Test – AER Memories of Old : l’expérience ratée

Par posté le 30 octobre 2017

Annoncé en 2012, AER : Memories of Old faisait partie des plus belles arlésiennes de l’univers vidéoludique. Enfin sorti, le jeu ne tient malheureusement pas toutes ses promesses…

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Le nouveau jeu des studios suédois Daedalic Entertainment est à la fois un ovni et une pépite. Très différent des jeux que l’on peut rencontrer et qui occupent la première place des charts, AER : Memories of Old a demandé près de 5 ans de développement aux équipes du studio. Un projet de longue haleine et ambitieux, qui propose une épopée mystérieuse et enchanteresse dans un univers profondément zen…

Un parcours initiatique au pays des hommes-oiseaux

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Basé sur de l’exploration, le concept du jeu flirte énormément avec la zenitude et le calme ce qui lui donne un aspect très agréable. AER nous propose une aventure presqu’initiatique dans la peau d’Auk, une jeune femme qui a la capacité de se transformer en créature ailée. Envoyée sur les anciennes Terres des Dieux pour un pèlerinage, notre héroïne découvrira un univers bien mystérieux…

Capable de se transformer en créature ailée, l’héroïne devra explorer diverses îles flottantes afin de découvrir les secrets enfuis dans ce monde en ruines afin d’empêcher sa destruction. Pour cela, il faudra résoudre diverses petites énigmes – c’est un euphémisme – dont regorgent les terres sacrées dans le but de reconstituer un médaillon brisé.

L’aventure se traduit par une balade de santé

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Un concept original, qui ne propose malheureusement aucune profondeur. Car au final le jeu est assez pauvre. Le scénario est en effet d’une maigreur famélique et le gameplay d’une simplicité enfantine. Toute l’aventure semble reposer sur la transformation de la jeune femme en oiseau. Une expérience parfaitement maîtrisée, qui ne laissera pas le joueur insensible. Il faut dire que les mécanismes relatifs au vol ont occupé les développeurs suédois durant deux années d’après leurs dires.

Malheureusement, le vol en lui-même ne sert qu’au transport. Les quêtes et les énigmes se feront uniquement sous la forme humaine d’Auk. Une sous-utilisation du concept qui s’avère assez décevante au vu de la qualité des sensations de vols. On notera tout de même que les transformations humaine – oiseau et inversement offrent quelques jouissances en plein vol.

Le travail effectué sur le vol n’a certainement pas été de la même qualité que celui fait sur la maniabilité du personnage au sol. Difficile à diriger et assez lente, Auk est une horreur à déplacer une fois les pieds sur la terre ferme et ce alors que les phases au sol sont beaucoup plus nombreuses que celles de vol. Le pire reste les sauts or, une grande partie des « énigmes » nécessitent de parcourir divers chemins accidentés et donc, de sauter.

Tout repose sur le vol

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Autre point fort négatif : le manque de contenu. L’histoire se limite à cette quête de reconstitution du médaillon pour laquelle notre héroïne devra explorer plusieurs temples sacrés. Les autres îles aux alentours se montrent incroyablement vides. Seules quelques stèles et écriteaux justifient – ou non – leur présence.

Les énigmes en elles-mêmes se montrent également d’une utilité presque nulle étant donné leur niveau de difficulté qui n’offre aucun sentiment de challenge pour le joueur. Appuyer sur quelques manivelles, explorer un petit labyrinthe et hop, le tour est joué. Un animal magique apparait et donne la nouvelle destination à notre chère Auk. Simpliste et décevant.

Un univers poétique et séduisant

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Si l’aventure se montre fragile, AER : Memories of Old a le mérite de proposer un univers d’une grande beauté et d’une certaine poésie. Les décors aériens ou terrestres se déclinent en diverses couleurs et formes de très belle facture. La présence des nuages, des fontaines et de la verdure fait émerger un sentiment de bien-être et d’apaisement chez le joueur qui, même si cela ne permet pas d’oublier le manque de contenu, a le mérite de contenir la frustration et d’émoustiller les yeux.

Son côté sacré et enchanteur est tout aussi agréable à l’œil. On se laissera dès lors facilement porter par la poésie que le jeu dégage. L’ambiance sonore colle également parfaitement bien avec l’atmosphère mystérieux et angélique de l’univers. Malheureusement, ce ne sera pas suffisant pour sauver ce projet du naufrage. Moins abouti que Rime, AER est une expérience peu aboutie qui ne séduira que les joueurs les moins exigeants…

Les + :

- Les mécanismes de vol se révèlent très travaillés
- L’atmosphère zen est agréable
- Certains panoramas valent le détour

Les – :

- Un scénario pauvre
- Le niveau de difficulté des énigmes est frustrant
- La durée de vie très courte
- La maniabilité au sol laisse à désirer
- Un gameplay très pauvre

Conclusion

Trop court, pas assez excitant et surtout très mal fichu, AER : Memories of Old était sans doute un titre trop ambitieux pour les développeurs suédois de Daedelic. Malgré ses qualités visuelles et son univers charmant, le titre ne parvient pas à séduire le joueur, la faute à un gameplay trop pauvre et un énorme vide scénaristique. On soulignera tout de même la qualité des séquences de vol qui offrent une très agréable sensation. Malheureusement, les énigmes basiques et les séquences d’exploration au sol font de AER : Memories of Old un titre pénible à parcourir, même à moins de 15 euros.



10/20


Pigiste chez Geeko et Belgium-iPhone.
Twitter : @JennMrtns

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Un commentaire

  1. Sèbastien Soufflet

    1 novembre 2017 at 12 h 33 min

    Daedalic est un studio Allemand non ?

Réponse

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