Test – Nier Automata : une suite magistrale sur PS4 et PC

Par posté le 21 mars 2017

Méconnu du grand public, le premier Nier était pourtant un très bon jeu d’aventure qui méritait une suite digne de ce nom. Confiée au studio PlatinumGames, connu notamment pour ses Bayonetta, Vanquish et Metal Gear Rising, sa suite se révèle être l’une des meilleurs titres de ce début d’année 2017 sur PC et PlayStation 4.

nier automata

Le début d’année 2017 aura décidément été marqué par quelques très grosses sorties. Entre le nouveau Zelda, le dernier Ghost Recon ou l’excellent Horizon Zero Dawn, les amateurs de jeux d’action et d’aventure n’avaient que l’embarras du choix durant ce mois de mars 2017. L’arrivée de Nier Automata en magasin ne fait que rendre leur choix plus cornélien. Car le dernier bébé de Yosuke Saito, le producteur de la série Dragon Quest, est une petite pépite. Il faut dire que l’homme a su bien s’entourer pour ce projet ambitieux, qui visait à donner une suite digne de ce nom à un titre qui avait été à l’époque une belle surprise, en dépit de son budget limité. Devenu un acteur incontournable de la scène vidéoludique au Japon, PlatinumGames était le partenaire idéal pour ce Nier Automata. Le studio nippon s’est en effet fait connaître pour sa capacité à livrer des jeux au gameplay nerveux et à la mise en scène soignée. Après Vanquish, Bayonetta et Metal Gear Rising, le voilà qui rempile aux commandes d’un action-RPG.

Si Nier Automata prend place dans le même univers que le premier volet, les ressemblances entre les deux jeux s’arrêtent là. PlatinumGames est reparti d’une feuille blanche pour ce second volet, en faisant le pari (audacieux) de miser sur un gameplay mixant différents genres. A mi-chemin entre le jeu de rôle, le beat them all et le shoot them up, Nier Automata immerge le joueur dans un univers enchanteur, digne des plus grands films de science-fiction.

nier automata 2

La trame scénaristique du jeu se déroule plusieurs milliers d’années après le premier volet. Dans cet univers futuriste, les machines ont pris le contrôle de la planète et poussé les humains à s’enfuir sur la lune. N’admettant pas leur défaite, les êtres humains ont conçu une armée de cyborgs, qui sont régulièrement envoyés sur Terre pour tenter d’anéantir la menace. Le joueur débutera ainsi l’aventure dans la peau de 2B, une cyborg capable d’anéantir une armée d’ennemis en agitant ses sabres et en utilisant un petit robot pour mitrailler ses adversaires à distance.

Les premières minutes de jeu sont déconcertantes. D’une part, parce que Nier Automata plonge le joueur dans un univers futuriste auquel les fans du premier volet n’étaient pas habitués. D’autre part, parce que le joueur débute aux commandes d’un vaisseau lancé à toute vitesse, qu’il doit contrôler sur un plan en deux dimensions. Aussi improbable que cela puisse paraître, le studio de développement a choisi d’intégrer des séquences de shoot them up dans la plus pure tradition des Ikaruga et autres Raiden dans son jeu, et la recette fonctionne plutôt bien… D’autant plus que ces séquences sont divisées en trois catégories. Durant les séquences de shoot them up classiques, le joueur devra se contenter d’éviter les tirs des ennemis tout en éliminant ses opposants à grands coups de blasters. Durant les séquences de twin-stick shooter, la vitesse sera beaucoup plus limitée et le joueur devra choisir quelles cibles abattre en premier s’il espère survivre. Enfin, des séquences de vol en 3D, durant lesquelles il faudra éviter des obstacles viendront également diversifier le gameplay.

Passé cette introduction, les joueurs reprendront rapidement leurs marques. Car pour l’essentiel du jeu, Nier reprend le gameplay des action-RPG traditionnels. Le joueur devra passer d’une salle à l’autre en éradiquant à chaque fois des groupes de robots, jusqu’à un boss qui exigera de tirer parti des faiblesses de son adversaire. La richesse du jeu vient surtout de la grande diversité au niveau des séquences de jeu, qui mixent habilement affrontements, ballets aériens, plates-formes et exploration.

nier automata 3

Passé la première heure de jeu, le joueur découvrira que Nier Automata n’est pas qu’un simple beat them all mais un RPG qui se joue en “open-world”. Certes, open-world est peut-être ici un mot mal employé, dans la mesure où les décors sont loin d’être aussi vastes que dans un Horizon Zero Dawn. Toutefois, ils ont le mérite d’offrir une approche un peu moins linéaire de l’aventure. On aurait en revanche apprécié devoir faire moins d’allers-retours…

A cela s’ajoutent une foule de bonnes idées, du scénario alambiqué qui donne accès à plus de 26 fins différentes (et offre ainsi une réelle replay-value) au concept de HUD évolutif, qui intégrera de nouveaux éléments à chaque nouvelle puce ajoutée à sa collection, pour ajouter une jauge d’expérience, des dégâts occasionnés et bien plus encore, en passant par une bande sonore tout bonnement extraordinaire.

