Test – Call of Duty WW2 : l’épisode que tous les fans attendaient

Par posté le 15 novembre 2017

Après le très décevant Advanced Warfare, Call of Duty revient en force avec un épisode qui propose un véritable retour aux sources de la franchise. Confié aux développeurs de Sledgehammer Games, qui avaient notamment travaillé sur le développement de Dead Space, Call of Duty WW2 propose comme son nom l’indique, de se replonger en pleine Seconde guerre mondiale et de prendre les commandes d’une escouade sur le chemin de la guerre…

call of duty ww2

Si les deux premiers épisodes de la série étaient parvenus à séduire la presse spécialisée, la franchise d’Activision a connu depuis ses débuts des hauts et des bas en raison notamment des choix opérés par l’éditeur tant au niveau du développement que de la ligne scénaristique. L’obsession d’Activision pour l’époque contemporaine et le multijoueur avait conduit de nombreux fans de la série à l’abandonner en cours de route. Après des années d’errance, la série revient en force avec un épisode qui opère un véritable retour aux sources.

Car oui, n’ayons pas peur de le dire, Call of Duty WW2 remet les pendules à l’heure pour la série en procédant à une série d’ajustements. Le mode solo reprend ici une place centrale dans le jeu, en proposant une aventure scénarisée digne d’une grosse production hollywoodienne. Et pour cause puisque le joueur suivra les aventures d’une escouade de soldats envoyés sur le front, des plages de Normandie à Paris, en passant par les Ardennes et Aachen (Aix-la-Chapelle). La campagne solo n’est certes pas bien longue (5 à 7h en difficulté normale), mais elle se révèle très réussie, et passionnante de bout en bout.

COD WW2

Les premiers pas dans la campagne donnent pourtant une impression mitigée. Car oui, la première mission, sur les plages de Normandie, n’est pas tout à fait à la hauteur. On aurait espérer ressentir davantage le danger, la peur et l’enfer des plages du débarquement. Si la vidéo d’introduction retranscrit plutôt bien la tension du débarquement, la course folle sur la plage vers les bunkers nazis ne tient pas ses promesses. Par chance, la suite est beaucoup plus réussie. De l’infiltration de Paris à la Bataille des Ardennes, les missions qui nous sont ici présentées sont non seulement variées mais tiennent également le joueur scotché à son pad. Nerveux, le jeu de Sledgehammer Games ne déçoit pas, sauf peut-être en ce qui concerne son scénario et la destinée des différents soldats de notre escouade. L’idée de faire suivre la progression d’une escouade était en soi plutôt bonne. Mais dans la pratique, difficile de s’attacher à des personnages avec qui on n’a pas le temps de créer une connexion, et qui incarne pour la plupart les stéréotypes des marines américains.

Pour autant, ne minimisons pas ici le travail opéré par les développeurs, qui ont pris soin de retranscrire avec un maximum de réalisme l’horreur de la guerre. Plusieurs changements s’opèrent d’ailleurs par rapport aux précédents épisodes. Le jeu est ainsi beaucoup plus gore : l’hémoglobine coule à flots, les boyaux se déversent sur les plages et les développeurs n’ont rien épargné aux joueurs. Ce qui représente en soi une évolution notable pour une franchise trop souvent considérée comme “grand public”. Ensuite, Call of Duty perd en simplicité en intégrant une barre de vie. Une nouveauté qui, mine de rien, rend les affrontements beaucoup plus techniques puisque le joueur ne pourra plus simplement se planquer 5 secondes pour récupérer son énergie. Il devra soit chercher des medipacks soit appeler le médic pour récupérer un pack et se l’injecter. Dans le feu de l’action, la panique se fait très vite ressentir. Enfin, pour peu que vous n’ayez pas choisi le mode de difficulté le plus bas, vous devrez recommencer parfois à plusieurs reprises certains passages et trouver la bonne technique pour progresser. Le jeu ne se finit donc plus en “ligne droite” avec une seule vie, et opère un véritable rehaussement de la difficulté.

call of duty ww2 b

Les sensations sont donc au rendez-vous, des escarmouches aux affrontements de char, en passant par les nettoyages de zones et même quelques séquences d’infiltration dans un Paris occupé. Notre seul regret concerne finalement le rythme du jeu, qui a parfois tendance à trop s’accélérer, à la manière d’un blockbuster américain, au point d’en devenir ridicule. On pense aux séquences de courses-poursuites en jeep, chaotiques et sans intérêt, mais aussi à quelques passages qui donnent l’impression au joueur de s’être transformé en un véritable Terminator. Ce, alors que le jeu prône le réalisme… Une incohérence narrative qui nous empêche de profiter pleinement du divertissement. Le jeu souffre également de quelques séquelles héritées des précédents opus, avec quelques vilains QTE sans grand intérêt intégrés ça et là. La bonne nouvelle, c’est que les joueurs auront également droit à quelques séquences plus innovantes, et très abouties, de l’infiltration de Paris aux combats aériens au-dessus de l’Allemagne, il y a vraiment de quoi prendre son pied dans cette campagne.

call o duty WW2 c

Du côté du multi, le sentiment est plus mitigé. Call of Duty WW2 conserve ici l’ADN de ses prédécesseurs, sa communauté, ses marques. Ce qui n’est en soi pas un mal. Mais les joueurs allergiques aux précédents épisodes de la franchise n’y trouveront sans doute pas leur bonheur…

