Test – Black Mirror : le reboot manqué d’une saga culte

Par posté le 7 février 2018

Retour sur consoles et PC d’une saga point’n'click qui avait fait ses preuves dans le domaine du lugubre et de l’effroi. Après plus de 15 ans, le plaisir de Black Mirror est-il toujours le même ? La saga trouvera-t-elle encore sa place aujourd’hui ?

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Black Mirror s’était démarqué dans les années 2000, avec plusieurs épisodes de point’n’click qui maitrisaient parfaitement les ambiances lourdes et l’effroi. En 2017, le studio à l’origine King Art Games tente de réitérer l’expérience avec un nouveau titre. Si on retrouve le savoir-faire au niveau de l’histoire et de l’atmosphère, ce nouvel épisode n’en demeure pas moins bancal.

Retour sur cette saga

Sorti en 2003 et développé par le studio tchèque Future Games, The Black Mirror – ou Black Mirror – plongeait le joueur sur les traces d’une famille aux origines mystérieuses. À la suite du décès d’un parent du personnage principale, Samuel Gordon, celui-ci est obligé de retourner dans le manoir familiale, le Black Mirror. Son séjour au sein de sa famille élèvera de nombreux soupçons sur les circonstances de la mort de son parent. Samuel Gordon décida de mener l’enquête. Une décision qui lui fit découvrir bon nombre de secrets et anecdotes effrayantes sur sa famille.

Le seconde épisode de la saga se fera attendra puisqu’il n’est disponible qu’en 2009, grâce à la persévérance du studio allemand Cranberry Production qui a convaincu Future Games de lui laisser les commandes. Sobrement intitulé Black Mirror 2, cet épisode nous plonge dans les aventures d’un jeune homme qui ne tarde pas à être mêlé aux événements qui se sont déroulés dans le premier volet.

Deux ans plus tard, le troisième sort en Allemagne. Cette fois, il est question de mettre un terme à la malédiction qui frappe la famille Gordon depuis de nombreuses générations.

Une mystérieuse histoire de famille

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Avec ce nouvel épisode, qu’on pourrait qualifier de 4ème, on retourne une nouvelle fois dans les méandres de l’imposant manoir de Black Mirror et de la mystérieuse famille Gordon. Sans être une préquelle, ni une suite aux autres titres de la saga, Black Mirror ne fait pas défaut à ses prédécesseurs.

L’ambiance lourde des secrets de famille, des décors lugubres sont parfaitement maîtrisés. Le jeu a d’ailleurs le mérite de surprendre le joueur au fur et à mesure de l’aventure. Pour ceux qui ne connaissent pas la saga, la progression sera un véritable plaisir. La complexité des relations et les nombreux secrets de la famille Gordon étant toujours plus pervers et macabres.

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Cette fois-ci encore, nous incarnons un homme, David Gordon, dépêché sur place pour régler les papiers de succession suite au décès de son paternel. Un évènement qui l’oblige à loger au manoir et à faire connaissance avec son étrange famille. La paperasse prenant du temps, David et le joueur en profiteront pour en apprendre davantage sur qui était son père ainsi que sur les circonstances douteuses de sa mort. Des circonstances et des brides de conversations avec les occupants de la maison toutes plus sinistres les unes que les autres, obligeant David à mener son enquête.

À force d’interrogation et d’exploration, l’atmosphère se fera de plus en plus lugubre, jusqu’à en devenir effrayante. Le scénario de Black Mirror est sans nul doute le point fort de cet épisode. La maîtrise des histoires et le rythme avec lequel on apprend les tragiques récits des membres de cette famille maudite depuis de nombreuses générations sont un véritable plaisir pour tout amateur du genre fantastique.

On pardonnera facilement d’ailleurs les personnages stéréotypés tels que la grand-mère mystérieuse, sévère et inamicale ou le cousin un peu idiot et même le majordome beaucoup trop voué à la famille qu’il sert. On pardonnera également les quelques incohérences de l’histoire pour éviter de se gâcher le – seul ? – plaisir.

