Selfie avec des animaux : comment éviter les abus

Par posté le 21 octobre 2017

Un récent rapport de l’ONG World Animal Protection tirait la sonnette d’alarme par rapport à l’augmentation du nombre de selfies prises avec des animaux. L’occasion de rappeler le code de conduite à avoir par rapport aux animaux sauvages pour le bien-être de tous.

Crédit : D.R. (iStock)

Crédit : D.R. (iStock)

Le phénomène, qui occasionne de la cruauté et des traumas, conduit parfois à la mort des animaux. Dans son dernier rapport, l’ONG britannique World Animal Protection alerte sur la pratique touristique qui consiste à se prendre en selfie avec des animaux sauvages, notamment très répandue en Amazonie. Sur les 34 milliards d’images publiées par les 700 millions d’utilisateurs d’Instagram, des dizaines de milliers sont des selfies pris en compagnie d’animaux sauvages. Depuis 2014, on a observé une hausse de 292% du nombre de ces selfies sur Instagram – 40% d’entre eux sont “néfastes pour les animaux”, car ils occasionnent des interactions inappropriées avec l’animal photographié.

En effet, pour répondre à la demande – ou la provoquer – des personnes mal intentionnées retirent des animaux de leur habitats naturels afin de les replacer dans des lieux plus accessibles par les touristes. C’est notamment le cas du paresseux, un mammifère d’une nature très douce et calme dont les traits rieurs attirent bons nombres de touristes. Plusieurs spécimens sont retirés de leurs arbres pour se retrouver dans des endroits chaotiques et bruyants. Une pratique souvent adoptée par les agences de tourismes elles-mêmes, contribuant ainsi au phénomène de tourisme animalier.

Alors que certains envient leurs amis pour avoir posé avec tel ou tel animal exotique, ceux-ci ne se rendent pas compte du stress et de la souffrance physique et psychologique que cela crée chez l’animal. D’ailleurs, en plus de participer d’une certaine manière à la cruauté faite aux animaux, poster et partager ses selfies incitent d’autres à en faire de même. Un cercle vicieux se met en place sur les carcasses de ses animaux ; caïmans, dauphins rose, éléphants ou encore anacondas.

L’ONG met en garde contre l’Amazonie, Manaus au Brésil ou Puerto Alegria au Pérou qui sont des lieux touristiques pour les uns et de tortures pour d’autres. Mais au-delà de la sphère du tourisme, c’est le comportement envers les animaux qu’il est nécessaire de cadrer. L’été dernier, un jeune dauphin était mort sur une plage espagnole à cause de badauds pressés de le toucher et de le se le faire passer pour prendre un selfie. Une bien triste fin pour un être vivant simplement pour une photo.

Éviter de prendre part au tourisme animalier

Prendre une photo avec un animal sauvage ou en captivité est rarement une bonne idée. Capturer un moment de la tranquillité de celui-ci dans son état naturel aura sans doute beaucoup plus de charme et de poésie qu’un selfie, lunettes au bout du nez et grand sourire à côté d’une bête droguée ou maltraitée.

Les animaux dressés dans les pays en développement sont souvent, en effet, drogués ou maltraités pour être plus dociles face aux foules de gens qui s’en approchent. C’est également une manière pour leur propriétaire de garder le contrôle sur la bête et de s’enrichir sur leur dos. Ceux-ci n’hésitent pas à les battre pour que les animaux les craignent et obéissent. La pression psychologique que ces êtres vivants doivent subir est incommensurable. Participer au tourisme animalier, c’est participer de près ou de loin à la maltraitance animalière.

S’il est possible de toucher ou d’approcher l’animal sauvage ou peu connu pour la proximité avec l’être humain, c’est qu’il y a un souci. Il est donc facile d’éviter de participer à cette maltraitance.

Une autre technique cruelle des propriétaires pour s’assurer une rentrée d’argent via leurs animaux est de les affamer ou de les habituer à manger énormément. Ainsi, les touristes paient pour les nourrir. Une pratique qui a tendance à avoir des conséquences négatives sur le régime alimentaire des animaux.

Respecter les animaux dans leur habitat naturel

Crédit : NicolasHuskar/Imgur

Crédit : NicolasHuskar/Imgur

En revanche, croiser un animal sauvage dans son habitat naturel sera une meilleure manière de rapporter un selfie. Évidemment la chose devra se faire dans le respect de la tranquillité de l’animal. On évitera de le réveiller ou de le prendre pour le poser sur notre épaule avant de l’aveugler avec un flash. Les animaux sauvages ne sont pas forcément habituer à ce genre de comportement et pourront avoir une réaction violente face à ce qu’ils interprètent comme une agression. La distance est toujours conseillée.

C’est la même chose pour les réserves naturelles. Il existe de nombreuses réserves où des animaux sauvages vivent sur des terres surveillés. Ces réservent sont souvent mises en place pour contrer le braconnage – lions, éléphants et autres. Bien qu’ils soient un peu plus habitués à la présence humaine, ils restent des animaux sauvages et donc, leurs réactions peuvent être aléatoires. Libres de leurs mouvements, ceux-ci pourraient se sentir attaquer à l’approche d’une personne un peu trop enthousiaste avec son appareil photo. La prudence est de mise.

En revanche, si on se tient à une certaine distance de sécurité, se prendre en photo avec un troupeau en arrière-plan ne devrait pas poser trop de problème si on respecte leur tranquillité. De plus, certains animaux moins dangereux pourront même venir s’incruster d’eux-même sur la photo, à proximité du photographe en herbe. Un “photo-bombe” beaucoup plus sympathique que lorsque l’animal est forcé à prendre la pose.

(AFP avec Jennifer Mertens)

Pigiste chez Geeko et Belgium-iPhone.
Twitter : @JennMrtns

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Un commentaire

  1. Daniel Emonts

    21 octobre 2017 at 20 h 53 min

    Est-ce qu’on ne pourrait pas relire et supprimer les fautes d’orthographe avant de publier?

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