Test – L’Ombre de la Guerre : La Terre du Milieu en pleine guerre

Par posté le 18 octobre 2017

Suite directe de L’ombre du Mordor sorti en 2014, L’ombre de la Guerre reprend les grands principes du jeu d’action-aventure à la troisième personne développé par Monolith et édité par Warner Bros tout en enrichissant abondamment son contenu. Si déambuler dans un monde ouvert inspiré de Tolkien en démantibulant des orques par paquets de douze vous tente, suivez le guide…

La Terre du Milieu - L'ombre de la guerre

La Terre du Milieu, nouvelle licence vidéoludique lancée par le studio Monolith (F.E.A.R. et sa suite) et Warner Bros., nous avait proposé avec L’Ombre du Mordor un titre intéressant souffrant hélas de nombreux défauts dont une trop grande répétitivité et un scénario léger. Sa suite directe intitulée L’Ombre de la Guerre va plus loin dans le potentiel esquissé par son prédécesseur, mais ne corrige hélas pas totalement ses principaux défauts.

Dans ses influences tant visuelles que thématiques, La Terre du Milieu pioche davantage du côté des films de Peter Jackson que dans les écrits de Tolkien pour développer son récit se déroulant plusieurs décennies avant la Guerre de l’Anneau. L’histoire mêle bien sûr de nombreux éléments de la saga du Seigneur des Anneaux et met en scène quelques-uns de ses personnages-clés (Gollum, le Roi-sorcier, Galadriel, etc.), ce qui ravira les fans pas trop tatillons qui devront inévitablement faire face à quelques libertés prises pour l’occasion.

Trois ans après les évènements de L’Ombre du Mordor, on retrouve Talion, rôdeur humain hanté par l’esprit de l’elfe Celebrimbor. Alors que Sauron étale de plus en plus ses maléfices, le héros doit, grâce à un nouvel anneau de pouvoir, infiltrer les lignes ennemies pour forger son armée, conquérir des forteresses et tenter de dominer le Mordor de l’intérieur.

L’Ombre de la Guerre

Une abondance de capacités

Les pouvoirs combinés de l’elfe Celebrimbor et du rôdeur procurent au héros de nombreux pouvoirs alliant force et agilité. Le gameplay s’inspire toujours des ténors que sont Assassin’s Creed et Batman Arkham, le joueur pouvant tout aussi bien grimper en haut de tours vertigineuses que combattre massivement ses ennemis à force de combos à rallonge. Une formule connue, heureusement étoffée par d’innombrables capacités qui vont pouvoir se débloquer au fil de l’aventure.

Le joueur pourra ainsi adopter son propre style de jeu, entre infiltration et baston pure. L’arbre des compétences à attribuer au héros ainsi que les améliorations de son équipement sont assez développés, ce qui offre de nombreuses possibilités. On regrettera juste que les développeurs aient oublié d’inclure un système de verrouillage de cible dans leur gameplay, les affrontements pouvant parfois s’avérer chaotique surtout lorsque l’on veut toucher un ennemi en particulier.

De prime abord, le soft propose un monde ouvert relativement convenu où points de quêtes et éléments à collecter sont de la partie. Une structure classique dans laquelle on doit souvent faire les mêmes actions au cours des différentes missions, à savoir pister, interroger et combattre les ennemis. Ces situations pour le moins répétitives sont heureusement contrebalancées par l’excellent système Nemesis, déjà présent sur le premier titre et ici grandement enrichi.

L’Ombre de la Guerre (4)

Magic Nemesis system

Au cours de l’aventure, le jeu vous fera affronter les armées hiérarchisées de Sauron composées d’orques menés par des capitaines sous les ordres de chefs de guerre, eux-mêmes supervisés par un chef suprême. Ce système introduit dans le premier opus est toujours propice au changement de rang, aux rivalités et retournements de situation. Mais la formule est ici poussée encore plus loin.

Le joueur a toujours la possibilité de consulter les caractéristiques de chaque chef et d’étudier ses points forts et faiblesses via le menu « Armée ». On soulignera au passage que la caractérisation de chaque ennemi est particulièrement soignée, chacun possédant sa propre personnalité et pouvant être promu ou rétrogradé. Ainsi, en élimant le héros, un orque peut monter en grade et devenir par exemple capitaine, provoquant des rivalités dans ses propres rangs. En outre, vous pourrez mener une vendetta envers votre assaillant et, pourquoi pas, le soumettre ensuite à vos ordres.

