Test – Ark : la survie au pays des dinos

Par posté le 18 septembre 2017

Enorme succès commercial avant sa sortie officielle, Ark: Survival Evolved était parvenu à générer l’enthousiasme des gamers avec son concept unique, qui consiste à survivre sur une île remplie de dinosaures. Mais le jeu de Wildcard tient-il toutes ses promesses?

ark

Disponible depuis des mois en Early Access sur PC, Ark: Survival Evolved était parvenu à faire le buzz dès sa présentation. Il faut dire que le studio de développement n’y était pas allé de main morte, promettant monts et merveilles aux joueurs, avec un titre si ambitieux que beaucoup pensaient qu’il ne sortirait jamais de son statut d’early access. Deux ans plus tard, le voici enfin dans sa version “finale”. L’accouchement n’aura toutefois pas été sans difficultés. Car dans le fond comme dans la forme, Ark garde les stigmates d’une gestation douloureuse.

Sur le papier pourtant, le projet semblait prometteur. Les développeurs de Wildcard souhaitaient proposer leur vision du “survival”, un genre à part entière qui place le joueur dans la peau d’un rescapé dans un environnement hostile. L’originalité d’Ark, par rapport à ses concurrents, venait du fait qu’il proposait aux joueurs de s’associer pour créer des tribus, construire des bâtiments et dompter des dinosaures.

ark2

Le concept aurait pu fonctionner à merveille si le développeur s’était donné les moyens pour réussir un projet aussi ambitieux. Mais Wildcard n’a pas le potentiel d’un Rockstar ou d’un Blizzard. Le studio de développement, dépassé par le succès de son jeu, qui s’est vendu à plus de cinq millions d’exemplaires durant la période d’Early Access (à tarif réduit), a certes multiplié les correctifs, mises à jour et extensions, sans toutefois jamais parvenir à améliorer une recette pourtant très séduisante sur le papier.

Avec sa durée de vie colossale, ses environnements gigantesques, son bestiaire extraordinaire et son concept très séduisant, Ark avait plus d’une corde à son arc pour atteindre sa cible. Mais difficile de passer outre la réalisation catastrophique du jeu. Dès le lancement du jeu, on se rend compte qu’Ark est encore loin d’être fini. Le menu d’accueil est d’une laideur sans nom. Et c’est sans parler des paramètres, fouillis à l’extrême.

ARK3

Les premières minutes sont également totalement dépaysantes, mais pas forcément dans le bon sens du terme… En lançant sa première partie, le joueur se réveillera sur une île paradisiaque sans aucun indice sur sa mission. Les premières heures de jeu sont les plus dures. Les développeurs n’ayant pas jugé opportun d’intégrer un tutoriel, le joueur apprendra les bases en surfant sur le net… A la première cueillette succédera le premier craft, puis la première construction et la première adoption. L’ennui, c’est que seul, le jeu n’a que très peu d’intérêt. Du coup, il faudra obligatoirement rejoindre une tribu. Inutile de préciser que si vous n’êtes pas du genre sociable, ni assidu, Ark n’est pas fait pour vous. Tout l’intérêt du jeu repose sur cette gestion du clan et des attaques coordonnées.

Pour progresser dans le jeu, obtenir de meilleurs équipements et montures, le joueur devra accompagner les autres membres de la tribu. Car seul dans cet enfer, il sera difficile de s’en sortir vivant. Si les dinosaures que vous affronterez ne seront pas bien difficiles à tuer, une fois les premières armes acquises, les premières heures de jeu dans le monde d’ARK créeront un profond sentiment de frustration chez le joueur. Rien de pire en effet que de se faire terrasser par un dinosaure pas plus haut que trois pommes, et de se retrouver seul, pourchassé par une demi-douzaine de bêtes assoiffées de sang dans un environnement hostile.

La bonne nouvelle, c’est que vous ne perdrez pas vos statistiques en décédant. Le joueur respawnera dans un lieu aléatoire, et retrouvera toutes ses facultés.

ark4

En se renseignant sur les différents forums dédiés au jeu, le joueur découvrira vite qu’ARK n’est en réalité pas vraiment un jeu de survie mais davantage un MMORPG. Durant les premières heures de jeu, il apprendra les rudiments du métier, récoltant baies et aliments, bois et matériaux de construction, qui lui permettront de créer son premier abri. Il améliorera progressivement les statistiques de son personnage, craftera ses premières armes et capturera son premier dinosaure.

