Test – Echo : l’étrange jeu d’infiltration des créateurs de Hitman

Par posté le 13 novembre 2017

Ce petit ovni mêlant réflexion et anticipation sur fond de science-fiction est le fruit d’un développement de plusieurs années d’un petit studio, petit par sa taille, mais non par son imagination et ses compétences. Unique en son genre, Echo plonge le joueur dans un mystérieux palais, où l’aspect majestueux des couloirs est assombri par la présence d’une multitude de clones, prêts à en découdre avec le joueur…

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Développé par le studio Ultra Ultra – c’est le nom qu’a pris la petite équipe de huit personnes qui a mis au monde ce jeu très particulier, principalement des ex-développeurs de la saga Hitman – Echo est un au design et au concept véritablement uniques, qui pourrait bien séduire les joueurs à la recherche de titres sortant des sentiers battus. L’influence d’Hitman est omniprésente. D’une part, parce que le jeu se classe dans la même catégorie en mêlant action et infiltration, et d’autre part parce que le feeling du jeu s’en rapproche à plusieurs moments, notamment lors des éliminations furtives.

L’amour vaincra… Ou pas

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Notre aventure démarre avec le réveil de l’héroïne, En, plongée dans un sommeil artificiel jusqu’à l’arrivée de son vaisseau à proximité de la destination : une planète de glace qui se résume à un immense palais luxueux. Une exploration pour sauver l’âme de son bien-aimé qui a été enfermé dans un étrange cube. Malheureusement pour En, sa quête sera mise à mal par la présence d’étranges robots capable de copier ses moindres faits et gestes.

Une aventure qu’En ne fera pas seule. Accompagnée par la présence vocale d’une intelligence artificielle alliée, nommée London, En pourra compter sur celle-ci dans sa progression malgré des tensions palpables sur divers sujets, dont la « création », une sorte de religion bien étrange.

Jauger ses actions pour ne pas mourir de ses propres mains

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Pour tenter de ressusciter son compagnon, En va devoir remettre le courant ce qui va avoir pour fâcheuse conséquence de « réveiller » un mécanisme étrange de sécurité : l’apparition de robots qui imitent l’intrus. Dans un premier temps imparfaits, les clones vont se rapprocher de plus en plus de leur modèle, allant jusqu’à copier ses stratégies de combat sur le terrain.

C’est là que toute la créativité du studio Ultra Ultra se montre. À intervalles réguliers, le palais replonge dans l’obscurité ce qui a pour effet de mettre à jour les comportements des robots en fonction de ce qu’En a réalisé durant les phases se déroulant en plein jour. Les robots agissent comme des échos au comportement de notre héroïne.

Fonctionnant donc sur un cycle lumières-ténèbres, les actions des robots seront influencées par les mouvements qu’En a fait durant la dernière phase de lumière. Il n’est donc pas question de foncer tête baissée quand tout ce que l’on fait pour détruire son ennemi aura des conséquences sur nos propres chances d’évoluer lors de la prochaine phase. Il y a un côté sadique chez Echo, et c’est justement ce qui donne sa véritable identité à ce titre unique en son genre…

Au-delà d’anticiper les actions des adversaires, le joueur devra doser chacun de ses gestes pour réussir à contrer ses propres mouvements lors de la prochaine phase. En revanche, les phases de ténèbres laisseront une plus grande part de liberté à notre héroïne bien que la présence des droïdes juste à côté aura le don de conserver le sentiment de tension chez le joueur.

Le concept est alléchant, mais malheureusement – ou heureusement – l’intelligence artificielle dont jouissent les robots reste cadrée par sa condition d’AI limitée. Il est en outre possible d’appâter les robots à un endroit ou un autre pour réaliser des éliminations furtives ou les éviter en les contournant. D’intelligence artificielle, ils n’en ont parfois que le nom.

Chaque action a un coût

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Côté personnage, ses mouvements en tant que tels seront limités par une jauge de vie. Chaque action (tirer, éliminer un ennemi, sauter) enlève un point de vie, matérialisé par son bouclier sphérique. Il sera possible de le recharger via divers orbes lumineux. Véritable détecteur de danger et de visibilité, mais aussi de GPS, celui-ci se montrera d’une grande aide.

Mais attention, l’infiltration reste privilégié par rapport à la confrontation. En effet, bien qu’équipée d’un pistolet – plusieurs élimination avec une seule balle lorsque les ennemis sont alignés -, En ne résistera qu’à deux coups de la part d’un de ses doubles. C’est à ce niveau qu’on retrouve le concept de dosage ; tuer et perdre un point d’action tout en risquant de se faire repérer ou esquiver un ennemi.

Une opulence malsaine

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Bien que la première heure de jeu se montre assez lente, cela permet au joueur d’admirer la beauté des décors. Les couloirs de l’immense palais sont d’une beauté étourdissante. Le luxe est le mot d’ordre, meublé dans un style Louis XVI, les dorures et divers objets de décoration transpirent l’or et les matériaux rares. Une opulence qui, à force, ne fait que renforcer le sentiment d’intrusion dans un endroit où l’on ne veut pas de nous.

L’atmosphère pesante est parfaitement soulignée par la bande son qui a reçu un travail exemplaire. On est bercé par des sonorités orchestrales de science-fiction des plus correctes. On notera également le travail des doubleurs qui apporte de la vie aux dialogues – En est doublée par Rose Leslie, Ygritte de Game of Thrones, et London par Nick Boulton, Druth dans le jeu vidéo Hellblade.

On regrette tout de même que le jeu ait la fâcheuse tendance à se répéter – chaque niveau ressemblant ici au précédent. Les gros changements se font dans les zones de maintenances qui s’éloignent de l’élégance des dorures du palais pour se diriger vers des allures industrielles.

Les + :

- L’infiltration doit se faire intelligemment et être calculée
- L’histoire est prenante
- Visuellement, le jeu est cohérent
- L’atmosphère dans le palais est captivante
- Le doublage des personnages (VF)

Les – :

- L’intelligence artificielle se montre limitée
- Les décors et l’environnement sont redondants
- Les animations sont parfois rigides

Conclusion

Avec Echo, le petit studio Ultra Ultra nous propose un concept de jeu des plus originaux. Mix d’infiltration et de réflexion, le jeu des ex-développeurs d’IO Interactive est un véritable régal pour les joueurs las de parcourir des titres génériques. Son univers mystérieux, ses graphismes superbes et son gameplay intelligent en font un titre à part, qui mérite le détour, malgré ses petits défauts de jeunesse.



14/20


Pigiste chez Geeko et Belgium-iPhone.
Twitter : @JennMrtns

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