Test – Ghost Recon Wildlands : le jeu de guerre en monde ouvert

Par posté le 13 mars 2017

Après des années de retraite, la franchise Ghost Recon fait son grand retour avec un reboot ambitieux.

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Septième épisode de la franchise (si l’on considère Island Thunder et Summit Strike comme des stand-alone), Wildlands n’a pourtant plus grand chose à voir avec le tout premier volet de la série, sorti à l’époque sur PC, PlayStation 2 et Xbox. Et pour cause puisqu’Ubisoft a toujours eu la volonté de rendre sa série plus accessible et surtout de transformer “Ghost Recon” en un jeu très grand public. Ubisoft avait déjà amorcé la transformation il y a quelques années, avec les deux opus sortis sur PS3 et Xbox 360. Lorgnant à l’époque du côté des Call of Duty, les deux spin-offs n’avaient toutefois pas connu le succès escompté. Avec Wildlands, Ubisoft est reparti d’une feuille blanche et a imaginé un jeu en open-world, calqué sur le modèle de Grand Theft Auto, ou plutôt de Just Cause pour évoquer le jeu qui se rapprocherait le plus de Wildlands au niveau de son concept…

Si, dans le fond, il est toujours question d’incarner un escadron de l’ombre dans un pays en pleine guerre civile, la forme a complètement changé puisque Ghost Recon n’a plus rien d’un shooter tactique. Mais que les fans de la franchise ne désespèrent pas pour autant puisque ce nouvel opus n’en demeure pas moins un très grand cru, avec ses défauts certes mais aussi ses qualités.

Car, assez paradoxalement, s’écarter de son modèle est sans doute la meilleure chose qui aurait pu survenir pour cette franchise, qui avait furieusement d’un joli coup de pinceau. Certes, Wildlands n’a rien à voir avec les quatre premiers opus, mais l’approche open-world ouvre de nouvelles possibilités aux joueurs et le jeu s’avère finalement très bien conçu.

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Car au-delà de la découverte d’une gigantesque aire de jeu – représentant les paysages variés et souvent très dépaysants de la Bolivie -, le joueur aura surtout l’excellente surprise de découvrir des mécaniques de jeu bien huilées basées en grande partie sur Grand Theft Auto, mais avec des éléments de gameplay empruntés aux shooters tactiques. En d’autres termes, il ne s’agit pas d’un simple skin de GTA mais d’un titre qui parvient à s’identifier comme un jeu qui est parvenu à développer son propre gameplay.

Plongé en pleine guerre civile, le joueur devra accompagner les rebelles dans des affrontements face au cartel de Santa Blanca et ses capitaines aux allures de psychopathes névrosés. Pour ce faire, il faudra libérer chaque région en accomplissant une série de missions qui consisteront aussi bien dans l’élimination de cibles que de courses-poursuites effrénées, d’interventions commandos et de séquences d’infiltration. La campagne solo est admirablement menée et c’est sans aucun doute l’un des plus gros points forts de ce Ghost Recon Wildlands, qui, en plus de proposer une durée de vie faramineuse (bien au-delà des 30 heures de jeu!), présente également l’énorme atout de pouvoir être intégralement joué en coopératif, et d’avoir même été pensé dans ce sens.

Car Ghost Recon oblige, Wildlands vous propose de prendre le contrôle d’un squad de quatre hommes surarmés. En solo, le joueur en contrôle un seul, et peut donner des ordres assez simples à ses coéquipiers. En multijoueur, ceux-ci sont contrôlés par d’autres joueurs, qui doivent se coordonner pour venir à bout des ennemis. Nul besoin de préciser que le titre offre une beaucoup plus grande richesse de jeu en coopération que tout seul. Mais rassurez-vous, car Wildlands reste très agréable à parcourir en solo également…

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Au niveau du gameplay, Wildlands reste beaucoup plus technique qu’un GTA ou un Just Cause. Et on ne pourra que remercier Ubisoft de ne pas avoir davantage dénaturé sa franchise d’ailleurs! S’il est beaucoup plus accessible que le premier opus, Wildlands offre également beaucoup plus d’opportunités au joueur, compte tenu justement du fait qu’il se joue en open-world. Libre au joueur de choisir son approche sur le terrain. Pour récupérer des données dans un camp ennemi, le joueur peut opter pour un assaut frontal, utiliser un hélicoptère pour canarder la zone, lancer une frappe chirurgicale, ou agir dans l’ombre en s’infiltrant, et sans faire aucune victime. Le gameplay offre réellement une grande profondeur de jeu. On notera d’ailleurs que l’infiltration et les interventions rapides sont souvent beaucoup plus efficaces que les assauts fronteaux.

