Test – Fable Fortune : un spin-off calqué sur HearthStone

Par posté le 25 juillet 2017

Développé par d’anciens de chez Lionhead Studios, Fable Fortune est un spin-off de la franchise Fable qui s’inspire très fortement du célèbre jeu de cartes de Blizzard, le bien nommé HearthStone. Disponible en Early Access, le titre s’annonce plutôt prometteur.

fable fortune 1

Développé par un petit studio indépendant, Fable Fortune est un projet ambitieux de jeux de cartes dans la veine d’HearthStone et des autres Elder Scrolls Legends qui a été entièrement financé par le crowdfunding. Supporté par Microsoft, bien qu’il ne soit pas édité par la firme de Redmond, le projet avait reçu un accueil très chaleureux de la communauté de joueurs, encore bouleversée par l’annulation de Fable Legends sur Xbox One.

Après de longs mois de développement, le jeu arrive aujourd’hui sur PC et Xbox One dans un “Early Access” (payant – mais qui deviendra gratuit, à terme) qui permettra aux joueurs d’avoir un premier aperçu du jeu avant sa sortie officielle. Une version qui est bien sûr incomplète et qui devrait beaucoup évoluer au gré des mises à jour… Free-to-play, Fable Fortune intègre à l’image d’HearthStone un système d’achats in-app qui permet aux joueurs d’élargir leur collection de cartes en achetant différents boosters.

fable fortune 2

Les similitudes avec le jeu de Blizzard sont nombreuses. Comme dans HearthStone, chaque joueur dispose de 30 points de vie, et démarre avec une série de cartes qu’il peut choisir ou non de conserver au premier round. A chaque tour, il pourra jouer certaines cartes, en fonction du nombre de manas dont il dispose, et piochera une nouvelle carte. Outre des unités, le joueur dispose également de différents sorts et de caractéristiques propres à sa classe. Chaque classe implique une approche sensiblement différente du champ de bataille. Au total, on dénombre six classes pour le lancement. L’éditeur promet toutefois d’élargir le casting du jeu au fil des mises à jour. La bonne nouvelle, c’est que les différentes classes semblent pour l’instant plutôt bien équilibrées. La mauvaise, c’est que si le jeu respecte l’univers de Fable, il est tout de même nettement moins fun à jouer qu’un HearthStone.

Plusieurs raisons expliquent le semi-fiasco de cette première version du jeu. Tout d’abord, l’éditeur a de beaucoup plus petits moyens que Blizzard. Par conséquent, la réalisation du titre est beaucoup moins aboutie que celle d’HearthStone. Les visuels sont relativement grossiers, et si les bruitages sont assez réussis, les musiques de Fable Fortune sont clairement plusieurs niveaux en-dessous de celles d’HearthStone. Cela n’a l’air de rien, mais dans la pratique pourtant tout cela influe beaucoup sur les parties.

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Dans le même ordre d’idée, on regrettera également que les mécaniques du jeu soient entièrement calquées sur celles d’HearthStone. Chaque créature dispose de points d’attaque et de défense, de facultés spécifiques qui forcent par exemple l’adversaire à l’éliminer avant de pouvoir vous attaquer, ou de bonus de régénérations de points de vie. Le système s’est montré efficace, mais l’ennui, c’est qu’il s’agit ici d’un simple copié-collé des mécaniques du jeu de Blizzard.

La bonne nouvelle, c’est que les développeurs de Fable Fortune ont su faire preuve d’un minimum d’originalité. Parmi celles-ci, on notera ainsi l’apparition d’un mode coop inédit, qui permet au joueur d’affronter une intelligence artificielle avec l’aide de l’un de ses amis. Un concept amusant, qui montre toutefois rapidement ses limites en terme de divertissement.

Autre point intéressant : la présence de quêtes qui apparaissent au cours de l’aventure et proposent au joueur de sélectionner celles de leur choix en pleine partie. Il leur sera ainsi proposé de jouer 3 unités disposant de davantage de points d’attaque que de points de vie ou d’invoquer quatre créatures coûtant moins de quatre pièces d’or. Lorsque la quête sera remplie, le joueur gagnera une carte et pourra choisir entre le bien et le mal, ce qui influencera son style de jeu. Une mécanique de jeu inédite qui retranscrit plutôt bien l’esprit du jeu mais qui n’apporte finalement pas tant de richesse que ça au gameplay.

Enfin, il y a bien sûr l’univers de Fable, si riche et charmant. Collecter les dizaines de cartes représentera une expérience passionnante pour les nombreux fans de la franchise.

Malheureusement, ces quelques qualités n’effacent pas intégralement les nombreux défauts du jeu, qui pêche encore par son manque d’originalité, ses graphismes pas assez fins, sa bande sonore de qualité moyenne et son contenu pas encore assez alléchant. Pour un début, ce n’est finalement pas si mal. Et on peut très clairement s’attendre à ce que le jeu s’améliore au fil des mises à jour et des extensions. Pour le moment, Fable Fortune n’est toutefois pas encore en mesure de rivaliser avec un Hearthstone ou un Elder Scrolls Legends.

Note de la rédaction : Le jeu étant encore en “Early Access”, le jeu n’est pas encore entièrement finalisé. L’avis de la rédaction et la note du test évolueront donc au gré des prochaines mises à jour, qui devraient notamment ajouter un mode solo, un historique des batailles, un système d’invitations d’amis, un tutoriel, des quêtes quotidiennes, deux nouveaux héros, de nouvelles arènes, de nouvelles cartes et une traduction française intégrale.

Les + :

- Un gameplay calqué sur celui d’HearthStone
- Fidèle à l’univers de Fable
- Quelques mécaniques inédites

Les – :

- Visuellement pas très joli
- La bande sonore du jeu déçoit
- Pratiquement zéro originalité
- Ca manque encore de contenu…

Conclusion

Si Fable Fortune ne parvient pas encore à atteindre le niveau d’excellence d’un Elder Scrolls Legends ou le fun d’un HearthStone, l’Early Access mis à disposition par les développeurs est plutôt prometteur pour la suite. S’il reste un clone du titre de Blizzard, le jeu introduit plusieurs mécaniques inédites, reste fidèle au monde de Fable et parvient à se démarquer de par son univers atypique. Les développeurs promettant des tas de nouveautés, il sera sans doute intéressant de suivre de près le développement du jeu au cours des prochaines semaines et mois…



13/20


Actif dans les rubriques Eco et Lifestyle du journal, j’ai rejoint Le Soir il y a trois ans pour une formidable aventure numérique. Globe-trotter passionné de photographie, je m’intéresse à tout ce qui touche aux nouvelles-technologies. Twitter : @etiennefroment

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