Test – L.A. Noire : le premier jeu de Rockstar sur Switch

Par posté le 2 décembre 2017

Peu actif sur les consoles de Nintendo, Rockstar (GTA, Red Dead Redemption) porte son premier jeu sur la Switch en nous livrant une réédition du sympathique L.A. Noire, un jeu d’enquêtes sorti à l’époque sur PC, Xbox 360 et PS3.

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Si Rockstar avait déjà collaboré à plusieurs reprises avec Nintendo, notamment en sortant un spin-off de sa série culte Grand Theft Auto sur DS, l’éditeur avait été jusqu’à présent très timide quant à sa stratégie sur Switch. Le succès de la console a visiblement poussé Rockstar à investir dans le développement. Privés du sympathique L.A. Noire en 2013, les propriétaires de la Wii peuvent à présent se jeter sur la réédition du jeu, qui comprend tous les DLC sortis.

Avertissement toutefois pour ceux et celles qui n’ont pas fait le jeu à l’époque de sa sortie (en 2011 sur PC, PS3 et Xbox 360) : L.A. Noire n’est pas véritablement un GTA-like. Malgré le fait qu’il provienne de l’éditeur Rockstar et qu’il propose un semblant de monde ouvert avec des missions secondaires et des déplacements à effectuer en véhicule sur une vaste carte, il s’avère en réalité bien plus dirigiste qu’un GTA ou qu’un Read Dead Redemption. Il s’agit davantage d’un polar interactif qui mise tout sur l’ambiance et la résolution d’enquêtes.

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Dans l’ombre du Dahlia Noir

Dans L.A. Noire vous incarnez Cole Phelps, un héros de la Seconde Guerre mondiale qui rejoint la police municipale de Los Angeles (LAPD). D’abord affecté à la circulation, Phelps va devoir faire ses preuves et peu à peu monter les échelons en se voyant confier des affaires de plus en plus importantes. Le scénario comporte ainsi son lot de magouilles, crimes et trafics en tous genres propres au film noir (courant né dans les années 40, époque où se déroule le jeu) qui, s’ils s’avèrent classiques pour le genre, raviront sans aucun doute les amateurs des écrits de James Ellroy (Le Dahlia Noir étant l’une des principales références des développeurs) et de films de gangsters à l’ancienne.

Le jeu ne met pas l’accent sur l’action mais plutôt sur l’atmosphère, avec des personnages et des dialogues particulièrement bien écrits. La reconstitution du Los Angeles de l’époque est crédible, et l’on s’attend à y vivre une multitude d’évènements marquants. Hélas, les rues et lieux visités manquent cruellement de vie et l’exploration libre n’a que peu d’intérêt. Les évènements aléatoires sont au final peu nombreux et il n’y a que très peu d’activités à faire en dehors des enquêtes principales.

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Fouiller, interroger et coffrer

L’environnement de L.A. Noire n’a pas été pensé pour servir de bac à sable et il faudra donc essentiellement s’attacher à suivre le fil rouge de l’aventure en résolvant les affaires à la chaîne selon un modus operandi bien rôdé. Inspection des lieux des crimes voire le cas échéant du corps des victimes, recherches d’indices, interrogatoires intenses (avec trois types de comportements à adopter pour faire cracher la vérité à vos interlocuteurs : Amadouer, Intimider et Accuser) et arrestations font partie des principales actions à réaliser.

Des points d’intuition en guise d’aide sont distribués au cours du jeu et peuvent servir à révéler des indices afin de ne pas passer à côté de l’un d’eux ou à retirer l’une des trois options d’interrogatoire pour vous faciliter la tâche. Lors de ces phases où l’on interroge les suspects, l’attention du joueur doit être totale afin de discerner si votre interlocuteur dit la vérité ou s’il essaie de vous embobiner. Hormis les indices récoltés dans votre carnet (consultable à tout moment), il faudra aussi observer attentivement l’attitude et les expressions de la personne questionnée. Un système riche, donc, qui forme véritablement la moelle épinière du jeu.

