Test – Styx : Shards of Darkness, le retour réussi du gobelin facétieux

Par posté le 15 mars 2017

Après un premier volet séduisant, Styx nous revient avec un second épisode qui s’annonçait très prometteur.

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Aperçu pour la première fois dans le jeu “Of Orcs & Men”, Styx était l’un des personnages les plus captivants du jeu. Le studio français Cyanide avait assez logiquement décidé de livrer un jeu dérivé se concentrant exclusivement sur l’histoire de ce personnage atypique à la peau verte. Le premier opus, sorti sur PC, Xbox One et PS4, avait reçu un accueil très favorable de la part des médias spécialisés. Le titre tirait toute sa richesse de son univers fantaisiste et de son gameplay orienté infiltration.

Le héros de la saga revient donc dans un nouvel épisode baptisé “Shards of Darkness”, qui reprend dans les grandes lignes les mécanismes du premier volet. Dans cette nouvelle aventure, Styx choisit de remplir un contrat émis par une troupe de mercenaires spécialisée dans la traque de gobelins. Le mystère s’installe donc dès les premières heures de jeu. S’il n’est pas des plus captivants, le scénario de Shards of Darkness a le mérite d’encadrer l’expérience de jeu.

De l’infiltration au pays du fantastique

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Comme c’était le cas avec le premier épisode de la franchise, Styx apporte un véritable vent de fraîcheur pour le genre. Ici, pas de Solid Snake ou autre Sam Fisher dans un univers semi-réaliste mais plutôt un gobelin vert se faufilant dans des lieux qui auraient pu sortir de l’imaginaire de grands auteurs d’heroic-fantasy comme J.R.R. Tolkien.

Pour ce qui est de se faufiler, Styx bénéficie de sa petite taille qui lui permet de passer n’importe où ou presque et c’est justement là, le plus gros point fort du soft. Le level design a été pensé pour l’infiltration et est le reflet d’un travail très soigné. Styx a toujours plusieurs opportunités qui s’offrent à lui pour terminer un niveau. Trous dans des murs, échafaudages, fenêtres entrouvertes, portes, escalade d’un mur… Le nombre de possibilités est conséquent et contribue à la rejouabilité du titre. Aussi, on remarque que dans ce nouvel épisode, les développeurs ont encore mis la verticalité à l’honneur, caractéristique qui semble faire partie intégrante de l’identité de la série. Et s’il n’est pas question d’un monde ouvert, les niveaux sont tout de même assez vastes.

Si le level design a bénéficié d’un soin tout particulier, un effort a également été fourni concernant les graphismes. Ceux-ci manquent encore un peu de finesse et certains visages sont même assez laids mais l’ensemble est suffisant pour permettre au joueur de s’immerger dans le monde qui l’entoure. La bande-son participe également à l’ambiance de ce “Shards of Darkness” : sans être composée de mélodies inoubliables, elle reste tout de même plaisante et en accord avec l’univers porté à l’écran. Les animations de Styx sont, quant à elles, fidèles au personnage mais on constate aussi des carences dans ce domaine notamment en ce qui concerne les ennemis. Ceux-ci effectuent des rondes de garde et il n’est pas rare de les voir se bousculer et, de ce fait, dévier de leur trajectoire. Ce qui donne lieu à des trajets assez absurdes. Autre souci : les portes qui ne se ferment pas. Ni Styx, ni les ennemis ne peuvent fermer une porte, ce qui a pour conséquence de bloquer le passage et d’influencer négativement le tracé de la ronde des gardes : ils s’y cognent et restent bloqués quelques secondes entre un mur et la porte en question.

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Autre défaut déjà constaté dans le premier opus : la vision des ennemis qui est assez limitée. Il arrivera donc, à certaines reprises, de voir Styx à quelques mètres d’un elfe sans se faire repérer par ce dernier. Il n’est pas rare de voir l’un des membres de Styx passer au travers d’un obstacle et il en va de même pour les corps des ennemis tués. Quelques problèmes de collision gênants mais pas pour autant catastrophiques. N’oublions pas non plus la physique des objets qui, comme dans le premier volet, est toujours aussi surréaliste : toucher un tabouret ou un vase le fera valdinguer à plusieurs mètres.

