Test – Get Even : une narration saisissante pour un FPS tordu

Par posté le 12 juillet 2017

Spécialiste des FPS, le studio de développement polonais The Farm 51 revient sous le feu des projecteurs avec sa dernière création, Get Even – un projet bien différent de ce sur quoi le studio avait travaillé jusqu’à aujourd’hui et qui se différencie des FPS traditionnels de par son approche narrative.

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Méconnu chez nous, le studio polonais The Farm 51 a déjà à son actif plusieurs titres au succès mitigé. Annoncé en 2013 comme un simple FPS, Get Even a subi plusieurs métamorphoses avant de se transformer en un mélange de genres surprenant bouleversant les codes du FPS. Et c’est d’ailleurs ce qui fait sa richesse. Ceux qui s’attendent à un FPS classique risquent d’ailleurs d’être déçus, dans la mesure où les séquences d’action sont peu nombreuses.

Une jolie escapade dans un asile psychiatrique

Les premiers pas dans le jeu sont très représentatifs du sentiment que le joueur pourra ressentir tout au long de la progression. On y incarne Cole Black, un mercenaire à la recherche d’une jeune fille kidnappée. Aucun autre élément n’est dévoilé durant ce premier niveau. Le joueur est à la fois acteur et spectateur dans cette vision de l’inconnu. Et cela va continuer. Après une ellipse, notre personnage se réveille amnésique dans un asile psychiatrique abandonné, l’œuvre d’un dénommé Red. Équipé d’un masque de réalité virtuelle, Red fera revivre des souvenirs à Cole Black, histoire de reconstruire sa mémoire, mais aussi de le torturer psychologiquement.

Tout au long de l’aventure, le joueur sera au même niveau que son personnage pour enquêter et trouver une sortie à son calvaire. C’est d’ailleurs ce qui éloigne le jeu des autres FPS, la narration y est très importante, beaucoup plus que les séquences d’action.

Une atmosphère lourde dans des décors soignés

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Le manque de repères dans Get Even procure un sentiment de tension et d’excitation chez le joueur qui sont magnifiquement relevés par les décors et personnages que l’on observe dans le jeu. Les graphismes sont absolument magnifiques. On sent que The Farm 51 a pris énormément de temps et d’implication afin de rendre les décors les plus réalistes possibles.

Le design est aussi très bien travaillé au point d’en devenir presque dérangeant. En tant qu’asile psychiatrique abandonné, le cadre est déjà bien glauque, mais les détails amenés par les dégradations, les traces de sang et les membres découpés poussent le vice encore plus loin. On est charmé par l’horreur. De plus, notre cher Cole Black n’est pas le seul à y être enfermé. D’autres « patients » à la personnalité bien marquée s’y baladent aussi, de quoi nous surprendre de temps en temps.

Le tout est saupoudré par une ambiance sonore qui colle parfaitement aux décors traversés. Tant la voix mécanique de Red qui saute et se transforme souvent, amenant d’autant plus de folie au cadre, que les bruits des autres habitants de la demeure vous donneront des frissons. On regrette tout de même le manque de doublage en français , seuls les sous-titres permettant de ce fait à ceux qui ne parlent pas anglais de suivre les conversations, mais difficilement.

Un FPS pas comme les autres

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Comme dit plus haut, Get Even se différencie des FPS traditionnels par son gameplay. Déjà par le manque d’échanges de tirs, qui sont ici limités à quelques séquences seulement, mais aussi par l’importance que prennent la narration et l’enquête sur l’action. D’un côté, on explore les (longs) couloirs de l’asile pour y résoudre des énigmes et essayer de sortir du bâtiment sans se faire tuer par les patients et les pièges laissés par Red. D’un autre côté, on plonge dans les souvenirs de Cole Black grâce au casque de réalité virtuelle et à certains détails disséminés dans l’asile. Des moments qui servent à reconstituer la mémoire du mercenaire et à comprendre ce qu’il s’est passé.

Durant ces deux types de séquences de jeu, le joueur aura la possibilité de modifier l’action du jeu, ou en tout cas, il s’agissait de l’un des arguments avancés par les développeurs. En réalité, c’est plutôt une illusion de choix qu’on nous propose, avec des conséquences assez minimes sur la trame narrative. La stratégie pour éliminer les cibles n’aura pas beaucoup d’impact sur le jeu.

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La progression et le rythme sont assez lents. Les énigmes sont souvent basiques mais demandent du temps ce qui gâche un peu le côté torture psychologique des ravisseurs. C’est ce qu’on pourrait surtout reprocher à Get Even. Si vous cherchez un vrai jeu d’action, ce n’est pas celui-là. On sent rapidement que les développeurs ont misé sur le scénario et la narration.

Frustration au rendez-vous

Lors de l’exploration, bon nombre de portes se présentent à nous. Au-delà du fait qu’il faille viser la poignée minutieusement, beaucoup sont verrouillées. Un aspect délicieusement frustrant qui souligne l’absence de logique qu’on retrouve dans d’autres jeux.

En ce qui concerne les armes et accessoires, on notera l’énorme sollicitation d’un smartphone. Au début, son utilisation est assez compliquée. Il faut jongler avec différentes touches, cela prend du temps puis, au fur et à mesure, des raccourcis apparaissent. Et heureusement, parce que ces fonctionnalités sont nombreuses et assez mal organisées. C’est l’un des points négatifs du jeu. Les explications sont rares et l’objet est pesant.

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Petite mention spéciale pour le corner-gun qui est vraiment très sympa tant au niveau du concept qu’au niveau de la tactique de jeu. Manière forte ou infiltration, celui-ci se montre vraiment pratique – quand on a réussi à l’utiliser. Il permet de découvrir et d’éliminer des ennemis depuis une autre pièce, en se pliant dans l’angle du mur.

Au final, Get Even est donc plutôt une bonne surprise, malgré son rythme saccadé, ses idées loufoques et sa narration très linéaire. Le jeu immerge parfaitement le joueur dans un univers sombre et oppressant, qui mérite le détour pour peu que vous ayez des affinités avec les enquêtes criminelles.

Les + :

- Le scénario glauque et immersif
- Les décors hyper réalistes
- Une bande son qui vient souligner la tension et le côté dérangeant
- L’utilisation du corner-gun
- Un prix doux

Les – :

- L’absence de traduction française
- La trop grande sollicitation du smartphone
- Faux libre-arbitre, sans réel impact sur l’issue du scénario
- Un rythme assez lent

Conclusion

S’il n’est pas parfait, Get Even n’en reste pas moins un jeu très séduisant. A la fois enquête criminelle, jeu de piste et FPS, le jeu de The Farm 51 est une merveille de créativité pour les amateurs de jeux vidéo qui aiment sortir de l’ordinaire. S’éloignant des FPS traditionnels, le titre parvient à créer son propre univers et à garder le joueur scotché à son pad grâce à une narration et une atmosphère riches qui laissent un sentiment de tension et de trouble chez le joueur. S’il souffre d’un rythme assez lent, et de quelques idées mal pensées, le jeu n’en reste pas moins captivant et s’impose globalement comme une très bonne surprise.



14/20


Pigiste chez Geeko et Belgium-iPhone.
Twitter : @JennMrtns

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