Test – Gran Turismo Sport : de belles promesses, pas toutes tenues

Par posté le 13 novembre 2017

Pour son premier passage sur PS4, Gran Turismo se devait de marquer les esprits. La franchise de Sony, qui a perdu de sa superbe au fil des années, face à un Forza Motorsport conquérant, revient en force avec un épisode pleinement optimisé pour la PS4 Pro.

gran turismo sport

Les amateurs de simulations automobiles auront décidément été très gâtés en cette fin d’année 2017, entre l’excellent Forza Motorsport 7 de Microsoft, le séduisant Project Cars 2 de Namco-Bandaï, et le nouvel épisode de la série de Polyphony Digital, le très attendu Gran Turismo Sport, qui était également le premier épisode de la série à voir le jour sur PS4.

Attendu depuis des années, le jeu de Polyphony Digital se devait de faire mieux que Driveclub – l’autre exclusivité PS4 sur le segment des jeux de courses axés simulation, qui avait reçu une avalanche de critiques. Le jeu de Sony n’a toutefois pas l’ADN d’une véritable suite à Gran Turismo 6, mais davantage d’un spin-off. Car pour la première fois depuis les débuts de la série, Gran Turismo ne se concentre plus exclusivement sur son mode carrière mais davantage vers le multijoueur, avec l’espoir de créer une vaste communauté autour du titre. Gran Turismo Sports est également le premier épisode de la série entièrement jouable en réalité virtuelle, grâce au PlayStation VR de Sony.

gran turismo sport 2

Une orientation qui risque de déstabiliser quelque peu les habitués de la franchise. Car oui, Gran Turismo Sports est l’épisode de tous les changements. Et le fameux mode Carrière – si cher aux fans de la série -, cède ici sa place à un mode solo beaucoup plus accessible (plus besoin de décrocher l’or pour obtenir les meilleures récompenses, le bronze suffit largement), mais également beaucoup moins intéressant. Moins intéressant, parce que d’une part, le niveau de difficulté à été revu (fortement) à la baisse, et d’autre part, les défis ne présentent malheureusement que très peu d’intérêt. Les joueurs devront ainsi participer à une succession de courses et compétitions en tentant de réaliser certaines missions secondaires, comme dépasser un rival ou atteindre une certaine vitesse. Ajoutez à cela une intelligence artificielle catastrophique – et incapable de faire preuve de stratégie ou de bon sens -, et vous comprendrez que le mode solo dont il est question ici a de quoi refroidir… malgré les incroyables sensations de conduite que procure le jeu. La bonne nouvelle, c’est que si le solo n’est pas passionnant, le système de progression reste intéressant : participer à des défis et remporter des compétitions permettra en effet de gagner des crédits et de l’expérience, qui débloqueront de nouveaux contenus dans le jeu.

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Si le hors-ligne de Gran Turismo Sports ne présente que peu d’intérêt, Polyphony Digital nous livre un jeu axé multijoueur d’une efficacité redoutable. Placé au coeur d’une véritable simulation automobile, le joueur devra ici participer à des essais qualificatifs tout au cours des journées, en améliorant son chrono sur les tracés, pour espérer grimper dans le classement et pouvoir affronter ensuite les meilleurs joueurs dans les championnats hebdomadaires.

Bien plus dirigiste qu’un Project Cars 2 ou un Forza Motorsport 7 en multijoueur, Gran Turismo Sports adopte une approche très réaliste de la compétition en ligne, qui réjouira les passionnés de sport automobile mais chagrinera sans doute les joueurs qui ne disposent que de peu de temps chaque semaine pour jouer en ligne…

On notera toutefois que Polyphony Digital est parvenu à apporter un peu de diversité en proposant aux joueurs de participer à différents championnats, en fonction de leur pays d’origine et du véhicule sélectionné.

Pour ceux qui seraient totalement allergiques à ce système, Polyphony Digital propose également un mode de jeu sur mesure, qui permet de paramétrer dans les moindres détails ses courses, et de dialoguer avec les autres joueurs dans un lobby.

