Test – Mass Effect Andromeda : un nouveau départ pour un monument de la science-fiction

Par posté le 29 mars 2017

Après plusieurs années d’hibernation, Mass Effect fait son grand retour avec un reboot qui, à défaut d’être une totale réussite, devrait agréablement surprendre les amateurs de science-fiction.

mass effect andromeda

Les fans se souviendront encore longtemps du final haletant de Mass Effect 3, qui, en dépit de fermer la porte à une suite, bouclait brillamment une trilogie qui restera longtemps dans les annales comme l’une des meilleures sagas de science-fiction de tous les temps.

Laisser la franchise à son triste sort aurait toutefois été une grosse erreur, tant son univers riche et sombre méritait d’être davantage exploité. Et c’est désormais chose faite puisque BioWare a choisi de relancer sa franchise avec un spin-off, sobrement nommé “Andromeda”, développé non pas par les créateurs des trois premiers volets mais par un tout jeune studio de développement. Un pari audacieux de la part de BioWare, qui donne une nouvelle direction à une franchise qui ne cesse décidément de nous surprendre.

Dans l’esprit, Mass Effect Andromeda reste très fidèle à ses origines. L’univers est le même, la patte graphique est identique et la narration reprend dans les grandes lignes le modèle des trois premiers opus. Toutefois, il est important de garder à l’esprit qu’il s’agit d’un spin-off et pas d’une suite directe à Mass Effect 3. Et cela se ressent dès les premières minutes du jeu. Dans la peau d’un colon qui se réveille après un sommeil artificiel de 600 ans, le joueur part à la conquête d’un nouveau système solaire avec la lourde tâche de trouver un nouveau foyer pour l’humanité, menacée par la progression des moissonneurs. A la découverte de la galaxie Andromède, le joueur découvrira un univers riche et vaste. Si le scénario est moins palpitant que dans les précédents volets de la franchise, il n’en reste pas moins passionnant à suivre et rondement mené. Difficile toutefois de ne pas voir dans ce nouveau volet quelques similarités avec la franchise Star Trek – que ce soit au niveau des scènes de vie quotidiennes à bord du vaisseau ou de l’exploration et la colonisation des différentes planètes.

andromeda 2

Si, dans le fond, le jeu n’a pas énormément changé, on remarque toutefois d’entrée de jeu un certain changement de ton. Les premières heures de jeu imposent ainsi un rythme très mou. Logique, puisqu’il s’agit d’un nouveau départ pour la franchise, et qu’il était nécessaire de poser les bases avant de rentrer dans le cœur du sujet. Toutefois, on aurait aimé entrer dans le cœur du sujet plus rapidement. Le rythme du jeu a heureusement tendance à s’accélérer dans sa seconde partie.

Au niveau des rôles principaux, difficile de ne pas regretter le commandant Shephard et sa fine équipe, remplacé par Scott Ryder (ou Sara Ryder, selon votre choix), un nouveau protagoniste qui s’improvisera pionnier dès la première heure de jeu. Les rôles centraux n’ont pas la tête de l’emploi. Et même les premiers ennemis rencontrés – les Kett, une race d’extraterrestre belliqueuse – manquent cruellement de charisme. Toutefois, on le sait, le character design n’a jamais été le fort de BioWare. Et si Andromeda affiche un casting encore moins séduisant que ses aînés, le storytelling reste l’un des points forts du jeu. Car l’important ici n’est pas tant les rôles principaux mais plutôt ce qu’ils ont à dire, leurs choix et surtout leur manière d’évoluer dans ce vaste univers de science-fiction, qui se situe à mi-chemin entre Star Trek et Halo.

Autre point fort du jeu : les relations qui se créent entre les personnages et le joueur. En dialoguant avec les PNJ, le joueur apprendra à les connaître, et à créer des liens avec eux. Il pourra ensuite – s’il le souhaite -, entretenir une relation avec, qui se finira peut-être au lit…

andromeda 3

Au niveau du gameplay à proprement parler, Andromeda joue davantage la carte des interactions avec les personnages secondaires, avec des dialogues plus nombreux et des missions secondaires plus nombreuses et surtout plus originales, qui creuseront l’univers du jeu, mais aussi des séquences d’action plus nerveuses. Plus mobile que le capitaine Shephard, Scott Ryder a surtout l’atout d’être équipé d’un jet pack, qui lui permet de faire des bonds de plusieurs mètres et de glisser à toute vitesse sur la surface du sol, pour se rapprocher d’un ennemi ou éviter des tirs. En résultent des affrontements plus impressionnants visuellement, et qui s’appuient davantage sur la mobilité et les facultés exceptionnelles du héros. Moins de couvertures donc, même si cette approche reste tout à fait possible…

Ce nouvel épisode pave également la voie vers un monde ouvert, avec des zones de jeu à explorer beaucoup plus vastes, qui nécessiteront l’utilisation d’un véhicule pour se déplacer d’une mission à l’autre. Si l’apport est considérable, on regrettera toutefois que le rythme de l’aventure en prenne un coup. Malgré son gameplay nerveux, Andromeda est nettement moins orienté sur l’action que ses prédécesseurs, et certains fans de la série pourraient amèrement regretter cette nouvelle orientation.

