Test – Danganronpa 1.2 Reload : un visual-novel excentrique sur PS4

Par posté le 3 avril 2017

En vue de la sortie de Danganronpa V3 : Killing Harmony, le studio Spike Chunsoft ressort les deux premiers volets de la franchise sur PS4. L’occasion de retrouver cet univers fun et dérangé de Danganronpa où l’on suit les aventures macabres d’étudiants condamnés à s’entre-tuer pour espérer s’échapper des griffes d’un ours en peluche sadique.

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Danganronpa: Trigger Happy Havoc et Goodbye Despair, sortis respectivement en 2010 et 2012 au Japon et disponibles seulement depuis 2014 en Europe, font partie de ces jeux au concept très particulier qui ont connu un succès énorme dès leur sortie. La franchise a d’ailleurs connu une politique de Cross Media, débarquant en version animée et manga pour le plaisir des fans. Danganronpa 1.2 : Reload compile les deux premiers épisodes pour permettre aux joueurs qui n’ont jamais touché à cette franchise de faire leurs premiers pas, juste à temps pour la sortie du troisième volet…

Cette série de Visual Novels s’articule autour d’un concept identique pour les deux épisodes. A travers des dialogues à rallonge, 16 étudiants se retrouvent emprisonnés à vie par un ourson en peluche sadique, Monokuma, qui leur annonce la couleur : pour s’en sortir, il faudra commettre le meurtre parfait.

En effet, les étudiants devront assassiner l’un de leurs camarades sans se faire démasquer pour pouvoir quitter cet enfer. À chaque meurtre, ils devront mener une enquête afin de récolter des preuves en vue du procès. Sur le principe de duel et mini-jeux, les étudiants de l’accusation doivent argumenter suivant ce qu’ils ont trouvé sur les lieux du crime. Quant à l’accusé, celui-ci pourra contre-argumenter grâce à des attaques. Le vote est fait à l’unanimité ; si l’accusé est déclaré coupable, Monokuma se fera un plaisir de l’exécuter de la manière la plus sadique qui soit, s’il est libéré, ce sont tous les autres qui connaîtront un triste sort.

Danganonpa : Trigger Happy Havoc

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L’histoire nous plonge dans une école élitiste. On y incarne Makoto Naegi, un jeune garçon sans talent particulier qui a eu la chance d’intégrer cette prestigieuse école grâce à un tirage au sort national. Très impressionné par le prestige de l’école et des étudiants qu’il va rencontrer, Makoto va très vite déchanter. Après s’être évanoui, il découvre assez vite la supercherie et rencontre ses futurs compagnons de galère. L’ourson maléfique vient leur expliquer leur présence dans l’établissement et les règles du jeu. Règles qui se verront augmenté au fur et à mesure et dont leur transgression provoquera la mort.

Danganronpa : Goodbye Despair

Le second volet prend place sur une île à première vue paradisiaque. Des élèves sélectionnés pour leur compétence ultime dans leur domaine débarquent sur cette île en pensant à une simple excursion scolaire. On incarne Hajime Hinata, élève lambda qui a aussi été élu grâce à un concours national. Un nouveau ourson en peluche rose fait son apparition, mais celui-ci fait partie des gentils. En effet, c’est le professeur des élèves qui va se faire gentiment persécuter par nul autre que Monokuma qui revient plus sadique que jamais.

Dans la pratique

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L’univers est assez particulier, rien qu’en termes de graphismes. Les décors sont entièrement construits en 2D. Les personnages en carton semblent être collés tel quel dans ces décors sans vie. Les couleurs sont atrocement criardes avec une petite note spéciale pour le sang rose bonbon. Un côté kitsch très assumé puisqu’on retrouve les mêmes caractéristiques dans le second épisode.

Au niveau du gameplay aussi, c’est plutôt limité. Les déplacements se font en caméra subjective sauf pour les temps libres, dans le second épisode. Moment qui laisse place à un peu plus de liberté. Les mouvements de la caméra ne permettent que des mouvements réduits. Au niveau de l’ambiance sonore, la musique est parfaitement accordée à l’univers déjanté de Danganronpa. Bien que très répétitive, elle reste très excentrique et en totale opposition avec le contexte morbide qui règne sur les étudiants. Les réactions des personnages sont également très répétitives et limitées.

