Test – Wolfenstein 2 : le FPS pop-corn

Par posté le 6 novembre 2017

En grande forme, l’agent B.J. Blazkowicz reprend du service pour tuer du nazi. Poursuivant l’histoire de The Old Blood, Wolfenstein 2 marche sur les traces de The Man in the High Castle, la série événement d’Amazon qui retrace l’invasion des Etats-Unis par les forces allemandes.

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L’excellent reboot de la franchise, orchestré par les Suédois de MachineGames avait déjà donné lieu à une extension solo (stand-alone), le sympathique The Old Blood, qui n’avait toutefois pas rencontré le succès escompté. Convaincu du potentiel de la franchise, Bethesda Softworks enchaine aujourd’hui avec une suite en bonne et due forme, le bien nommé Wolfenstein 2. Et les habitués de la franchise ne devraient pas être déconcertés puisque ce second volet reprend quasi à l’identique la recette de ses ancêtres. Un FPS brutal, qui se joue en ligne droite et qui est parsemé de blagues bêtes et vilaines dignes d’une belle grosse série Z.

Conservant les atouts et les défauts de ses ancêtres, Wolfenstein 2 est une suite sans grande surprise qui séduit principalement par son contexte. L’histoire reprend en effet là où nous l’avions laissée dans The Old Blood. Blessé, le supersoldat B.J. Blazkowicz se réveille dans un fauteuil roulant à bord d’un sous-marin, dont il devra s’échapper avec sa fine équipe, venue à sa rescousse. A sa sortie, il découvre que les Etats-Unis ont été envahis par le Reich, qui s’est allié au KKK pour imposer un nouvel ordre aux Américains. Accompagné de son épouse et de ses proches, Blazkowicz organise la résistance et décide de déstabiliser le pouvoir en place.

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Le concept n’est bien sûr pas sans rappeler la série d’Amazon, “The Man in the High Castle”, qui décrit les Etats-Unis sous un règne nazi. Sauf qu’ici, l’uchronie tourne à la série Z. Bourré d’humour, le jeu propose des dialogues savoureux, enchaine les situations abracadabrantes et plonge le joueur dans un univers d’une richesse et d’une absurdité sans limite. Un spectacle qui mérite à lui seul le déplacement…

Du Manhattan réduit en cendres à la base secrète de la Zone 51 en passant par la Nouvelle-Orléans, l’aventure vous fera voir du pays. Si l’on aurait aimé davantage de niveaux en plein air, difficile de ne pas être séduit par le formidable character-design et les choix audacieux des développeurs. On notera d’ailleurs que le jeu qui est commercialisé chez nous n’a pas été censuré – les portraits d’Hitler et drapeaux nazis foisonneront donc à travers l’aventure!

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Malgré son absurdité, The New Colossus n’en garde pas moins un scénario d’une richesse impressionnante. Les dialogues sont travaillés, les cinématiques nombreuses et le joueur pourra en apprendre davantage sur le scénario en récupérant de nombreux objets, lettres et souvenirs à travers les niveaux traversés. Plus encore que ses ancêtres, Wolfenstein 2 a bénéficié d’une attention toute particulière au niveau de la narration, qui fait ici office de véritable carotte pour faire avancer le joueur.

Assez paradoxalement pourtant, l’aventure commence très doucement avec le réveil de B.J. qui devra se mouvoir à travers le premier niveau aux commandes d’un… fauteuil roulant. Si le concept est en soi totalement délirant, on regrettera toutefois que la maniabilité ne soit pas au top et que les deux premières heures de jeu soient les moins intéressantes de l’aventure.

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Du côté du gameplay, très peu de surprises puisque Wolfenstein 2 reprend quasiment à l’identique le modèle de ses ainés. Le titre de MachineGames est un FPS brutal, nerveux, qui force le joueur à être très mobile face à une armada de soldats nazis, pas forcément très intelligents, mais à la puissance de feu impressionnante. Outre les unités d’élite, on rencontrera ainsi des unités canines, des robots, des méchas ou encore des drones.