L’Ombre de la Guerre (2)

Un jeu corrompu

Car grâce au pouvoir de l’anneau en votre possession, vous pouvez corrompre les orques et les forcer à rejoindre vos rangs. C’est alors que le jeu prend une toute autre dimension et gagne en profondeur. Vous pouvez dès lors faire de vos « victimes » votre propre garde du corps (qui pourra vous prêter main forte à tout moment), l’affecter auprès d’autres guerriers pour grossir votre armée en vue de prendre les forteresses ennemies (on y reviendra) ou encore l’envoyer dans des combats à mort dans des fosses où vous serez spectateur de ses exploits…ou de son massacre.

Ce ne sont là que quelques exemples parmi d’autres, les trahisons et surprises pouvant également être de la partie (un ennemi battu revenant d’outre-tombe avec des marques de votre précédent affrontement, par exemple). Ce système est en effet totalement évolutif et généré aléatoirement, ce qui signifie qu’en dehors de l’intrigue principale, chaque joueur bénéficiera d’une expérience de jeu unique.

Gros bémol pour les plus pressés : ce système particulièrement poussé ne dévoile son plein potentiel qu’après de longues heures de jeu formant une sorte d’énorme tutoriel (presque une dizaine d’heures!) avant de pouvoir accéder à toute la richesse du titre. Heureusement, L’Ombre de la Guerre étant pourvu d’une durée de vie conséquente (35 à 40h), vous aurez encore de nombreuses heures devant vous pour pouvoir en profiter pleinement.

L’Ombre de la Guerre (3)

De forteresse en forteresse

Pour compléter le jeu, il faudra partir à l’assaut des forteresses, chaque région (5 en tout) en possédant une où règne un chef suprême. Si le joueur a le choix d’y aller seul ou en équipe, il est toutefois conseillé d’infiltrer les lignes ennemies avec sa propre armée composée d’ennemis précédemment soumis. Cet élément met à profit la création et gestion d’une armée pour préparer comme il se doit un assaut pour le moins épique et parvenir jusqu’à la salle trône où vous attend le chef suprême pour un affrontement d’envergure.

Visuellement, le titre est sombre, nous plongeant dans les heures les plus désespérées du Gondor. Les environnements sont peu variés mais plongent le joueur dans cette ambiance particulière d’un monde sur le point de basculer. Techniquement correct, le jeu affiche un design très réussi du côté des orques, mais par contre malheureusement très lisse côté humain, avec un héros peu charismatique. L’ensemble sert néanmoins très bien l’univers de Tolkien qui trouve ici une itération vidéoludique de choix, qui devrait plaire aux fans pas trop exigeants ainsi qu’aux amateurs d’heroic fantasy qui voudraient prendre part au conflit opposant les Peuples libres de la Terre du Milieu au terrible Sauron.

Les + :

- Des ennemis parfaitement caractérisés
- Le système Nemesis évolutif
- De nombreuses compétences à personnaliser
- Une durée de vie conséquente (presque 40h)

Les - :

- Les premières heures tardent à dévoiler le plein potentiel du jeu
- Il manque un système de verrouillage pour cibler ses ennemis
- Des mécaniques un brin répétitives et convenues
- Un héros un peu trop lisse

Conclusion

Entre le développement de bonnes idées et la conservation d’éléments plus convenus, L’Ombre de la Guerre souffle le chaud et le froid dans le cœur des amateurs d’aventure et d’heroic fantasy. Pour un formidable système Nemesis qui vaut presque à lui seul le déplacement, on doit faire face à un monde ouvert aux quêtes relativement convenues et répétitives. La saga vidéoludique La Terre du Milieu est donc sur la bonne voie, mais des efforts supplémentaires sont encore à faire pour véritablement briller dans le cœur des joueurs et des fans les plus exigeants.



13/20


Rédacteur sur les plateformes Geeko et Belgium-iPhone, je suis un cinéphile acharné ainsi qu’un authentique gamer, amateur de technologies. Trois noms incontournables qui ont forgé ma geekitude grâce à leur génie: John Carpenter, Shigeru Miyamoto et Steve Jobs.
Twitter : @SamuelTub

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