Pour lutter contre le harcèlement de rue, une jeune femme a imaginé une méthode pour se débarrasser des harceleurs en communiquant un faux numéro de téléphone qui répond aux messages par un SMS lui expliquant le principe du consentement. Une manière d’éduquer les hommes qui n’acceptent pas qu’on leur dise “non”…

Crédit: Belga
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La parole autour du harcèlement commence à se libérer. Que ça soit dans la rue ou au travail, il n’est jamais plaisant de se voir importuner malgré la manifestation d’un refus ou d’un embarras. C’est pourquoi Clara Gonzales et Elliot Lepers ont mis au point un numéro de téléphone (06 44 64 90 21) à communiquer aux harceleurs à la place de son propre numéro de téléphone.

Grâce à ce numéro, la personne harcelée se défait du harceleurs en lui donnant effectivement un numéro de téléphone. Mais celui-ci se trouve en réalité être le numéro d’un service assez particulier. Le service en question enverra de manière automatique un message expliquant au harceleur le principe du harcèlement et du consentement. Une manière originale de s’extirper d’une situation incongrue tout en contribuant à lutter contre ce phénomène de société.

Les deux Français se sont inspirés d’un concept né aux État-Unis, sur le site The Mary Sue, un journal en ligne qui se dit à la fois geek et féministe, et qui avait lancé sa campagne le 23 octobre.

Victime de son succès

Lancé le 27 octobre, le service en question a connu un succès tel que la plate-forme a été surchargée. En deux jours, le numéro a reçu plusieurs milliers de SMS, ce qui a forcé l’équipe à désactiver temporairement le projet. Il faut dire que l’envoi de plusieurs messages explicatifs et pédagogiques a un coût, à savoir 16 cents par message, et que le budget de l’équipe avait forcément ses limites.

C’est pourquoi Clara Gonzales et Elliot Lepers ont ouvert un compte sur Leetchi, un site de financement participatif pour les aider à continuer leur projet et à venir en aide aux personnes harcelées. Aucun bénéfice personnel ne sera octroyé aux créateurs, les dons récoltés seront tous injectés dans le service. Avec 1 seul euro récolté, les créateurs du service peuvent répondre à 6 harceleurs.

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Lors d’une interview accordée à MadmoiZelle.com, les fondateurs ont expliqués que leurs messages se voulaient pédagogiques et non humiliants. Le but n’était pas de blesser les individus, mais d’expliquer pourquoi leur comportement a pu embarrasser la personne qui leur a donné un faux numéro. Selon eux, ce n’est pas à la victime d’expliquer les raisons de son malaise.

Depuis sa création, la cagnotte Leetchi a déjà récolté près de 3500 euros.

Rappelons tout de même que le concept avait déjà fait l’objet d’une campagne en Belgique, il y a 2 ans. À l’origine, c’était le magazine Elle Belgique qui avait instigué le projet, devenue une ASBL, “Touche pas à ma pote” compte relancer le projet prochainement étant donné le succès rencontré à l’époque.