Test – Persona 5 : le RPG nippon au sommet de son art

Par posté le 18 avril 2017

La franchise des Persona bénéficie d’un attrait plus prononcé au pays du soleil levant qu’en Europe. Preuve en est encore une fois avec ce cinquième opus commercialisé uniquement dans la langue de Shakespeare sur PS4 et PS3. La série s’appuie pourtant sur une identité propre qui devrait plaire à de nombreux fans de RPG à la sauce japonaise.

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Plus connue et appréciée en Asie que chez nous, la franchise Persona entre dans la catégorie des J-RPG, soit des RPG d’origine japonaise identifiables au premier coup d’œil grâce, notamment, à un character design particulier.

On doit cette série au studio Atlus dont la notoriété repose sur le titre en question : les développeurs ont réussi à créer une identité graphique propre et originale qui a contribué au succès de la saga.

Ce cinquième épisode met en avant un héros qui devra voyager entre le monde réel et un univers alternatif. Dans le premier, l’étudiant devra accomplir des tâches ordinaires comme passer du temps avec un ami, répondre à des SMS, assister à des cours… tandis que dans le second, il s’agira d’affronter des antagonistes à l’aide de Persona, des avatars puissants et contrôlés par les héros, qui donnent leur nom à la franchise.

Deux univers pour le prix d’un

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Le héros est un jeune japonais arrêté pour avoir défendu une femme qui se faisait agresser. Dès le début du soft, le personnage principal se rend donc compte que le monde et les lois qui le régissent ne sont pas toujours justes. Viré de son collège, il doit migrer vers une autre région de Tokyo pour vivre au dessus d’un bar et surtout, entrer dans un nouvel établissement scolaire. Et ceci ne se concrétisera pas uniquement dans quelques cinématiques puisque c’est le joueur qui doit diriger le personnage lors de sa vie d’étudiant. Aller en cours, envoyer des messages à ses amis, profiter d’un temps libre, rencontrer des proches, se rendre à la clinique, trouver un job étudiant… Toutes ces prérogatives sont à la charge du joueur.

Si, sur papier, ces nombreuses tâches peuvent sembler désuètes, dans les faits, il n’en est rien. La narration est exemplaire et, associée à l’identité graphique réussie du titre, elle propulse le joueur dans un véritable, ou presque, animé japonais. Que ce soit la sublime bande-son, les dialogues apparaissant dans des phylactères ou encore les cinématiques qui sont en fait de véritables extraits de films d’animation, tout participe à la cohérence d’un univers dans lequel il est très agréable de se balader afin de participer aux différentes activités proposées. Le seul point négatif à ce sujet reste l’orientation : il n’est pas toujours facile de se repérer dans certains endroits spécifiques. Les allers-retours peuvent donc devenir pénibles mais pour un temps seulement : après quelques heures de jeu, il est possible de rejoindre un lieu précis en le sélectionnant dans un menu dédié. Précisons également que le monde ouvert de Persona 5 est assez restreint et ne rivalise en rien avec la concurrence.

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Outre l’orientation, le joueur devra aussi apprendre à gérer son temps puisqu’une deadline sera très vite imposée aux héros et les différents objectifs devront donc être remplis avant l’échéance indiquée. De plus, il devra choisir avec soin quelles tâches il souhaite accomplir puisque chacune d’entre elles demande du temps mais octroie aussi l’un ou l’autre bonus lui permettant de gagner des points de charisme, d’intelligence ou encore de courage. Ces points permettront de participer à d’autres activités, d’obtenir de meilleurs objets et de renforcer ses liens avec de nouveaux personnages pouvant vous donner un coup de main dans l’univers parallèle au monde réel.

Car, comme cité brièvement en début d’article, il existe une autre dimension. En effet, lors de son premier jour de cours, le protagoniste central trouve en lieu et place de son école, un château décoré aux couleurs du collège où il était censé se rendre. Ces lieux issus d’un univers alternatif et appelés “palaces” voient des personnages du monde réel y circuler. Cependant, il s’agit en fait de la concrétisation de leurs états psychiques. Par exemple, un jeune volleyeur travaillant (trop) dur pour satisfaire son coach sportif pourrait y retrouver un double de lui-même torturé physiquement, ce qui témoignerait de son état psychique engendré par ce que son entraîneur exige de lui dans le monde réel. Aussi, si l’univers du jeu fait directement penser à un manga, il s’agirait sans équivoque d’un manga pour adultes : tortures, cris d’horreur et thèmes matures sont évoqués tout au long de l’aventure et sont le quotidien des palaces.

Et si ces derniers offrent des scènes originales et déstabilisantes, ils ne sont pas parfaits pour autant : ils restent tout de même trop linéaires et leur architecture aurait mérité être plus diversifiée. De plus, les énigmes sont dans leur ensemble assez brèves et faciles à résoudre. Cependant, certains combats peuvent s’avérer très complexes à gérer et ils compensent donc le manque de challenge des énigmes.

