Test – Need for Speed PayBack : droit dans le mur

Par posté le 28 novembre 2017

Après un reboot plutôt séduisant, la franchise d’Electronic Arts revient avec une suite qui lorgne du côté de Fast & Furious et joue la carte du sensationnalisme pour séduire une nouvelle audience.

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Gâtés en cette fin d’année avec les multiples jeux de courses, les amateurs de sport automobile n’avaient que l’embarras du choix entre les Gran Turismo, Forza Motorsport et autres Project Cars. Une franchise en particulier était toutefois attendue au tournant par les amateurs de jeux de courses arcade. Car le retour aux origines de la franchise opéré en 2015 par les Suédois de Ghost Games avait séduit bon nombre de joueurs. Au point qu’Electronic Arts donne son feu vert au studio pour le développement d’une suite…

Dévoilé lors de l’E3 dernier, Payback avait fait sensation forte avec ses séquences d’action époustouflantes et ses superbes graphismes. Son orientation, qui lorgnait clairement du côté des films d’action en s’inspirant notamment des Fast & Furious n’avait pas non plus laissés de marbre les amateurs de sensations fortes… Si sur le papier, le jeu de Ghost Games avait tout pour séduire, le résultat n’est malheureusement pas tout à fait à la hauteur de nos attentes.

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Pas aussi sensationnel qu’on nous le laissait entendre, le jeu de Ghost Games reprend en effet un système de progression très classique dans son mode solo, avec une succession de courses, de défis et de courses-poursuites liées entre elles par des cinématiques qui lèvent progressivement le voile sur l’intrigue de cet épisode. Et, première déception, celle-ci n’est pas du tout à la hauteur de nos attentes, avec des personnages centraux sans aucune profondeur, son lot d’insultes et de vilaineries et une ambiance de série Z palpable tout au long de l’aventure. Que vous aimiez ou non Fast & Furious, vous aurez tôt fait de zapper les cinématiques du jeu…

Seconde déception : si l’univers du jeu est plutôt vaste et réserve des décors assez variés, allant des canyons rougeâtres de l’Ouest américain aux forêts denses en passant par le centre urbain, il ressort une étrange sensation de vide de cet univers graphique pourtant accrocheur. Les décors sont sans charme et sans aucune profondeur, et c’est bien là tout le problème puisque le titre promettait à la base des virées épiques dans l’Ouest sauvage… On est malheureusement ici bien loin d’un Need for Speed : The Run…

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Enfin, au niveau de sa construction, le jeu de Ghost Games ne présente aucun élément vraiment unique. Il s’agit d’un jeu de courses bête et vilain en monde ouvert, avec une succession de courses et de défis sans grande originalité, à quelques petites exceptions près. Car si certaines missions vous proposeront des courses poursuites épiques, à grands renforts d’explosions et d’interventions policières, la plupart des missions de l’aventure principale n’ont rien à voir avec un épisode de la franchise Fast & Furious. Et si ces quelques missions scénarisées font preuve d’un certain sensationnalisme, les courses plus classiques ne sont clairement pas à la hauteur de nos attentes.

Au niveau de son gameplay, Payback reste très dirigiste, très laxiste (et donc très, très arcade) et ne délivre pas assez de sensations de conduite. Certes, le jeu est rapide, le joueur aura le droit à son lot de cascades aériennes, mais le tout délivre un trop plein de sensations totalement surréalistes. Il suffit de foncer à toute vitesse dans un véhicule pour se rendre compte que PayBack n’a pas bénéficié de l’attention qu’il méritait… Les bugs de collision sont légion et il ne sera pas rare de traverser un autre véhicule dans PayBack. Plus inquiétant encore, la conduite est tellement approximative qu’il sera finalement davantage question de “s’en tirer” en se faufilant entre deux véhicules que de réaliser un sans faute.

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Dommage, parce que dans le fond, le concept de cet épisode n’était pas foncièrement mauvais. Malgré la diversité de ses défis (drag race, drifts, courses, courses-poursuites,…), l’aventure solo est atrocement soporifique, la faute à un rythme cassé par les trop nombreuses cinématiques et certaines courses et missions sans aucun intérêt. A condition de ne pas être trop exigeant, PayBack réservera toutefois quelques bons moments au volant de bolides emblématiques, à travers des épreuves variées. Les habitués de la franchise retrouveront avec plaisir de fortes sensations lors des séquences de drift, des possibilités de tuning assez poussées et une playlist très riche.

Efficace malgré ses défauts, le mode solo de PayBack souffre avant tout de son manque d’originalité. Car si les précédents épisodes de la franchise n’avaient pas tenu toutes leurs promesses, ils avaient au moins le mérite de sortir des sentiers battus – à l’image de l’excellent Need for Speed The Run, qui proposait une traversée des Etats-Unis à toute vitesse. Payback conserve un système de progression très classique et tente de garder le joueur scotché à son pad avec une grande diversité d’épreuves. L’ennui, c’est que la conduite reste beaucoup trop permissive et que certains types d’épreuves perdent en réalisme – on pense notamment aux courses offroad, qui provoqueront bâillements et agacement chez le joueur.

Que ce soit en solo, ou en multijoueur, difficile d’être séduit par cet épisode qui aurait mérité quelques mois de développement supplémentaires… On notera par ailleurs que si aucun add-on ne devrait être livré, le jeu intègre son lot de micro-transactions qui permettront au joueur de progresser plus rapidement en récupérant certaines pièces détachées qui permettent d’améliorer son véhicule. L’idée n’est en soi pas mauvaise, sauf que dans la pratique, il est regrettable d’éprouver des difficultés à passer une épreuve parce que nos crédit ne nous ont pas permis d’améliorer suffisamment son véhicule et… que le système nous pousse tout naturellement vers des achats in-game pour réussir sa mission. Difficile dans de telles conditions de soutenir une telle approche.

Sur le plan technique, le jeu déçoit également malgré quelques jolis paysages et des effets spéciaux impressionnants. Les bugs sont nombreux, les décors trop lisses et les véhicules ont la fâcheuse tendance à rester beaucoup trop propres même lorsqu’ils roulent sur des tracés boueux ou s’écrasent contre un mur. Certains décors sont plutôt jolis, d’autres absolument immondes, le clipping fait lui aussi partie intégrante de l’expérience. Pour un titre AAA, PayBack n’impressionne absolument pas. Et le résultat n’est malheureusement pas plus concluant sur PS4 Pro ou Xbox One X.

Les + :

- La mise en scène, efficace
- Les joies du drift
- Une playlist très riche
- Le retour en force du tuning
- Des missions assez variées

Les – :

- Un mode solo soporifique
- Le scénario
- Un gameplay trop laxiste
- La réalisation graphique, décevante
- Les décors, pauvres

Conclusion

Attendu au tournant, le nouvel opus de la franchise d’Electronic Arts déçoit avec son gameplay approximatif, son mode solo soporifique et son système de micro-transactions. Si, sur le papier, Payback avait tout pour séduire, ce nouvel opus est malheureusement à classer tout en haut de la liste des plus mauvais épisodes de la série. Sa réalisation technique honorable, sa bande sonore efficace et son gameplay accrocheur en font néanmoins un jeu popcorn amusant, le temps d’une ou deux soirées.



10/20


Actif dans les rubriques Eco et Lifestyle du journal, j’ai rejoint Le Soir il y a trois ans pour une formidable aventure numérique. Globe-trotter passionné de photographie, je m’intéresse à tout ce qui touche aux nouvelles-technologies. Twitter : @etiennefroment

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