Test – The Last Frontier : un film interactif dans l’univers de la Planète des Singes

Par posté le 5 décembre 2017

Développé par Imaginati Studio, Planet of the Apes : The Last Frontier se veut une expérience narrative à la croisée des genres. Un projet ambitieux qui ne tient malheureusement pas toutes ses promesses…

planet of the apes

Porté en grande partie par Andy Serkis – Gollum, dans Le Seigneur des Anneaux et Le Hobbit -, et son studio Imaginarium, Planet of the Apes : The Last Frontier reprend dans les grandes lignes le concept des titres des romans « Un livre dont vous êtes le héros », en permettant au joueur d’influencer le scénario du film d’animation par une série de choix. Un concept qui n’est pas sans rappeler les productions de TellTale Games, avec toutefois une différence majeure : le joueur est ici presqu’entièrement passif et devra dans le meilleur des cas opérer un choix entre deux décisions.

Difficile dès lors de juger The Last Frontier comme un jeu à proprement parler, tant le potentiel ludique du titre est faible. On notera d’ailleurs que le divertissement ne vous tiendra scotché à votre pad que durant 3h30. Ce qui n’est en soi déjà pas si mal que ça pour un film… Sauf que le divertissement est d’un ennui mortel.

S’insérant entre L’Affrontement (2014) et Suprématie (2017), La dernière frontière narre l’histoire de Bryn et son frère Tola, deux primates qui vont s’aventurer dans les plaines en pleine période hivernale pour sauver leur tribu, restée à l’abri dans les montagnes. En s’attaquant à un troupeau de bovidés, propriété d’une petite communauté d’humains, ils vont déclencher un affrontement, inévitable entre les deux factions.

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Intéressant, de prime abord, le scénario prend malheureusement trop de temps à se mettre en place. D’un ennui mortel, le long-métrage souffre également d’un autre défaut majeur : un casting peu alléchant, avec des primates qui ne sont que des copies de ceux croisés dans les films et des personnages sans aucun charisme dans les rangs humains. L’autre gros défaut du jeu, c’est l’absence de réel impact dans chaque décision du joueur. Trop souvent, on a l’impression que quelque soit le choix que l’on opère, le scénario prendra de toute manière la même direction que celle choisie par les développeurs. Les seules décisions qui auront un gros impact sur le scénario prendront place dans la dernière demi-heure de l’aventure.

On applaudira en revanche les efforts consentis par les développeurs au niveau de la mise en scène, digne d’une grosse production hollywoodienne, de la bande son, et des graphismes. Suffisamment joli pour créer l’illusion de regarder un film d’animation basé sur l’univers de La Planète des Singes, The Last Frontier est en soi une jolie réussite sur le plan esthétique – à quelques petites exceptions près (chargements des décors par à-coups, textures parfois baveuses et clipping font quelques apparitions).

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D’un ennui mortel, The Last Frontier aurait pu sauver les meubles en tablant sur la fonction PlayLink, qui permet au joueur de remplacer le pad par son smartphone pour interagir avec le jeu. Pensé pour être joué à plusieurs, le titre permet à quatre amis de collaborer, et de choisir la meilleure direction à prendre. Les décisions sont alors prises en fonction du nombre de votes pour chaque action à prendre. L’idée était plutôt bonne en soi, mais ne fonctionne pas correctement. Si l’apairage du smartphone est d’une facilité presque déconcertante (il suffit de se connecter au réseau wifi de l’hôte et d’installer l’application), le jeu a tendance à souffrir de nombreux crashs. Que vous utilisez la manette ou le smartphone, vous serez régulièrement déconnecté du jeu et devrez redémarrer le chapitre entier. Inutile de préciser qu’après cinq ou six essais, vous aurez tôt fait de lâcher l’aventure et de désinstaller le jeu de votre disque dur, certain de vous être fait arnaquer. Car au prix auquel il est proposé (19,99€), The Last Frontier aurait au moins dû nous être livré dans une forme irréprochable. Si les développeurs devraient en théorie corriger ces défauts par le biais de futures mises à jour, difficile pour nous de ne pas vous déconseiller d’investir dans le jeu tant qu’il n’a pas eu droit à une grosse mise à jour.

Reste qu’avec ou sans correctif, The Last Frontier reste une expérience peu entraînante et une bien piètre vitrine pour PlayLink.

Les + :

- Plutôt joli
- De jolis efforts sur la mise en scène
- La bande son

Les – :

- Crashs en série…
- L’intégration à Playlink, inutile
- Le chargement de certains décors, par à-coups
- Des personnages sans charisme
- D’un ennui mortel…
- Potentiel ludique proche de zéro

Conclusion

Piètre divertissement, The Last Frontier se voulait pourtant un titre ambitieux. Sur le papier, le jeu d’Imaginati Studio avait tout pour séduire. Dans la pratique toutefois, le résultat n’est pas à la hauteur des attentes, la faute en grande partie à un logiciel bugué, qui sera une profonde source d’agacement chez les utilisateurs, victimes de crashs intempestifs. On aurait pu pardonner ce défaut si le scénario du jeu – ou plutôt du film – méritait le détour, si les choix posés par l’utilisateur avaient un véritable impact sur l’histoire, et si les personnages centraux avaient un minimum de charisme. D’un ennui mortel, The Last Frontier offre au joueur un potentiel ludique proche de zéro. Dommage, d’autant plus que sur le plan visuel et sonore, le divertissement présentait un certain intérêt…



6/20


Actif dans les rubriques Eco et Lifestyle du journal, j’ai rejoint Le Soir il y a trois ans pour une formidable aventure numérique. Globe-trotter passionné de photographie, je m’intéresse à tout ce qui touche aux nouvelles-technologies. Twitter : @etiennefroment

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