Test – Dreamfall Chapters : clap de fin pour un très long voyage

Par posté le 31 mai 2017

Après une première version épisodique sortie sur PC, l’éditeur Red Thread Games ressort Dreamfall Chapters sous la forme d’une compilation intégrant tous les épisodes sur PS4 et Xbox One. Une bonne affaire?

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Retour sur la saga

Dreamfall Chapters vient donc mettre un terme à une saga qui a connu beaucoup de succès lors de la sortie des deux premiers volets en 1999 et 2006. Cette fois-ci le jeu sort sur console PS4 et Xbox One après être déjà parue dans un format épisodique sur PC. Une histoire entamée il a un près de deux décennies, l’occasion de faire un léger détour sur l’univers des jeux. Un univers qui mélange la réalité et le monde des rêves, dans lequel le joueur devra lutter pour maintenir le fragile équilibre entre le deux. Entre magie et nouvelles technologies, on incarne un “franchisseur”, un individu capable de passer d’un univers à l’autre et dont ses capacités lui permettent de se battre pour le salut de l’humanité. A la fois une aventure cruciale pour l’Homme, mais également un cheminement onirique et personnel pour les personnages.

C’est donc un monde dense et compliqué que renferme The Longest Journey qu’il vaut mieux connaître pour profiter de tout le scénario et bien comprendre les enjeux de Dreamfall Chapters. Malgré une petite vidéo introductive en début de jeu, supposée venir rafraichir les mémoires des joueurs de la première heure ou combler les lacunes des nouveaux, l’immersion dans cet univers complexe peut s’avérer compliqué.

En ce qui concerne ce troisième et dernier opus de la saga, il reprend les bases de ces prédécesseurs notamment en termes de gameplay et d’univers narratif. Cette fois-ci, l’histoire se divise entre deux mondes parallèles ; l’un nous plonge dans un futur très technologique et diversifié et l’autre, nous ramène dans un passé médiéval fictionnel. A travers une aventure en 3D, Dreamfall Chapters nous fait avancer dans une épopée mixant la magie, l’onirisme et une réalité futuriste sur le principe du « point and click », dans une version très classique.

Long périple avant sa sortie sur console

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Projet annoncé en 2012 par Ragnar Tornquist, la réalisation a pu voir le jour grâce à une campagne de Kickstater en 2013. Projet très ambitieux, voire un peu trop, pour la petite équipe de développement Red Thread Games, puisque le créateur norvégien décide de sortir le jeu sous le format d’épisodes. C’est donc entre 2014 et 2016 qu’apparaitront les 5 livres qui composent Dreamfall Chapters, uniquement sur PC. Une apparition qui aura pris 2 ans et demi pour être totale.

Ce n’est qu’au mois de mai 2017 que le jeu sort sous une version unique, à destination des consoles PS4 et Xbox One. Deux ans et demi pour être porté sur console sans aménagement visuel, le temps ne pardonne pas, surtout pour un projet entamé en 2013.

Le temps laisse des traces

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Près de 3 ans pour voir arriver le jeu sur console, ça fait long. Et cela pèse lourd en termes de graphismes et de design. Deux mondes très riches, mais qui ont assez mal vieilli. On pourrait dire que les personnages restent dans la lignée de la saga, ce qui devrait plaire aux fans. Pour le néophyte pourtant, Dreamfall Chapters n’est pas vraiment un délice sur le plan visuel.

Grâce à l’exploration libre, il est permis de se balader pour pouvoir profiter des décors du jeu. Dans les différents mondes, on remarquera qu’en effet, une grande attention a été portée aux détails livrant des visuels très riches en informations. Un plaisir pour les yeux si on n’oublie l’aspect vieillot.

On notera tout de même une grande ingéniosité et inventivité dans le monde futuriste – Stark – avec une abondance de nouvelles technologies comme des mini-robots volants, des téléphones “faciaux”, écriteaux lumineux et interactifs et, évidemment, les machines à rêves. Des éléments qui laissent presque rêveur. De plus, les différents personnages secondaires sont aussi très recherchés, qu’ils soient bleu ou qu’ils ressemblent à des animaux, ils sont très beaux.

On regrette tout de même que la version console ne soit qu’un simple portage sans amélioration visuelle.

Une richesse narrative

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Après The Longest Journey et Dreamfall : The Longest Journey, ce dernier opus ramène à la vie un univers qui a marqué bon nombre de joueurs. Monde dystopique divisé entre la réalité – Stark – et le monde de la magie – Arcadia-, c’est deux personnages que nous incarnons à travers des aventures bien différentes. Tous deux possèdent des capacités particulières qui leur permettent de voyager dans le troisième monde du jeu, celui des rêves et ce, de manière consciente.