Un point’n'click sur la fin

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La saga Black Mirror repose sur le principe du point’n’click. En vue à la troisième personne, le titre propose au joueur de contrôler le personnage de David à travers le manoir et ses alentours – le but étant d’explorer le plus possibles les pièces et les alentours afin de récolter des indices. Pour cela, il suffit de diriger notre cher David vers des objets et de cliquer dessus lorsqu’apparaissent des propositions à l’écran. Rien de bien compliqué si ce n’est que le jeu accuse effroyablement le poids des années.

En effet, la manipulation se fait difficilement. Les déplacements des personnages sont rigides et très robotiques. Les réactions des personnages sont aussi très basiques, voire ratées. A de nombreuses reprises, les comportements de ceux-ci ne correspondent ni entre eux – les personnages ne se regardent pas – ni dans le contexte – les conversations houleuses sont inanimées.

Autre point faible : les temps de chargement. Ceux-ci sont d’ailleurs souvent inexpliqués. En effet, passer d’une pièce à une autre demande un temps de chargement qui est parfois long, parfois court, sans qu’aucune raison ne semble justifier cette attente. Des chargements qui sont frustrants, surtout lorsqu’on doit faire plusieurs aller-retours. De plus, il n’est pas rare que le personnage se fasse happer par une porte, nous obligeant à attendre deux chargements pour revenir sur nos pas.

Secrets de famille et énigmes font bon ménage

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Au-delà de l’aspect point’n’click, il faudra également résoudre diverses énigmes. L’atmosphère du jeu reposant beaucoup sur les mystères de la famille, cela n’est pas surprenant. Malheureusement, le niveau de celles-ci est généralement plutôt bas. Répétitives, les énigmes ne représentent pas un gros challenge.

En revanche, le manque d’indice sur la suite des événements peut être frustrant. De plus, les choix multiples auxquels nous laissent répondre les personnages ne semblent pas vraiment avoir de conséquences sur l’histoire, ce qui est dommage.

Les décors au service de l’ambiance

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L’atmosphère soignée de Black Mirror tient aussi des décors qui sont tout aussi lugubres que l’histoire. Dans ce vieux manoir, l’ambiance que dégagent les murs et les meubles pèse sur le joueur. Un défaut majeur dénote toutefois avec le reste : la lumière. En effet, celle-ci est parfois beaucoup trop forte et parfois beaucoup trop faible ce qui empêche de dégager les éléments de la masse. Plusieurs passages sont éclairés à la lumière d’une bougie, ce qui – en réalité – se traduit par une exploration à tâtons, dans le noir. Du tout bon pour les amateurs de films d’horreur, sauf que dans la pratique, cette approche rend la progression bien trop hasardeuse…

On notera également les problèmes de caméra. Celle-ci est peu maniable et il faut la pousser au maximum pour avoir accès à des endroits difficiles.

Black Mirror n’est disponible qu’en sous-titré français, les personnages s’exprimant soit en anglais soit en allemand. Pour la version anglaise, les dialogues sont plutôt bons. On notera surtout les divers accents, typiques de l’Ecosse. Un bon point pour l’immersion.

Les + :

- L’ambiance lugubre est parfaitement maîtrisée
- L’histoire est plutôt sympathique et entraînante
- La bande sonore

Les – :

- Les énigmes se montrent trop facile à résoudre
- La gestion de la luminosité
- Les visuels et le gameplay d’un autre âge
- La gestion désastreuse de la caméra
- Le manque de travail sur les expressions faciales

Conclusion

KING Art Games nous sert un nouvel épisode raté d’une saga qui avait charmé beaucoup de joueurs. Si on retrouve la maîtrise de l’ambiance et de l’atmosphère lugubre, le gameplay trop rigide, la gestion désastreuse de la caméra et la réalisation vieillotte font de ce titre une grosse déception. Indigne de la franchise, ce reboot de Black Mirror est une grosse déception qui ne séduira que les fans peu exigeants de la série. Regrettable.



09/20


Pigiste chez Geeko et Belgium-iPhone.
Twitter : @JennMrtns

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