Test – Agents of Mayhem : le fils spirituel de Saints Row

Par posté le 21 août 2017

Sorti de l’esprit torturé des créateurs de Saints Row, Agents of Mayhem faisait partie des titres les plus attendus de cet été sur Xbox One, PS4 et PC.

agents

S’il n’avait pas vraiment impressionné la presse lors de sa présentation officielle, Agents of Mayhem n’avait pas moins fait couler beaucoup d’encre. Et pour cause, puisque derrière ce projet, on retrouve tout de même l’équipe de Volition, auteur – entre autres – de l’excellente série des Saints Row.

Si sa dernière création n’est ni un spin-off ni un dérivé de Saints Row, Agents of Mayhem n’en reste pas moins un titre qui s’inspire grandement de son modèle. De son look cartoonesque à sa prise en main, en passant par son univers grand-guignolesque. Mais là où Saints Row était parvenu à s’imposer comme un modèle dans son genre, et à développer au fil des épisodes une véritable identité, Agents of Mayhem manque le coche.

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Plus proche d’un shooter générique que d’un véritable GTA-like, Agents of Mayhem place le joueur aux commandes d’une escouade de soldats d’élite chargés de défaire l’organisation machiavélique du terrible docteur Babylon dans une ville de Séoul méconnaissable. Le cadre futuriste du jeu ne joue malheureusement pas en sa faveur. Car en dehors de ses graphismes que l’on croirait tout droit sortis d’un cartoon, le jeu ne parvient pas à développer sa propre identité visuelle. Comme dans ses autres productions, Volition joue la carte du fun, mais la recette ne fonctionne pas aussi bien que par le passé… La faute sans doute à un casting sans charme et un scénario d’une maigreur famélique.

Le véritable point fort du jeu face à ses concurrents restera son gameplay ultra-dynamique, basé sur un système de triple saut, de dash et de switch entre les différents personnages. Au début de chaque mission, le joueur pourra en effet choisir les trois héros qu’il incarnera. Chaque ennemi ayant ses forces et faiblesses, il faudra régulièrement switcher d’un personnage à l’autre. Assez paradoxalement, un seul personnage apparaîtra à l’écran, mais le joueur pourra passer de l’un à l’autre d’une pression de bouton.

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Capacités spéciales, acrobaties aériennes et effets spéciaux à gogo donnent aux affrontements un cachet unique. Très divertissant, le jeu pêche toutefois par son système de mission, ultra-répétitives, dans un univers fade. On regrettera par ailleurs également le manque de profondeur du jeu, ses décors sans charme et la prise en main ultra-rigide des véhicules qui rend ces séquences de jeu particulièrement pénibles.

Si l’aventure est plutôt longue, nombreux seront les joueurs à laisser tomber au bout de quelques heures, victimes d’une progression lassante et d’un titre qui ne parvient pas à se renouveler. Car en dehors des quelques boss que l’on croisera dans l’aventure, Agents of Mayhem manque cruellement de piquant. Les séquences de jeu se répètent dans des décors très peu variés. Dirigiste malgré son open-world, le jeu de Volition n’a ni la richesse ni le fun d’un Saints Row et ne peut finalement prétendre qu’à un statut de petit défouloir sans ambition. Regrettable, d’autant plus que les graphismes n’étaient finalement pas aussi laids que certains le suggéraient, et que la bande sonore est plutôt sympathique.

Les + :

- Des affrontements très funs
- Les combats de boss
- Quelques bonnes idées
- Une solide durée de vie

Les – :

- Trop répétitif
- La conduite des véhicules
- Des décors sans charme
- Visuellement pas joli joli
- Un shooter générique
- L’open world

Conclusion

Fils spirituel de Saints Row, Agents of Mayhem n’a pourtant hérité ni du charme ni de la richesse de son modèle. Malgré son open-world, le jeu de Volition reste très dirigiste. Ses décors sans charme et sa prise en main parfois hasardeuse en font un titre bâclé – et globalement beaucoup trop “propre” pour une production de Volition. Le jeu ne doit finalement son salut qu’à son gameplay très fun, qui en fait un excellent exutoire, et à ses affrontements de boss. Bon défouloir, Agents of Mayhem ne parvient malheureusement pas à se débarrasser de son image de shooter générique. Dommage, surtout lorsque l’on sait le temps que Volition a consacré à ce projet.



12/20


Actif dans les rubriques Eco et Lifestyle du journal, j’ai rejoint Le Soir il y a trois ans pour une formidable aventure numérique. Globe-trotter passionné de photographie, je m’intéresse à tout ce qui touche aux nouvelles-technologies. Twitter : @etiennefroment

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