D’ailleurs, les mécanismes du jeu évoluent eux aussi. On notera ainsi l’apparition de nombreuses séquences de scan, forçant l’utilisateur à scanner des objets pour découvrir des secrets, améliorer ses aptitudes ou tout simplement résoudre une énigme. Des séquences de jeu qui permettent de varier les plaisirs, mais qui ont tendance à revenir un peu trop souvent…

Pour le reste, Andromeda reste un habile mélange de séquences d’action, d’exploration et de dialogues. S’il ne trahit pas ses origines, le jeu prend quelques libertés qui ne plairont pas à tous les publics, et c’est sans doute là son plus gros défaut. Car ces nouvelles séquences de jeu ont tendance à fortement ralentir le rythme de l’aventure, qui prend des proportions moins épiques que dans les trois précédents épisodes.

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Au niveau des décors, on appréciera en revanche la vaste diversité d’environnements traversés et leur incroyable beauté. Un énorme travail artistique a été réalisé pour faire de ce Mass Effect Andromeda une expérience vraiment unique, qui donne une furieuse envie de voyager. C’est bien simple, les voyages d’un écosystème à l’autre représentent à eux seuls une bonne raison de se replonger dans la franchise. Visuellement, le jeu est également une jolie claque. Les décors en extérieur sont grandioses, et les effets visuels à couper le souffle. On ne peut malheureusement pas en dire autant du character design, des visages et des décors en intérieur, beaucoup plus sobres.

Autre atout de cet opus : son interface, très claire, qui permet d’accéder facilement aux nombreuses quêtes secondaires et à l’amélioration du personnage. Car comme dans tous les autres jeux de BioWare, il est possible de personnaliser le héros en attribuant des points d’expérience obtenus à travers l’aventure et les combats, pour débloquer ainsi quelques capacités spéciales. On notera par ailleurs qu’il est aussi possible de personnaliser le héros avec divers équipements glanés sur le terrain, qui peuvent eux aussi être améliorés au fil de l’aventure. Mieux, le joueur n’est plus cantonné à une seule classe de personnage puisqu’il est désormais possible de rééquilibrer ses compétences en cours de partie.

andromeda 5

Comme dans tous les autres Mass Effect, la durée de vie avoisine les 50 heures de jeu avec toutes les quêtes annexes. En ligne droite, il faudra compter entre 20 et 25 heures de jeu. La rejouabilité est également assez bonne, même si les choix semblent avoir moins d’influence sur la trame scénaristique que dans les précédents opus.

En revanche, carton rouge pour les animations et les nombreux bugs graphiques qui viennent gâcher un peu notre plaisir. Le jeu étant visuellement très réussi, il est tout de même regrettable que BioWare n’ait pas accordé plus d’attention aux finitions. On notera enfin qu’au niveau de la bande-sonore, BioWare nous gratifie d’excellents doublages (FR comme anglais) et d’une bande originale digne d’une grosse production hollywoodienne.

Mass Effect Andromeda est disponible sur PC, Xbox One et PlayStation 4.

Les +

- Une solide durée de vie
- De jolis graphismes
- Un gameplay plus dynamique
- Une excellente bande-sonore
- Les décors superbes
- L’univers du jeu
- Les cinématiques

Les –

- Une aventure moins palpitante
- Le début de l’aventure
- La modélisation des visages
- Quelques bugs graphiques
- Les intérieurs, moins réussis
- Le casting du jeu

Conclusion

Moins excitant que les deux derniers volets de la franchise, Mass Effect Andromeda n’en reste pas moins un excellent jeu d’action, qui propose une solide expérience de jeu dans un univers vaste et incroyablement riche. Totale réussite sur le plan visuel, le jeu souffre toutefois de quelques légers bugs. Comme dans tous les jeux de BioWare, on regrettera un rythme morcelé et un casting assez pauvre. L’aventure réserve toutefois son lot de belles surprises et de découvertes, avec notamment de superbes paysages à explorer à pied ou à bord d’un véhicule de reconnaissance. Si Andromeda ne tient pas toutes ses promesses, le jeu de BioWare n’en reste pas moins un titre très agréable à parcourir, qui réconciliera les amateurs de science-fiction avec la franchise de BioWare.

Actif dans les rubriques Eco et Lifestyle du journal, j’ai rejoint Le Soir il y a trois ans pour une formidable aventure numérique. Globe-trotter passionné de photographie, je m’intéresse à tout ce qui touche aux nouvelles-technologies. Twitter : @etiennefroment

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