Test – The Evil Within 2 : l’antre de la folie

Par posté le 31 octobre 2017

Trois ans après un premier épisode renouant avec le survival horror pur et dur, The Evil Within revient non plus sous la houlette de Shinji Mikami, désormais producteur exécutif, mais sous celle du jeune réalisateur John Johanas, déjà en charge des deux DLC du premier épisode. Le résultat est-il aussi effrayant qu’on pouvait l’espérer ? Prenez votre lampe-torche, nous allons essayer de vous éclairer…

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Voulu comme une expérience proche du premier Resident Evil ou d’un Silent Hill (voir notre interview exclusive du réalisateur John Johanas), The Evil Within 2 retrouve l’ex-inspecteur Sebastian Castellanos, marqué à vie par les événements vécus au sein de l’hôpital psychiatrique de Beacon lors du premier épisode. Alors qu’il noie son désespoir dans un bar, il est approché par son ancienne partenaire désormais à la solde de la mystérieuse organisation Mobius. Celle-ci l’informe que sa fille Lily, qu’il croyait morte, serait toujours en vie, retenue prisonnière dans le Stem, une sorte de matrice permettant de connecter divers esprits au sein d’un monde parallèle.

Sebastian se lance alors dans le sauvetage inespéré de sa progéniture, tandis que Mobius profite de l’expérience passée de Sebastian pour tenter de sauver un projet mis à mal par un redoutable tueur éliminant leurs agents les uns après les autres au sein d’Union, une bourgade en pleine déliquescence envahie par des créatures cauchemardesques.

Si le personnage de Sebastian gagne un peu en profondeur, le scénario est dans l’ensemble très basique, réservant peu de surprises, et comporte surtout de nombreux clichés et dialogues relativement simplistes. Dommage, mais l’intérêt du titre est bien heureusement ailleurs, notamment dans son univers et son ambiance effroyable.

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Nouveau terrain de jeu, nouveau cauchemar

Union, le nouveau terrain de jeu de cet Evil Within 2, se présente sous la forme d’un monde semi-ouvert où le joueur peut poursuivre la mission principale ou accomplir diverses quêtes secondaires. L’aspect dirigiste du premier opus est ainsi partiellement brisé, même si plusieurs notifications (que l’on peut décider de retirer via le menu, excellente initiative) font leur apparition pour régulièrement reprendre le joueur par la main. Un talkie-walkie confié à Sebastian fait également office de guide, lui permettant de communiquer avec le monde réel mais aussi de capter les échos des morts qui le guideront vers ses divers objectifs (principaux ou secondaires).

L’exploration se divise entre passages confinés où le joueur aura régulièrement l’impression d’être pris au piège comme dans le premier opus et des environnements en plein air où il peut choisir entre la fuite ou l’affrontement. Dans les lieux clos, la mise en scène anxiogène bat son plein avec des décors se transformant au fur et à mesure que l’on avance, des éléments qui apparaissent dans le dos du protagoniste ou encore des allers-retours vers des flashbacks et autres circonvolutions mentales pour le moins perturbantes. Une ambiance voguant entre horreur et folie pure, qui ravira à coup sûr les amateurs du genre.

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Un furtif dans la ville

Côté ville, le joueur est plus libre, pouvant s’aventurer dans diverses quêtes annexes ou explorer les recoins glauques d’Union. Les créatures y déambulent souvent en groupe et le joueur pourra choisir entre la fuite ou l’affrontement pour s’en débarrasser. L’approche furtive est d’ailleurs recommandée, le jeu permettant dès le début la mise à couvert et l’approche discrète pour attaquer ses ennemis dans le dos. On regrettera juste quelques problèmes de caméra qui gâchent un peu ce côté infiltration bienvenu.

Le joueur débute d’ailleurs l’aventure de cette façon, uniquement équipé d’une lampe-torche et d’un couteau. Plusieurs armes et capacités se débloqueront bien sûr au fil du récit, le joueur ayant accès à un joli petit arsenal aux possibilités multiples (fusil à pompe, arbalète, hache, etc.) ainsi qu’à un arbre de compétences bien pourvu.

L’aspect survival du titre oblige le joueur à jongler entre un nombre restreint de munitions et un personnage vulnérable à la moindre attaque. Cela pousse naturellement à explorer minutieusement chaque recoin de la ville (qui ne manque pas de bonnes – ou mauvaises – surprises) à la recherche de munitions et matériaux indispensables à l’amélioration des compétences et armes à disposition. Survivre dans Union n’est pas chose aisée et une bonne gestion de son inventaire ainsi qu’une exploitation réfléchie des différentes capacités de Sebastian sont à appliquer.

Heureusement, pour souffler, des abris sécurisés sont accessibles à divers endroits sur la carte, permettant de régénérer sa santé, sauvegarder ou encore améliorer son équipement en toute tranquillité. Au final, on ressent une agréable sensation de diversité, The Evil Within 2 proposant un bel équilibre entre « monde ouvert » et des instants faisant la part belle à une mise en scène parfaitement anxiogène.

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L’horreur en référence

Autant dans son gameplay que dans son scénario, The Evil Within 2 pioche dans de nombreuses références, que ce soit du côté du jeu vidéo ou du 7e Art. On retrouve bien sûr de nombreux gimmicks hérités de Resident Evil (surtout le 1er et le 4e épisode), un peu de The Last of Us, ainsi que des clins d’œil à des œuvres cinématographiques autant américaines que japonaises (Massacre à la tronçonneuse, The Cell, Ju-on, etc.). Cette mixité fait du jeu une sorte de best of ultime en matière d’épouvante et de survival horror qui, à défaut d’originalité, s’avère sacrément efficace.

Côté graphique, le titre est plus que correct et affiche des effets de lumières et de distorsion très réussis qui collent parfaitement à son atmosphère dérangée et perturbante, même si quelques textures laissent à désirer tout comme des expressions faciales un peu trop rigides.

Les + :

- L’ambiance angoissante
- Une mise en scène soignée
- Un équilibre bien trouvé entre pur survival et action
- Le monde semi-ouvert, permettant plus de liberté
- Multiples options de personnalisation des compétences

Les - :

- Un scénario et des dialogues convenus
- Quelques petits bugs et problèmes de placement de caméra
- Un bestiaire un brin répétitif

Conclusion

Un peu moins effrayant que son prédécesseur, The Evil Within 2 trouve néanmoins un bon équilibre entre passages anxiogènes habilement mis en scène, et exploration libre au cœur d’un monde semi-ouvert cauchemardesque. Le gameplay a de son côté gagné en profondeur depuis le premier épisode et permet diverses approches et une personnalisation des compétences accrue. Avec ce titre, Bethesda ajoute un survival horror d’une efficacité redoutable à son catalogue, qui devrait ravir les amateurs du genre ainsi que les joueurs en quête de frissons et d’étrangeté. Un titre à explorer dès la nuit tombée, afin de profiter au mieux de ses effets angoissants. 



15/20


Rédacteur sur les plateformes Geeko et Belgium-iPhone, je suis un cinéphile acharné ainsi qu’un authentique gamer, amateur de technologies. Trois noms incontournables qui ont forgé ma geekitude grâce à leur génie: John Carpenter, Shigeru Miyamoto et Steve Jobs.
Twitter : @SamuelTub

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