Un total de 10 cartes attendent les joueurs, avec très peu de surprises au programme. La construction des cartes reste très classique, et si elles font voir du pays, elles ne proposent rien de vraiment différent des précédents opus de la série. Les affrontements se faisant en 6 contre 6, il ressort également une impression de trop peu dans les parties. Mais le véritable défaut du multijoueur reste la communauté du jeu, trop éclectique pour satisfaire, entre les joueurs hardcore, rodés aux règles de COD, qui enchainent les frags, les adolescents de 14 ans qui hurlent dans leur micro à chaque fois qu’ils se font abattre au milieu du champ de bataille et les débutants qui tentent désespérément de trouver leurs marques, difficile de jouer en équipe, à moins bien sûr de faire partie d’un clan.

CALL of duty ww2 c

Pour le reste, le titre est plutôt bien équilibré, les parties sont funs, les classes se veulent plus ou moins complémentaires et certains modes de jeu sortent même du lot, comme le mode Gridirion, qui propose aux équipes de prendre le contrôle d’un ballon et d’aller mettre un but dans le camp adverse.

La véritable innovation ici vient du mode War, un espèce de mode multijoueur scénarisé qui forcera les deux équipes à accomplir une série de missions. Il sera par exemple question sur les plages de Normandie, d’avancer sous le feu ennemi, de faire sauter les défenses adverses et d’escorter des alliés en lieu sûr. Si seulement 3 cartes sont mises à disposition du joueur, celles-ci offrent une très grande rejouabilité, et le mode multi de WW2 s’architecture presqu’entièrement autour de ce gameplay coopératif. Seul regret, là encore la limite de joueurs ne dépasse pas le chiffre 12…

Le Q.G., l’espèce de menu interactif qui permet au joueur d’accéder à tous les paramètres de jeu et aux parties du mode multijoueur, est également une très bonne idée en soi, dans la mesure où celui-ci donne un peu de vie à l’univers de COD et fait le pont entre plusieurs concepts.

nazi zombie

On appréciera également de retrouver le mode Nazi Zombie, devenu incontournable aux yeux des joueurs, et qui propose toujours des affrontements aussi techniques en escouade, contre des vagues successives de zombies. Si un seul niveau est proposé par défaut, on notera tout de même que celui-ci est plutôt vaste, très réussi avec ses décors enneigés, et regorge de secrets à découvrir.

Parmi les autres bonnes idées, on notera la présence d’un mode 1 vs 1 amusant, et plutôt original, qui force le joueur à prendre des risques pour éliminer son adversaire en moins de 60 secondes, top chrono.

Au stand de tir, les joueurs pourront également affronter leurs amis en tentant de réaliser les plus hauts scores.

Enfin, Sledgehammer donne également l’envie aux joueurs de participer à cette communauté avec son lot de capacités à débloquer et de lootboxes à récupérer dans le Q.G., chaque jour. Une excellente idée.

call of duty ww2 d

Du côté de la réalisation technique, peu de choses à redire. Le jeu de Sledgehammer est d’une beauté à couper le souffle. Et si l’on regrette un peu que cette beauté soit aux dépens du nombre d’unités affichées à l’écran, difficile de ne pas être charmé par la direction artistique. Les décors champêtres, les bunkers sombres, les villages détruits sont d’un réalisme effrayant. Et les développeurs sont parvenus à créer une véritable atmosphère, qui donne un charme fou à cet opus. La bande son n’est pas en reste avec des musiques entraînantes et des bruitages d’une qualité rare. De quoi s’immerger parfaitement dans ce divertissement à gros budget!

Les + :

- Le mode Nazi Zombie, très réussi
- La campagne solo, agréable à parcourir
- Une excellente bande sonore
- Le multijoueur, dans la lignée des précédents opus
- Des graphismes superbes
- Quelques jolies surprises
- Du sang, des boyaux et moins de censure!
- Le Q.G.
- Les récompenses en ligne

Les – :

- Le scénario du mode solo n’est pas passionnant
- Les passages en jeep, catastrophiques
- Du 6 vs 6 en multijoueur, pas plus
- Une campagne qui se boucle en 5 à 7 heures maxi
- Le débarquement, pas assez percutant

Conclusion

Attendu au tournant, le nouveau Call of Duty ne déçoit pas. Avec sa réalisation de haute volée, son multijoueur addictif et son mode solo captivant, Call of Duty WW2 signe un retour brillant de la franchise phare d’Activision. S’il se rapproche, tant au niveau du gameplay que de son contexte des premiers épisodes de la franchise, WW2 conserve toutefois certains défauts des derniers opus. Outre son mode solo trop court, on lui reprochera une aventure en couloir qui ne donne malheureusement que très peu de liberté au joueur et certains passages grotesques. Son multijoueur, très riche, reste toutefois la marque de fabrique de la série, qui opère avec WW2 un retour aux sources qui devrait satisfaire tant les fans de la série que les joueurs qui avaient abandonné la franchise en cours de route…



15/20


Actif dans les rubriques Eco et Lifestyle du journal, j’ai rejoint Le Soir il y a trois ans pour une formidable aventure numérique. Globe-trotter passionné de photographie, je m’intéresse à tout ce qui touche aux nouvelles-technologies. Twitter : @etiennefroment

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