Le jeu exploitait à l’époque la technologie de motion scan pour la modélisation du visage des acteurs (parfois des trognes bien connues), ce qui donnait à l’époque un résultat impressionnant au niveau du lipping et une richesse en termes d’expressions faciales tout à fait inédite pour un jeu vidéo. Cette petite révolution reste encore aujourd’hui d’une belle efficacité, même si le trait paraît désormais un peu trop forcé.

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Beaucoup de narration mais peu d’action

Vous l’aurez peut-être compris, L.A. Noire est un jeu très narratif, situé quelque part entre le point & click et le jeu à la Telltale Games, le tout dans un monde ouvert (mais très limité). Mais qu’en est-il de l’action ? Elle est à vrai dire peu présente. Les phases d’action sont même peu excitantes du fait de leur banalité et de leur aspect très assisté. Elles comprennent des courses-poursuites à pied ou en voiture, un peu de castagne ainsi que quelques fusillades, ces dernières apparaissant souvent lors de la conclusion d’une grosse enquête. Et c’est tout. Aussi bien la conduite que le système de visée sont classiques, bénéficiant d’aucune subtilité et s’avérant même un brin rigides. Rien de véritablement repoussant mais rien de très mémorable à signaler.

Notons au passage que puisque vous incarnez un représentant de la justice, votre comportement doit être exemplaire, notamment sur les routes. Une conduite agressive est donc à proscrire, causer des dégâts dans les rues de Los Angeles étant sanctionné lors de l’évaluation finale de chaque enquête.

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Un remaster toujours buggé

Cette version redux de L.A. Noire comprend tous les DLC de l’époque (y compris les costumes), directement inclus dans le jeu. Graphiquement le jeu a pris un sacré coup de vieux, mais impressionne tout de même en mode nomade. Il faut dire que jusqu’à présent, on n’a pas vraiment pu goûter à de nombreux titres en open-world sur la console de Nintendo. Si le jeu a plusieurs années de retard sur les standards actuels, il demeure efficace, et est surtout très agréable à parcourir confortablement installé dans son lit. Les contrôles sont d’une efficacité rare et le titre permet même des interactions tactiles. S’il reste regrettable qu’il soit facturé au prix plein, le fait qu’il soit disponible pour la première fois sur une console de Nintendo joue en sa faveur…

Les + :

- L’atmosphère film noir très réussie
- Une grande qualité d’écriture
- Des séquences d’enquête réussies
- Les animations faciales, toujours marquantes
- Un jeu Rockstar sur une console Nintendo!

Les - :

- Un lifting trop faible pour raccrocher aux standards actuels
- Un monde ouvert trop peu exploité
- Un déroulement très dirigiste
- La pauvreté des phases d’action
- Prix un peu trop élevé (environ 40€)

Conclusion

L.A. Noire est grosso modo le même jeu qu’à l’époque, conservant aussi bien ses qualités que ses défauts. Son atmosphère et sa qualité d’écriture (notamment dans les dialogues) en font sa véritable force au détriment de phases d’action peu excitantes. Pour la première fois porté sur une console de Nintendo, le jeu de Rockstar s’en sort très bien avec des contrôles d’une efficacité redoutable et des graphismes impressionnants pour une console portable. S’il a vieilli, L.A. Noire reste un jeu d’enquêtes singulier à expérimenter au moins une fois dans sa vie de gamer, surtout si l’on est amateur de romans et films noirs. Dommage en revanche que le titre soit vendu à un tarif aussi élevé, pour un remaster qui reste globalement très pauvre, malgré la présence de tous les DLC dans la boite…



14/20


Rédacteur sur les plateformes Geeko et Belgium-iPhone, je suis un cinéphile acharné ainsi qu’un authentique gamer, amateur de technologies. Trois noms incontournables qui ont forgé ma geekitude grâce à leur génie: John Carpenter, Shigeru Miyamoto et Steve Jobs.
Twitter : @SamuelTub

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