Test – Romancing SaGa 2 : le rétro impérial

Par posté le 5 février 2018

RPG japonais jamais sorti sur les consoles de salon de nos contrées, Romancing Saga 2 nous provient de l’année 1993 et est une production Square Enix. Un gage de qualité pour un titre riche et délicieusement rétro, mais aussi quelque peu archaïque.

Romancing saga 2

Avant sa sortie en 2016 sur téléphones mobiles, Romancing SaGa 2 n’avait jamais pointé le bout de son nez en Europe. Il restait l’exclusivité des japonais qui l’ont vu sortir en 1993 sur Super Nintendo (ou Super Famicom, comme on dit là-bas). Un manquement qui est aujourd’hui enfin réparé, le titre étant sorti dans le courant du mois de décembre sur PC, PS4, Xbox One et Switch.

Le déroulement de Romancing SaGa 2 (qui est issu de la franchise SaGa) est différent que dans la plupart des RPG de l’époque puisque le titre ne vous attribue pas une équipe et un héros prédéfinis, mais offre la possibilité d’incarner une lignée entière d’empereurs. L’histoire est racontée en flashbacks et se base sur la succession, mettant en scène plusieurs empereurs qui se transmettent de génération en génération la gestion du pays, ainsi que les pouvoirs qu’ils ont acquis au cours de leurs aventures. Faire prospérer son empire en éliminant les sept démons installés dans les diverses régions du pays constituant le cœur de l’histoire.

L’empereur est mort, vive l’empereur !

Au fil des générations, le joueur prend le contrôle de différents héros placés dans la ligne de succession impériale. Inutile donc de s’attacher dès le début à votre héros car celui-ci va disparaître rapidement au profit de son successeur, et ainsi de suite au fil de l’histoire et/ou de vos défaites. Le jeu ne s’arrête pour ainsi dire jamais en cas de défaite, puisque une fois mort au combat (ou si le scénario l’impose), vous devrez choisir un nouveau héros/successeur et recruter de nouveaux combattants pour votre équipe.

En plus des traditionnels points de santé (HP), chaque personnage possède des Life Points (LP) qui représentent leur nombre de vie. Une fois les LP écoulés, le personnage disparaît de l’aventure pour de bon. Un système cruel qui vous impose de choisir parmi plusieurs candidats un nouvel empereur dès la mort du dernier en poste afin de mener à bien les missions de l’empire.

Romancing Saga 2(2)

Un empire à faire prospérer

Les missions proposées consistent à éliminer les démons qui pullulent sur vos terres, augmenter les richesses de votre empire et financer divers travaux (fabrication de nouveaux équipements, création d’annexes pour développer de nouvelles compétences, etc.). Cette gestion des ressources se fait très naturellement, en dialoguant avec les nombreux PNJ et en validant des ordres lors des dialogues. Chaque joueur peut ainsi faire grandir son Empire comme il l’entend, l’expérience vécue étant tout à fait différente d’une partie à l’autre (même si la fin, elle, est identique pour tous).

Pour ce qui est des combats, Romancing SaGa 2 fourmille d’ennemis directement visibles à l’écran qui se mettront à vous poursuivre dès qu’ils vous auront repérés. S’ensuit un combat classique au tour par tour, où chaque personnage (les soldats, mages et archers traditionnels, auxquels s’ajoutent les ninjas et médiums propres à cette édition) dispose de plusieurs armes pour attaquer. Certaines sont plus efficaces que d’autres en fonction des ennemis, et une bonne gestion de l’équipement (et de l’inventaire en général) sera essentielle pour remporter la victoire. Au fil des combats, les personnages ne gagnent pas de niveau mais voient leurs HP augmenter et leurs armes s’améliorer, ce qui débloque de nouvelles attaques pour celles-ci (jusqu’à huit par arme, de quoi varier les plaisirs). Notons que la formation adoptée par vos combats aura également son importance, car elle influe sur l’ordre d’attaque et l’encaissement des coups adverses.

Romancing Saga 2(1)

A l’ancienne

Toute cette gestion passe par des menus relativement clairs, mais le gros hic c’est que Romancing Saga 2 ne vous explique rien de tout cela et vous plonge directement dans l’histoire sans l’ombre d’un didacticiel ou d’une aide de jeu. Les non initiés aux jeux de rôles risquent d’être rapidement laissés sur la touche, d’autant qu’il est donc très courant de mourir et de voir son équipe disparaître pour être remplacée par une autre dès qu’elle tombe au combat. Un poil déstabilisant et décourageant ! Ajoutez à cela le fait que le titre n’a pas été traduit en français (tout est en anglais), et il paraîtra à première vue carrément archaïque voire un brin vieillot aux yeux de nombreux joueurs même s’il a bénéficié d’un léger rafraîchissement graphique. Pas fondamentalement perturbé sur la forme (le titre conserve ses bons gros pixels et ses animations basiques d’antan), cette nouvelle mouture de Romancing SaGa 2 propose toutefois quelques contenus exclusifs tels qu’un nouveau donjon, deux nouvelles classes et un mode New Game+.

Les + :

- Incarner non pas un héros mais toute une lignée d’empereurs
- Mécanique de jeu originale
- Une progression relativement libre
- De longues heures de jeu

Les - :

- Aucun didacticiel ni aide de jeu
- Difficulté élevée et morts fréquentes
- Aucune traduction française
- Une vingtaine d’euros, ça reste cher pour un jeu de 1993 !

Conclusion

Expérimentations, sacrifices, patience et persistance sont les mots d’ordre afin d’apprécier Romancing SaGa 2 à sa juste valeur. Peu accessible de prime abord, il est avant tout destiné aux connaisseurs, aux purs et durs du JRPG habitués aux systèmes qui savent faire face à la difficulté. L’absence de traduction française et de didacticiel risque par contre de laisser les joueurs les moins expérimentés sur le carreau, ce qui est bien dommage car le titre de Square Enix déploie une mécanique des plus intéressantes, qui en fait un JRPG assez unique en son genre.



14/20


Rédacteur sur les plateformes Geeko et Belgium-iPhone, je suis un cinéphile acharné ainsi qu’un authentique gamer, amateur de technologies. Trois noms incontournables qui ont forgé ma geekitude grâce à leur génie: John Carpenter, Shigeru Miyamoto et Steve Jobs.
Twitter : @SamuelTub

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