L’arsenal mis à disposition du joueur est heureusement à la hauteur de nos attentes avec son lot de mitrailleuses, de fusils à pompe et lance-roquettes. La petite note de fraicheur ici viendra du côté des affrontements au corps à corps, bien davantage mis en avant grâce à l’utilisation d’une hache de combat qui permettra d’éliminer les ennemis en silence. Amusant, même si l’infiltration n’est pas le coeur de métier de Wolfenstein.

Plus ouverts que dans les précédents opus, les niveaux offrent de nouvelles portes en terme de gameplay, en permettant d’avoir une approche très agressive ou au contraire beaucoup plus stratégique.

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Pour renouveler un peu le gameplay à mi-parcours, les développeurs ont intégré de nouveaux kits qui permettront d’introduire de nouveaux mécanismes de gameplay. Sans entrer dans les détails, ceux-ci apporteront un peu de fraicheur et permettront de varier les plaisirs en rendant les affrontements encore plus techniques.

On notera par ailleurs que l’expérience de jeu aura tendance à énormément varier selon le fait que vous opterez pour un mode “facile”, “moyen” ou “difficile”. En facile, le jeu se terminera en un peu moins de 7 heures, en ligne droite et sans trop souffrir. En difficile en revanche, il faudra songer à utiliser les couvertures, à se tapir beaucoup plus souvent dans l’ombre et à employer l’environnement pour venir à bout des hordes d’ennemis. La durée de vie passera également du simple au double, selon le niveau de difficulté choisi…

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Très agréable à parcourir de bout en bout, le jeu de MachineGames est également une jolie claque graphique, avec ses décors à couper le souffle, sa direction artistique d’exception et ses effets spéciaux à profusion. La bande sonore n’est pas en reste avec des doublages au top et des musiques dignes d’une grosse production hollywoodienne.

Au final, le seul reproche que l’on pourrait faire à Wolfenstein 2 est de rester un FPS très traditionnel et donc très dirigiste. Là où on espérait trouver plus de décors en extérieur, on découvre avec tristesse que les développeurs de MachineGames nous font encore et toujours visiter égouts, salles des machines et longs couloirs sombres. Le level-design est bon sans briller. Certains niveaux s’avèrent même carrément décevants. On pense ainsi à “Roswell”, qui nous laisse entrevoir un univers graphique d’exception avant de nous plonger – quelques minutes seulement après le début de la mission – 6 pieds sous terre… On aurait aimé retrouver également un bestiaire un peu plus fourni, à l’image de l’excellent Return to Castle Wolfenstein, décidément toujours aussi indétrônable dans cette série…

Pour le reste, on regrettera l’absence de mode multijoueur, de coop’ voire même d’un mode zombie qui aurait permis de rajouter une dimension plus sociale au jeu.

Les + :

- Visuellement très joli
- Un gameplay toujours aussi nerveux
- L’humour caractéristique de la série
- Un scénario très riche
- Des dialogues savoureux
- L’ambiance post-apo
- Une excellente bande sonore

Les – :

- Pas bien long (7 à 10h)
- Pas de multijoueur
- Certains niveaux…
- L’I.A. moyenne
- Une suite sans surprise

Conclusion

A défaut de réinventer la roue, MachineGames nous livre un FPS solo très riche et d’une rare nervosité qui vous tiendra scotché à votre pad durant une bonne demi-douzaine d’heures. Efficace, le titre n’en reste pas moins dans la droite lignée de ses ainés et en conserve autant les atouts que les défauts. Beau, drôle et surtout très fun, Wolfenstein 2 n’est malheureusement pas bien long, réserve finalement très peu de surprises aux habitués et souffre toujours de l’absence d’un mode multijoueur. Le titre de Bethesda Softworks n’en mérite pas moins le détour pour les passionnés de FPS.



15/20


Actif dans les rubriques Eco et Lifestyle du journal, j’ai rejoint Le Soir il y a trois ans pour une formidable aventure numérique. Globe-trotter passionné de photographie, je m’intéresse à tout ce qui touche aux nouvelles-technologies. Twitter : @etiennefroment

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