Des combats dynamiques au tour par tour

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C’est dans la dimension où se matérialisent les pensées et envies les plus sombres des personnages du monde réel que le héros devra combattre. Basiques au tout début du soft, les combats gagnent en complexité au fur et à mesure de l’avancée du joueur. Le système choisi est celui du tour par tour et offre la possibilité d’attaquer avec deux catégories d’armes, d’utiliser un objet, d’invoquer un Persona ou encore de fuir. Il est également possible d’éviter les ennemis ou encore de les attaquer par surprise : des concepts simplistes mais qui s’avèrent être intelligemment exploités dans ce jeu vidéo. Par exemple, on constate la présence d’une jauge d’alerte qui se remplira à chaque fois que le joueur se fera surprendre par un ennemi. Lorsque la jauge atteindra un seuil critique, les gardes des lieux augmenteront le niveau de sécurité, ce qui se traduira par votre expulsion du palace. Une bonne idée qui contraint le joueur à ne pas foncer dans le tas et à prendre le temps d’analyser la situation.

D’autres éléments viendront très vite enrichir le gameplay comme la capture des Persona qui se dressent devant le protagoniste central. Pour ce faire, il faudra négocier avec la créature en question et réussir à la convaincre de rejoindre les rangs du héros. Ce dernier pourra également choisir de lui soutirer un objet ou de l’argent ou encore de tout simplement l’exécuter. L’ennemi n’est pas en reste pour autant puisqu’il peut décider de prendre l’un de vos coéquipiers en otage et exiger une rançon.

D’ailleurs, à la fin de chaque confrontation, les protagonistes gagneront de l’expérience, de l’argent et des objets. Pour obtenir ces derniers, le joueur pourra aussi en fabriquer et en acheter dans le monde réel parce que, pour renforcer l’attrait de la réalité, tout ce que choisi d’accomplir le héros dans Tokyo (acheter un médicament, gagner de l’argent…) aura une influence (au moins indirecte) sur ses actions dans la dimension alternative.

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Par exemple, une arme de gros calibre achetée chez un vendeur spécialisé à Tokyo peut permettre au héros de tuer des adversaires coriaces dans un palace. Aussi, lire des livres dans le monde réel augmentera le niveau de connaissance du personnage qu’il pourra mettre à profit lors de la création d’objets de niveau plus élevé et indispensables à sa progression dans la dimension parallèle. Un concept original qui pousse le joueur à avancer dans l’un comme dans l’autre monde.

D’ailleurs, des “safe rooms” font office de portails entre les deux dimensions : elles vous permettront de retourner à votre guise dans le monde réel tout en gardant un œil sur le temps qui file.

Des Persona, encore et encore

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Les Persona occupent un rôle central dans le soft puisqu’ils constituent des alliés indispensables lors de combats difficiles. Ces avatars pourront, lorsque vous leur en donnerez l’ordre, s’attaquer à l’adversaire afin de lui infliger un coup destructeur. Pour sortir victorieux d’une confrontation, le joueur devra dès lors choisir le Persona le plus adapté à l’ennemi, c’est-à-dire celui pour lequel l’antagoniste est sensible aux attaques. Ce paramètre est d’ailleurs l’un des points les plus importants à assimiler : un coup porté sur un point faible de l’ennemi le mettra à terre et enclenchera une phase de dialogue qui vous permettra notamment d’obtenir un nouveau Persona à condition de sélectionner les réponses adéquates parmi les lignes de textes proposées.

Et si l’ensemble des Persona que vous possédez n’offre pas de quoi vous satisfaire, il est toujours possible de fusionner vos avatars afin de créer un être encore plus puissant. Cependant, n’espérez pas obtenir par chance un Persona dévastateur dès les premières heures de jeu puisqu’il n’est pas possible d’en posséder un dont le niveau serait supérieur à celui du héros.

Vous l’aurez compris, le studio Atlus a rendu une bien belle copie pour ce nouvel épisode : le joueur aura fort à faire pendant les dizaines d’heures de jeu nécessaires pour espérer voir le bout de ce Persona 5 (comptez environ 60 heures). Les fans de RPG japonais seront sans aucun doute aux anges avec ce nouveau titre qui mélange astucieusement des éléments déjà vus chez la concurrence et une identité propre à la série.

Les + :

- Une identité graphique sublime
- L’existence de deux mondes offrant chacun un gameplay et des objectifs différents
- L’ambiance très manga/comic-book
- Les combats bien pensés
- L’importante durée de vie
- Le scénario plaisant à suivre
- La maturité du propos
- Une bande-son parfaite

Les – :

- Parfois complexe de s’orienter dans certains lieux
- L’architecture des palaces trop basique
- Monde ouvert assez limité

Conclusion

Persona n’a pas peut-être pas la renommée d’un Final Fantasy en Europe mais force est de constater avec ce cinquième opus de la franchise offre aux fans ce qu’ils en attendaient, à savoir une bouffée d’air frais pour le genre. Ici, le joueur incarne un étudiant qui devra voyager entre Tokyo et une dimension parallèle. C’est dans cette dernière que le héros devra combattre à l’aide de ses Persona, soit des êtres puissants qu’il est possible de capturer et de fusionner. Les combats fourmillent de bonnes idées et offrent un savant mélange d’éléments connus (attaques par surprise, utilisation d’objets spécifiques, etc.) et nouveaux (négociations au cours de la joute, jauge d’alerte…). Et si les palaces qui composent cette dimension parallèle poussent les joueurs à y retourner sans cesse, la vie estudiantine du héros à Tokyo est du même acabit et offre son lot d’activités auxquelles il faudra participer en veillant à respecter son calendrier. Et malgré quelques menus défauts, le résultat est là : on a ici affaire à un J-RPG comme on n’en avait plus vu depuis un bon moment et que tous les fans du genre se doivent d’essayer !



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