-off de Final Fantasy, développé par les créateurs de Dead or Alive et Ninja Gaiden. Un projet ambitieux, qui, sur le papier, avait tout pour séduire. Sauf que, dans la pratique, on est plus proche du naufrage que du hit en puissance… Car si Dissidia : Final Fantasy NT avait reçu un accueil plutôt chaleureux dans les salles d’arcade japonaises, son concept très particulier en faisait un titre difficile à porter sur consoles. Difficile, dans la mesure où les développeurs auraient dû procéder à de nombreux changements tant au niveau du gameplay que des modes de jeu et du système de progression.

Dans la pratique, et dès la première partie, on se rend compte que le jeu n’a pas été pensé pour une console de jeu. Par exemple, si vous démarrez par le mode solo, vous vous rendrez compte que vous ne pourrez visualiser qu’une cinématique, et qu’il sera impossible de prendre part au premier combat sans passer par la case multijoueur, pour la simple et bonne raison qu’il faut débloquer des orbes pour pouvoir débloquer les chapitres du jeu…

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Inutile de le préciser : Dissidia n’est pas un jeu qui se destine aux amateurs de titres se jouant en solitaire. Il est même vivement conseillé d’être entouré de ses meilleurs amis pour y jouer puisque l’intégralité du gameplay repose sur des affrontements en multijoueur à 3 contre 3 dans des arènes de taille modeste inspirées des principaux volets de la franchise.

Il ne s’agit donc ni d’un RPG ni d’un jeu de baston mais d’une espèce de beat them all multijoueur à la sauce Phantom Dust… facturé au prix fort. Et c’est là que le bas blesse. Car s’il avait été vendu une dizaine d’euros sur le Store, Dissidia aurait sans doute été un sympathique jeu multijoueur. Mais à plus de 50€, le jeu de la Team Ninja aura sans doute du mal à séduire les joueurs avec ses caméras qui se placent systématiquement mal, son système de ciblage automatique grotesque, son gameplay approximatif et ses affrontements pour le moins confus. Pour autant, le titre de la Team Ninja n’en reste pas moins technique. Il faudra d’ailleurs automatiquement passer par le tutoriel pour espérer y comprendre quelque chose. Tout l’intérêt du jeu repose sur la coopération des joueurs et la complémentarité de leurs unités. Comme dans de nombreux autres jeux du genre, Dissidia propose un casting assez large (28 personnages tout de même, tirés des derniers épisodes de la série), qui appartiennent à différentes classes. Chaque classe se joue d’une façon complètement différente. Sur le champ de bataille, le joueur devra veiller à ne pas s’éloigner trop de ses alliés, et à enchainer les combos en ciblant prioritairement un adversaire. Une fois un certain nombre de hits, il lui sera possible d’appeler un gigantesque avatar sur le champ de bataille, lequel sèmera le chaos.

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Plus technique qu’il n’y paraît, le jeu de la Team Ninja n’en reste pas moins confus et difficile à maîtriser. D’autant plus qu’en solo contre l’IA, le titre n’a pas beaucoup d’intérêt. Son mode solo n’est également là que pour augmenter artificiellement la durée de vie d’un jeu qui a avant tout été conçu pour le multijoueur.

En multi, le titre prend une toute autre dimension… Compte tenu de son gameplay, il faudra toutefois jouer avec des amis ou des connaissances qui maîtrisent parfaitement son gameplay, sans quoi les parties tourneront forcément au massacre. Difficile dès lors de le conseiller aux joueurs qui ne sont pas habitués au genre ou n’éprouvent pas une profonde attirance pour les beat them all ou les musou.

D’autant plus que visuellement, le jeu n’est pas franchement époustouflant. Le moteur graphique accuse quelques années de retard, les décors sont vides et les personnages sans aucune expression. A l’inverse, les effets visuels plongent le joueur dans un déluge de flammes, et les animations rendent hommage à la série de Square-Enix, à du 60 images par seconde. Fidèle à l’œuvre de Square-Enix, tant dans son design que par son casting alléchant, Dissidia : Final Fantasy NT pousse le vice jusqu’à nous livrer une bande sonore riche en thèmes originaux et réorchestrés. Malheureusement, son gameplay brouillon, son mode solo dérisoire et sa réalisation graphique décevante en font un titre dispensable, même pour les plus gros fans de la franchise.

Les + :

– Un joli casting
– Une incroyable bande sonore
– De jolis effets visuels
– Un gameplay hardcore

Les – :

– Visuellement décevant
– Un gameplay hyper-brouillon
– Un solo bâclé
– Un jeu à jouer uniquement entre amis
– Vendu au prix plein

Conclusion

Fidèle à l’univers de Final Fantasy, Dissidia : Final Fantasy NT se révèle être un titre multijoueur exigeant qui souffre toutefois d’un gameplay pas assez précis. Décevant en solo, le titre de la Team Ninja n’a d’intérêt qu’entre amis, avec ses affrontements en ligne à 3 contre 3 dans des décors épiques mais terriblement vides tirés des derniers épisodes de la saga. Si sa bande sonore exceptionnelle, son casting alléchant et ses jolis effets visuels séduiront les fans, difficile de conseiller de s’y plonger sans y avoir précédemment goûté tant le concept est particulier. S’il avait été vendu une dizaine d’euros sur le Store, la pilule serait sans doute mieux passée…

10/20