S’il est chanceux, il rejoindra rapidement un clan, qui l’aidera à progresser rapidement. Il découvrira ainsi les joies de la chasse en groupe, qui permettent d’établir de véritables stratégies. Au fil des heures, il acquerra de plus grosses montures, se lancera dans des guerres avec des clans adverses, et apprendra de nouvelles techniques de combat. Le jeu de Wildcard tire une grosse partie de son intérêt de sa faculté à surprendre le joueur avec la qualité de son bestiaire mais aussi de l’arsenal, composé au début de haches et d’arcs et d’armes à feu et de tourelles, après plusieurs dizaines d’heures de jeu. La progression sera toutefois graduelle et il faudra être patient avant de véritablement s’éclater sur le jeu.

ark5

Le plus gros enjeu pour les joueurs sera de comprendre les mécanismes du jeu, puis de dompter les menus – pénibles, et totalement surchargés d’informations inutiles. De nombreux joueurs risquent ainsi de laisser tomber Ark, dès la première heure de jeu. D’autant plus que le jeu est rempli de bugs et dispose d’une esthétique qui affiche de très grosses tares. Tantôt très joli, tantôt carrément laid, le jeu de Wildcard ne tire pas vraiment parti de l’Unreal Engine 4. On lui reprochera principalement son design souvent trop kitsch, ses couleurs hyper saturées, ses décors, superbes à distance, immondes, aussitôt qu’on s’approche d’un tronc d’arbre, et surtout, surtout, sa vitesse d’affichage, et ses gros ralentissements. Oubliez les jolis visuels diffusés par l’éditeur. Dans la réalité, le jeu est très loin d’être une claque graphique.

A condition de fermer les yeux sur ses très nombreux défauts, le jeu de Wildcard propose toutefois une richesse immense. Tout d’abord, au niveau du contenu, avec des décors gigantesques à parcourir, des dizaines si pas centaines d’espèces de dinosaures à affronter et dompter, déjà quatre extensions au compteur et de nombreuses nouveautés qui viennent enrichir le contenu du jeu au fil des semaines. Ensuite, au niveau de son gameplay. Les possibilités dans ARK sont gigantesques, de la création de véritables forteresses à différents types de véhicules, en passant par le crafting qui permet de laisser libre cours à sa créativité… La faculté à capturer des dinosaures, les faire se reproduire et éduquer leur jeune progéniture n’est finalement que la cerise sur le gâteau. Ceux qui accrocheront au concept risquent en tout cas de passer plusieurs centaines d’heures de jeu sur ARK.

Mais encore faut-il fermer les yeux sur les graphismes grossiers du jeu, les millions de bugs, les énormes ralentissements et le côté très répétitif du jeu, qui vous poussera à passer plusieurs heures par jour à prendre soin d’œufs, à chercher du bois en forêt et à crafter différents objets. Inutile de le préciser, si ARK est un titre au potentiel gigantesque, il ne convient clairement pas à tous les publics et nombreux seront sans doute les joueurs qui lâcheront l’aventure dès les premières heures de jeu.

Les + :

- Des possibilités infinies
- Un concept unique
- L’élevage de créatures
- Chevaucher un T-Rex
- Une durée de vie gigantesque

Les – :

- Les premières heures de jeu
- Visuellement affreux
- Des bugs en pagaille
- L’interface du jeu
- Pas pensé pour le pad
- Un framerate risible

Conclusion

Extraordinaire sur le papier, Ark: Survival Evolved est un jeu au potentiel énorme qui est malheureusement gâché par une réalisation technique déplorable. Avec ses graphismes grossiers, ses millions de bugs et son framerate très bas, le jeu de Wildcard n’est pas vraiment ce qu’on pourrait appeler une vitrine technologique. Les premières heures passées dans le jeu seront également traumatisantes à plus d’un titre, entre l’absence de didacticiel – voire même de scénario – et la quasi-nécessité à passer par les forums pour comprendre ce qu’il faut faire, autant dire qu’il faudra beaucoup de courage aux nouveaux joueurs. Pour ceux qui passeraient le cap des 10 heures de jeu toutefois, Ark propose une richesse de jeu incroyable. A condition d’être du genre sociable et d’avoir beaucoup de temps devant vous, Ark pourrait toutefois bien vous surprendre. Le jeu de Wildcard mérite en tout cas qu’on s’y intéresse, ne serait-ce que pour son concept qui sort des sentiers battus…



10/20


Actif dans les rubriques Eco et Lifestyle du journal, j’ai rejoint Le Soir il y a trois ans pour une formidable aventure numérique. Globe-trotter passionné de photographie, je m’intéresse à tout ce qui touche aux nouvelles-technologies. Twitter : @etiennefroment

Articles similaires

Réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>