Dans le genre Visual Novel ou aventure textuelle, les dialogues de Danganronpa 1.2 : Reload sont assez abondants. D’ailleurs, il n’est pas possible d’interagir comme on le voudrait. A certains moments, il est proposé de “réagir”, mais même là, les options sont limitées et, au final, il faudra de toute manière toutes les écouter sans que ça n’ait de conséquence sur l’histoire. Les deux volets ne sont disponibles qu’en japonais et anglais, un point non négligeable pour les anglophobes, qui devront se tourner vers la version PC pour des traductions non-officielles.

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En dehors du scénario lié à l’enquête, il est possible d’en apprendre davantage sur chacun des personnages. Cela pourra s’avérer utile pour les confrontations. Lors des procès, chacun s’envoie des « balles de vérité » – des arguments ou preuves – récoltés durant les enquêtes, pour prouver la culpabilité ou son innocence. Ces balles servent à tuer les arguments des adversaires. Le débat se termine par une reconstitution du meurtre à travers une série de dessins. Les procès ne peuvent pas vraiment être perdus étant donné que le jeu revient au dernier argument gagné afin de permettre la victoire. Ce qui est bien malheureux. Il aurait été préférable d’avoir des possibilités scénaristiques alternatives.

Pour finir les deux volets, il faudra au moins 25 heures de jeu, voire plus si on fait les quêtes annexes (trouver des pièces pour acheter des cadeaux à nos camarades d’infortune) et si on accumule tous les dialogues possibles. On notera également le la couleur du sang qui aborde un magnifique rose bonbon, qui vient s’accorder parfaitement à l’idée des assassinats décomplexés que propose Monokuma.

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Danganronpa 1.2 : Reload

Qu’est-ce qu’apporte ce passage à la PS4, concrètement ? Rien. Pas de nouveau casse-tête, pas d’améliorations des graphismes et, surtout, pas de nouvelles traductions. D’ailleurs, le spin-off « Another Episode » n’est même pas intégré à Danganronpa 1.2 : Reload.

C’est une simple compilation de Trigger Happy Havoc et de Goodbye Despair. L’occasion pour la firme de faire découvrir ou redécouvrir la licence aux joueurs européens avant la sortie de Danganronpa V3 : Killing Harmony. Le troisième volet sortira le 29 septembre 2017 en Europe, sur PS4 et PS Vita. A cette occasion, une version collector sera également disponible.

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Du changement pour Danganronpa 3 puisque celui-ci sera enfin traduit en français. Le volet devrait continuer sur la trame de visual novel, enquête toujours sous le principe du point and click, mais surement dans un nouveau lieu. Le troisième volet connaîtra, lui aussi, sa version anime au Japon.

Points positifs :
- Deux jeux en un
- Jeu morbide et pervers
- Univers déjanté et peu conventionnel
- Décor excentrique
- Durée de vie (25 heures et plus)
- Grande richesse niveau Visual Novel

Points négatifs :
- Pas disponible en version française
- Dialogues forts longs
- Peu de jouabilité et d’action
- Un portage sur PS4 copié/collé sans aucun apport

Conclusion

Danganronpa : Trigger Happy Havoc et Goodbye Despair sont des titres très décalés qui se destinent à une audience très particulière. Bien qu’ils n’innovent pas vraiment en ce qui concerne l’aspect de jeux d’enquête et d’accusation, sur base du “point and click”, les deux jeux se démarquent surtout au niveau de leur univers barré. Basé surtout le principe d’aventure textuelle, la narration reste très riche, voire trop. En revanche, les actions sont assez rares puisque tout se base sur les conversations. Les enquêtes sont pauvres aussi puisque toutes les preuves sont indiquées au joueur. Le succès de la franchise vient sans doute de l’attachement que les joueurs peuvent avoir pour l’ourson en peluche diabolique et pervers qui s’assume à forcer ses victimes à s’entre-tuer. Un titre original, plutôt drôle, et qui se rapproche finalement davantage d’un roman interactif que d’un jeu à fort potentiel ludique.

Stagiaire chez Geeko et Belgium-iPhone.
Twitter : @JennMrtns

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