Il était utilisé pour « sécuriser le périmètre » autour d’un refuge animalier.

robot sdf

C’est un pas de plus vers la déshumanisation : à San Francisco aux Etats-Unis, la branche locale de la SPCA (Society for Preventions of Cruelty to Animals) qui défend les droits des animaux, a embauché un robot pour patrouiller aux abords du centre. Si le personnel souhaitait absolument faire appel à une machine, c’est parce qu’il en avait marre de devoir s’occuper « du nombre croissant d’aiguilles, de car-jacking et de crimes qui semblait émaner du campement de sans-abris le plus proche » selon le San Francisco Business Time.

Le robot de sécurité en question, un modèle K5 construit par la société Knightscope, n’est pas resté en activité très longtemps : en une semaine d’utilisation, la SCPA avait déjà dû faire face à quelques attaques de la part des sans-abris, qui l’avaient notamment recouvert d’une bâche et enduit de sauce barbecue pour couvrir ses capteurs. Au bout d’un mois, la police a demandé à l‘organisme d’arrêter d’utiliser le robot, sous peine d’une amende de 1.000 $ par jour, dans le cadre d’une loi visant à limiter l’usage des robots en ville.

Knightscope a tout de même tenu à livrer sa version des faits face à la polémique qu’a créée l’affaire : « Knightscope n’a pas été amené dans la zone autour de la SCPA pour la vider de personnes sans-abris. Knigtscope a été déployé pour protéger et servir la SCPA. La SCPA a le droit de protéger sa propriété, ses employés et ses visiteurs ». Une déclaration très formelle, qui ne masque pas le fait que l’organisme de défense des animaux est bien content d’avoir fait baisser le nombre de SDF aux abords de son centre.

Trop cher de payer un humain pour le travail

L’utilisation du robot a soulevé une vague de critique aux Etats-Unis. Certains journalistes, à l’image de Ben Norton, se sont insurgés sur Twitter : « Le capitalisme : plutôt que de fournir un logement à des sans-abris, autant dépenser des sommes exorbitantes pour créer des robots qui empêcheront les sans-abris de se construire un habitat eux-mêmes ».

Selon la SCPA, attribuer cette fonction à un être humain « serait beaucoup trop onéreux. Le robot c’est 6 $ par heure de location. Le salaire minimum de la ville est fixé à 14 $ par heure ».

Knightscope est actuellement en train de demander une dérogation à la ville de San Francisco pour obtenir le droit de continuer à exploiter ses robots de sécurité dans les rues. Pour rappel, c’est la même entreprise qui avait blâmé le sol instable quand un de ces modèles a fini dans une fontaine de Washington, l’été dernier.