Les aventures des deux personnages sont très différentes. Pour Kian Alvane, en plus de l’aspect magique, son aventure est semées d’embuches notamment avec des thèmes comme la lutte des classes, le racisme, la rédemption et le combat pour une justice. De l’autre côté, dans le monde futuriste, on suit les “aventures” de Zoé Castillo. Personnage connu des amateurs de la saga puisqu’elle apparaît déjà dans le second volet de celle-ci.

Après un petit passage plus excitant dans le monde des rêves, nous suivons la scientifique dans le monde réel qu’est Stark. Malheureusement, ce passage à la réalité décevra beaucoup puisque ses aventures nous mèneront dans un quotidien bien moins excitant. Immersion dans sa vie privée, on devra la suivre dans sa relation avec son petit copain, à son boulot en tant qu’ingénieur biologique et son investissement politique. Il faudra attendre longtemps avant d’avoir des quêtes plus intéressantes et excitantes avec Zoé.

Une grande place à la narration

Basée sur une histoire riche et complexe, Dreamfall Chapters se repose beaucoup sur les dialogues pour partager son univers. Les personnages parlent effectivement beaucoup. On notera d’ailleurs que le doublage – uniquement en anglais, avec sous-titrage français disponible – est très bien réalisé et agréable. En tant que cheminement personnel, on s’intéresse beaucoup aux personnages, à leur pensées et vie. C’est pourquoi les conversations sont assez conséquentes, voire trop.

Au-delà des personnages, tous les objets interactifs peuvent aussi discuter avec les héros, ce qui rajoute des dialogues. Les individus dans la rue discutent également et cela peut parfois brouiller sur celle de notre héros.

Un gameplay plutôt limité

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Basé sur l’exploration libre, le gameplay laisse la possibilité d’interagir avec bon nombre d’éléments du décor, selon le principe du « point & click ». Malheureusement, les interactions sont assez limitées, beaucoup plus que pour les autres opus de la saga, ce qui est assez regrettable.

Les interactions sont possibles grâce à une roue d’action qui nous permettra d’avancer dans les quêtes et donc, dans l’histoire. Quelques actions disponibles – observer, sentir, saisir – et interactions avec notre inventaire nous permettent de résoudre les quêtes. Malheureusement, celles-ci sont souvent très linéaires.

De plus, à partir de l’inventaire, il est possible de combiner des objets qui pourront nous faire avancer, mais encore faut-il savoir lesquels et ce qu’il faut faire avec. La combinaison balais et coussin ne semble pas forcément faire le meilleur leurre possible.

Enfin, la jouabilité ne semble pas achevée. Le principe du point & click n’est pas aussi abouti que dans les classiques du genre. A plusieurs moments, il est difficile de pointer correctement un objet ou une action. Cela demande parfois de la précision qui ne semble pas nécessaire dans le cadre de l’action.

Un libre arbitre plutôt imposé

Autre principe du jeu : la possibilité de modifier le cours de l’histoire en fonction des choix faits. En tout cas, il s’agit d’un aspect mis en avant dans la promotion du jeu. Mais dans la pratique, on remarque assez rapidement que les choix cruciaux sont imposés ; soit en stagnant afin de nous obliger à suivre la bonne option, soit en se terminant par un magnifique “game over” qui nous obligera à recommencer et modifier notre choix.

C’est un point assez frustrant puisqu’on nous rappelle à plusieurs reprises que nos choix auront effectivement un impact important sur la vie de nos personnages. C’est plutôt au niveau des choix moraux qu’on pourra effectivement impacter quelque chose, mais là aussi, c’est limité. Déception. Au final, les options « morales » choisies seront simplement comptabilisés en statistiques à la fin d’un chapitre du jeu. Rien de bien excitant.

Les + :

- Une bonne durée de vie, 3 à 5 heures de jeu pour chacun des 5 livres
- Un scénario passionnant
- Doublage de qualité
- Richesse des décors futuristes dans Stark
- Des personnages attachants

Les – :

- Des graphismes dépassés
- Peu d’éléments interactifs par rapports aux autres jeux de la saga
- L’histoire pas si interactive…
- Le joueur est “largué” au début de l’aventure sans flashback

Conclusion

Dreamfall Chapters vient mettre un point final à une saga de longue haleine dans une version console qui rassemble les 5 livres sortis épisodiquement sur PC. Pour les fans de l’univers, les retrouvailles avec ce qui a fait le succès du jeu est réussi en termes de cadre et de narration ainsi qu’au niveau du gameplay. Pour les autres, c’est un peu plus décevant. Décors recherchés mais vieillots, interactivité limitée et décisions plutôt imposées, ce dernier volet déçoit en termes de jouabilité avec des nombreux ratés tant au niveau de la caméra, qu’au niveau du pointage qui est la base du point & click. Le joueur se sentira forcément frustré face à des quêtes qui manquent de logique et qui l’obligent à consulter les solutions du jeu. Dreamfall Chapters sur console vient donc essayer de combler les fans, sans forcément toucher un nouveau public.



14/20


Pigiste chez Geeko et Belgium-iPhone.
Twitter : @JennMrtns

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