Cependant, ces défauts restent mineurs et il suffira au joueur d’augmenter le niveau de difficulté afin de trouver dans ce titre un véritable challenge à se mettre sous la dent qui devrait l’occuper un peu plus de 15 heures. Et même plus, si vous souhaitez accomplir les quelques quêtes annexes du soft et participer au mode coopération de bonne facture.

Un gameplay étoffé à partir des bases du premier épisode

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Les développeurs n’ont pas corrigé tous les défauts du premier épisode mais ne se sont pas pour autant contentés de transposer leur héros dans de nouveaux niveaux. Dans cet ordre d’idées, le gameplay fait partie des points qui ont bien évolué. Styx possède quelques tours en réserve comme la possibilité de se rendre invisible ou de créer un clone. Dans “Shards of Darkness”, il devient aussi possible de se téléporter à la place du clone ou encore de le faire “naître” à distance.

Styx possède donc plusieurs compétences et devra les mettre à contribution s’il souhaite repartir vivant des lieux où il compte s’infiltrer. Mais le joueur n’aura pas accès à toute la palette de pouvoirs du gobelin dès les premières heures de jeu puisqu’il devra les débloquer un à un dans un arbre de compétences. Styx pourra également profiter du craft même si les possibilités sont assez réduites. Possibilités qui, d’ailleurs, s’étofferont grâce à l’arbre de compétences susmentionné. Grâce à son atelier d’artisanat, il pourra concevoir des fléchettes ou encore des cocons pour créer des clones lors de ses missions. Pour ce faire, il faudra ramasser des matériaux disséminés dans différents endroits traversés par Styx.

Les compétences et l’artisanat seront très utiles au gobelin surtout que Styx est très faible au combat : il doit réussir à parer le coup d’un ennemi au bon moment s’il veut espérer survivre. Styx mettra donc ses talents à profit et se faufilera derrière ses adversaires pour les pousser d’un rebord, les tuer discrètement ou non, etc. Il est même possible de vomir dans les plats afin d’empoisonner une cible. Ces touches originales et humoristiques sont très présentes au sein du titre. Par exemple, à chaque mort, le gobelin apparaîtra pour faire des remontrances au joueur ou tout simplement pour lâcher une punchline dont il a le secret. Même constat lors de certaines cinématiques ou tout simplement, lorsque Styx déambule au sein des niveaux.

Styx : Shards of Darkness arrive donc à immerger le joueur grâce à plusieurs caractéristiques qui lui sont propres comme l’humour omniprésent, l’univers fantastique qui y est dépeint et la verticalité des architectures.

Les + :

- L’humour de Styx
- L’univers cohérent et original
- Les possibilités d’infiltration
- Le level design offrant une multitude de possibilités
- Le système de compétences et le craft qui enrichissent le titre

Les – :

- Une bande-son qui ne s’impose pas assez
- Des textures assez pauvres
- L’intelligence artificielle des ennemis
- Certaines actions toujours impossibles à effectuer

Conclusion

Les adeptes d’infiltration en auront donc pour leur argent avec Styx : Shards of Darkness, surtout avec le faible nombre de jeux de ce genre sortis ces dernières années. Styx est un gobelin qui évolue dans un univers fantastique où les possibilités sont nombreuses : couloirs, portes, échafaudages… Il mettra donc ses talents et sa petite taille à profit pour passer où il le souhaite afin de tuer ses cibles ou de tout simplement les voler. Seuls quelques défauts ternissent l’expérience de jeu comme l’intelligence artificielle des ennemis ou encore des textures assez pauvres. Pourtant, il est conseillé de ne pas s’arrêter à ces quelques carences tant le titre propose une aventure plaisante qui offre un certain degré de rejouabilité. En définitive, Cyanide a su profiter de l’expérience engrangée grâce au premier volet pour offrir un second épisode du même calibre.

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