Comme dans tous les jeux de PlatinumGames, l’accent est également fortement mis sur le dynamisme des combats, qui ressemblent davantage à de fantastiques ballets aériens qu’à de simples affrontements. Le jeu donne dès les premières minutes de jeu une impression de toute puissance jouissive au joueur. Toutefois, on n’omettra pas de préciser que si les affrontements sont un régal, le titre montre vite ses limites en termes de technicité. Car c’est sans doute là le plus gros défaut de Nier Automata, si le jeu de PlatinumGames touche un peu à tous les genres, il n’excelle dans aucun domaine. Les affrontements sont certes très impressionnants mais le gameplay demeure très (trop?) accessible – vous n’aurez d’ailleurs aucune difficulté à le parcourir en difficile! Les décors sont certes vastes mais étonnamment, l’aventure reste très linéaire. Quant aux séquences de gameplay plus originales, inspirées de shoot them up ou de jeux de plates-formes, elles permettent certes de diversifier les séquences de jeu, mais elles n’en demeurent pas moins redondantes et font finalement davantage office de bouche-trou que de véritable révolution. Au final, si le constat est donc globalement très positif, Nier Automata ne parvient pas tout à fait à convaincre. Et ce, malgré de très bonnes idées. La faut sans doute à un budget trop limité, qui a empêché les développeurs de peaufiner un titre sans doute trop ambitieux. Toutefois, ne nous voilons pas la face. Si Nier Automata est un titre qui est par nature imparfait, il n’en demeure pas moins un excellent divertissement et une formidable expérience.

nier automata 4

Le bilan est identique en ce qui concerne la technique. D’une rare fluidité, le jeu est également plutôt joli. Toutefois, ses décors restent très pauvres et si les chorégraphies aériennes et les affrontements ont une pêche infernale, on se surprend à regretter le manque de diversité au niveau des décors, souvent très ternes et pas très vivants. La bande-sonore est en revanche un petit délice à déguster sans modération, et qui donne au jeu une identité propre.

Les +

- Un gameplay nerveux
- Des séquences de jeu variées
- 26 fins !
- L’incroyable bande-sonore
- Un scénario réussi
- Quelques très bonnes idées

Les –

- Pas une claque graphique
- Des décors ternes et redondants
- Un gameplay pas si technique
- Un monde ouvert qui n’est pas si grand…

Conclusion

A défaut d’être parfait, Nier Automata n’en reste pas moins un très bon jeu d’aventure et un excellent défouloir. Nerveux, le jeu de PlatinumGames tire toute sa richesse de son gameplay qui mélange brillamment plusieurs styles. Son incroyable bande-sonore, ses multiples fins et son scénario alambiqué en font également un jeu que l’on dégustera sans modération. Si le constat est globalement très positif, on regrettera tout de même que d’un point de vue technique, PlatinumGames n’ait pas fait plus d’efforts, que les décors soient aussi ternes et répétitifs, et que le gameplay ne soit pas aussi technique qu’on l’aurait espéré. En l’état, reste un très bon divertissement qui a le mérite de sortir des sentiers battus pour offrir une expérience de jeu vraiment unique, qui mérite à elle seule le détour…



16/20


Actif dans les rubriques Eco et Lifestyle du journal, j’ai rejoint Le Soir il y a trois ans pour une formidable aventure numérique. Globe-trotter passionné de photographie, je m’intéresse à tout ce qui touche aux nouvelles-technologies. Twitter : @etiennefroment

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Un commentaire

  1. Rion

    22 mars 2017 at 0 h 34 min

    Oui la technique est pauvre , SE n’allait pas mettre le budget illimité sur une licence que personne connait. Et n’a jamais été un open world ils avaient juste dit que c’était pour limité les temps de chargement après même avec un gros budget comme zelda où la technique est hyper déguelasse portant personne en parle alors que Zelda a 20 fois plus de budget que Nier lol. Désolé mais Nier niveau gameplay fait mieux que Zelda et Horizon réunis , Zelda et Horizon c’est redondant aussi mais bon. x)

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