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La plus grande nouveauté concerne toutefois l’introduction d’un mode VR, qui permettra aux joueurs de concourir avec un casque PS VR sur la tête, lequel permet de véritablement s’immerger dans le jeu. Si le rendu est impressionnant et que les sensations sont bien là, l’intérêt du jeu en réalité virtuelle reste très limité, dans la mesure où il n’est possible de joueur qu’au mode arcade. Pas de multijoueur en ligne donc, ni de mode carrière. Les amateurs de belles mécaniques pourront toutefois admirer les superbes véhicules de près dans le Showroom – sans toutefois pouvoir interagir avec eux. Finalement très anecdotique, le mode VR a le mérite de montrer ce à quoi pourrait ressembler un Gran Turismo en réalité virtuelle, si les développeurs se donnaient les moyens de rendre leur titre entièrement compatible avec cette technologie, ce qui n’est malheureusement pas le cas à l’heure actuelle…

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Heureusement pour lui, Gran Turismo Sport ne fait pas faux bond au niveau des sensations de conduite, avec un gameplay certes un peu plus accessible que par le passé – pour s’adapter sans doute au rouleau compresseur Forza -, mais ô combien grisant. Car oui, les sensations de vitesse sont bel et bien là, la conduite est réaliste et le titre reste plus exigeant que ses nombreuses copies – impossible par exemple d’espérer remporter une compétition après une jolie sortie de course ou une vilaine pénalité, après un crash.

Pour autant, Gran Turismo Sport s’ouvre à un nouveau public, grâce à une prise en main qui le rend plus accessible et une conduite un peu plus tolérante. Difficile en effet ici de faire un tête à queue. Les assistances sont nombreuses et les novices pourront éprouver un véritable plaisir au volant des 170 bolides de cet épisode.

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Si Gran Turismo Sport tient plutôt bien sa promesse d’ouvrir l’univers du jeu à un public plus large, les habitués de la franchise seront toutefois déçus de la direction prise par cet épisode, plus laxiste au niveau de sa conduite, et beaucoup moins riche en contenu que ses prédécesseurs. Car avec seulement 170 bolides au compteur, Gran Turismo Sport reste très à la traine par rapport à son ainé, qui proposait plus de 1000 véhicules… Il en va de même pour les circuits – au nombre de 17 seulement – qui auront la fâcheuse tendance à se répéter.

Assez paradoxalement, Polyphony Digital tente d’introduire également quelques petites nouveautés dans cet épisode, avec notamment un mode rallye – malheureusement très décevant, avec des sensations de conduite totalement surréalistes. Un choix surprenant de la part du studio de développement qui aurait davantage dû se concentrer sur le jeu de base, pour une expérience optimale.

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Sur le plan technique, le jeu ne déçoit pas avec une réalisation graphique à la hauteur de nos attentes. Très beau, le jeu de Polyphony Digital n’a rien à envier à un Project Cars 2, avec des modélisations de véhicules d’un réalisme surprenant et des décors à couper le souffle. On regrettera toutefois que sur PS4, le jeu affiche encore de vilains effets d’aliasing et manque encore de détails. Exploitant bien mieux les capacités de la PS4 Pro, le titre de Polyphony Digital manque toutefois le coche au niveau de la météo, avec l’absence de cycles dynamiques et des conditions météorologiques globalement trop calmes. La gestion des collisions est également beaucoup moins impressionnante que dans un Forza Motorsport ou un Project Cars… En revanche, difficile de critiquer la bande sonore du titre, tout bonnement exceptionnelle.

Les + :

- Un gameplay très riche
- Les sensations, en VR
- Un mode multijoueur pour les passionnés
- La bande sonore
- Plutôt joli (surtout sur PS4 Pro)

Les – :

- Le mode solo, inintéressant
- L’I.A. catastrophique
- Pas de cycles météo dynamiques
- Le rallye
- Seulement 170 véhicules et 17 circuits
- Le multi ne conviendra pas à tous
- Un mode VR qui manque de contenu

Conclusion

S’il ouvre la franchise à de nouveaux joueurs, Gran Turismo Sport risque malheureusement de beaucoup décevoir les fans inconditionnels de la franchise avec son contenu rachitique (170 bolides et 17 circuits seulement), son mode solo bâclé, son I.A. chaotique et ses quelques petites nouveautés qui déçoivent (le rallye et la VR en tête d’affiche). Si le gameplay du titre est toujours aussi riche, le jeu est bien plus accessible que ses ainés, et toujours aussi agréable à prendre en main. Plutôt joli – surtout sur PS4 Pro! -, le titre de Polyphony Digital innove surtout au niveau du multijoueur, qui devrait séduire les passionnés de sport automobile. En l’état, difficile toutefois d’y voir le messie, tant ses défauts sont nombreux.



13/20


Actif dans les rubriques Eco et Lifestyle du journal, j’ai rejoint Le Soir il y a six ans pour une formidable aventure numérique. Globe-trotter passionné de photographie, je m’intéresse à tout ce qui touche aux nouvelles-technologies. Twitter : @etiennefroment

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Un commentaire

  1. GTFR

    14 novembre 2017 at 20 h 46 min

    Ce jeu est juste extraordinaire, d’ailleurs je file j’ai des courses à faire ce soir !
    Merci pour le test

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