Au rayon des bonnes surprises, outre la vaste palette de véhicules à conduire, et l’étendue de l’arsenal, on notera la présence de nombreux gadgets à utiliser sur le terrain, comme le drone, qui permettra de repérer ses ennemis avant de lancer une attaque – et qui est d’ailleurs un véritable régal à contrôler. Au fil des missions, le joueur débloquera également des aptitudes, et se rapprochera de groupes rebelles qui viendront lui prêter main forte dans les affrontements. Autre point fort du jeu : le nombre de missions annexes et leur variété, sans oublier bien sûr le fait que progresser dans celles-ci permet d’améliorer ses compétences et son efficacité sur le terrain.

Toutefois, c’est bien l’immensité de la carte, la diversité des décors et l’efficacité du gameplay qui font de Ghost Recon Wildlands un jeu particulièrement savoureux à parcourir, en solitaire comme en multijoueur. Si l’on regrettera un scénario assez banal, des ennemis assez peu charismatiques et une bande sonore assez décevante, on apprécie en revanche clairement le travail fourni par les équipes de développement qui sont parvenues à créer un titre extrêmement ambitieux et parfaitement abouti. Certes, tout n’est pas parfait, et Wildlands aurait clairement mérité davantage d’attention au niveau de l’écriture de son scénario, mais pour une franchise qui n’a jamais été très appréciée du grand public, Wildlands permet réellement à la franchise de prendre son envol.

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Sur le plan technique également, Ubisoft maîtrise parfaitement son jeu, et nous livre un titre visuellement époustouflant qui se démarque surtout par la beauté et la variété de ses décors, et l’absence quasi complète de temps de chargement. Le game-design est tout simplement brillant, et – de mémoire de joueur -, rarement nous avions été aussi impressionnés par des décors tantôt si oppressants, tantôt si émouvants. Traverser de vastes étendues désertiques à bord d’un buggy, et sous un vol de flamands roses est une expérience que tout gamer se doit de vivre au moins une fois dans sa vie. Il ressort de Wildlands une incroyable impression de liberté. Le jeu donne également très envie d’aller visiter ce magnifique pays qu’est la Bolivie. On soulignera d’ailleurs l’excellent travail réalisé par les développeurs au niveau des cycles jour / nuit, et des conditions météorologiques, qui ne cessent de changer tout au long de l’aventure.

En revanche, carton rouge pour l’intelligence artificielle des ennemis, à des années lumières de ce qu’on est en droit d’attendre d’un shooter tactique. L’erreur est certes à moitié pardonnée, compte tenu du fait que Wildlands est avant tout un GTA-like en monde ouvert, mais pour un Ghost Recon, l’I.A. est très clairement très en deçà de ce qu’on pouvait attendre. Les ennemis se contentent de vous mitrailler en courant d’une couverture à l’autre sans jamais élaborer de stratégie de groupe. Résultat? Difficile voire impossible de tomber sous le feu ennemi. Et si malgré tout vous veniez à vous effondrer, sachez que vos compagnons viendront immédiatement vous remettre d’aplomb.

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Malgré ses petits défauts, Wildlands reste un titre très agréable à parcourir grâce à ses affrontements nerveux, son gameplay varié et la vaste diversité de véhicules et d’armes à disposition. Il figure sans aucun doute parmi les titres incontournables de ce début d’année 2017, décidément très riche.

Les +

- Une solide durée de vie
- Des graphismes superbes
- L’étendue de la carte
- Un gameplay nerveux
- Un GTA-like tactique
- La Bolivie et ses décors superbes
- Les nombreux véhicules à disposition
- La coopération

Les –

- L’I.A. des ennemis
- Le scénario, banal
- Une bande-sonore décevante

Conclusion

Parmi les incontournables de ce début d’année 2017, Ghost Recon Wildlands est un excellent jeu de guerre en open-world. A la fois beau, vaste, nerveux et terriblement addictif, le jeu d’Ubisoft tire surtout sa richesse de son mode coopératif. S’il reste très agréable à parcourir en solo, la coopération fait partie intégrante de l’aventure. Seuls regrets finalement : une I.A. pas franchement exceptionnelle et un scénario qui n’est finalement qu’un prétexte à voir du pays…

Actif dans les rubriques Eco et Lifestyle du journal, j’ai rejoint Le Soir il y a trois ans pour une formidable aventure numérique. Globe-trotter passionné de photographie, je m’intéresse à tout ce qui touche aux nouvelles-technologies. Twitter : @etiennefroment

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