Test – Atelier Firis : un voyage au pays de l’alchimie à réserver aux inconditionnels des J-RPG

Par posté le 13 mars 2017

La série des “Atelier” en est à son 18ème épisode avec cet “Atelier Firis”. Commencée dans les années 90, cette saga de J-RPG a toujours réussi à se placer juste derrière les plus grands jeux vidéo de son genre.

atelier firis

Parmi les J-RPG, on retrouve les poids lourds du milieu comme Final Fantasy ou Star Ocean, et ensuite apparaissent des séries moins connues du grand public mais qui présentent un potentiel important. Dans cet ordre d’idées, on se doit de citer la franchise “Atelier”. Le premier épisode est sorti sur la première Playstation et depuis, chaque nouveau titre a réussi à proposer de quoi satisfaire les fans. Preuve en est avec la longévité de la série qui en arrive aujourd’hui à son 18ème épisode sur Playstation 4, PC et PS Vita.

Un pied de nez à certains ténors

Firis est une jeune fille qui vit dans une ville, une cité minière du nom d’Ertona, coupée du monde. Elle est très appréciée car elle a la capacité de dénicher en quelques secondes du minerai. Mais ce que voudrait Firis par dessus tout, c’est franchir les immenses portes de la ville afin de visiter le monde extérieur qui est, selon ses proches, “bien trop dangereux“. Les habitants ne changeront d’avis qu’après l’arrivée de deux alchimistes, dont Sophie, héroïne d’un précédent épisode. Les deux visiteurs vont donc enseigner leur art à Firis et le doyen d’Ertona donnera à la jeune fille le droit de sortir afin passer l’examen des alchimistes. Pour ce faire, Firis devra obtenir trois lettres de recommandation émanant de professionnels confirmés. C’est donc sur base de ce pitch de départ que le joueur partira à la conquête du monde.

C’est d’ailleurs là le premier point positif d’Atelier Firis : la carte est grande et le joueur peut choisir d’aller où il veut, quand il le veut dès que l’introduction prend fin, soit dès le départ d’Ertona. Là où certains Final Fantasy paraissent encore trop balisés, Atelier Firis marque le coup en proposant ce que tous les adeptes attendent d’un RPG : un vaste monde non linéaire.

Malheureusement, on déchante un peu face aux graphismes et à la bande-son. Si le jeu présente une identité propre avec ses personnages dont l’esthétisme renvoie directement aux plus beaux mangas, certaines textures laissent à désirer. D’ailleurs, côté détails, les intérieurs des bâtisses sont plutôt vides. En ce qui concerne le son, quelques musiques collent parfaitement à l’ambiance, pour les autres, il faudra apprendre à rester zen tant les mélodies sont très répétitives, notamment celles de l’Atelier où Firis a recours à l’alchimie.

On en arrive donc au point le plus important de la série : l’alchimie, l’arme qui vous permettra de survivre dans ce jeu.

Cuisine et magie font bon ménage

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L’alchimie est ici une méthode qui consiste à mélanger plusieurs ingrédients afin de créer un objet, cela peut aller d’une bombe à un remède en passant par du cuir. Firis possède un atelier qu’elle peut faire apparaître à certains checkpoints, des feux de camp, prévus à cet effet. Elle doit donc collecter des fleurs, du bois et d’autres ressources pour les mélanger dans son chaudron telle une sorcière. Le procédé, simple à intégrer, demande tout de même de la rigueur et de la patience. Tout d’abord, chaque objet similaire ne présente pas les mêmes caractéristiques. Un morceau de bois pourra être de meilleure qualité qu’un autre par exemple. Ensuite, le joueur devra suivre une recette et mélanger les objets demandés. La dernière étape consistera à choisir ou un non un “catalyste”, soit la possibilité de renforcer les particularités de l’objet créé.

Le mécanisme est assez bien pensé puisqu’il allie simplicité, recherche et originalité. Prenons en exemple la dernière étape du processus d’alchimie. Firis devra placer les ingrédients sur une grille et le but sera de les juxtaposer sur des points prédéterminés afin de multiplier les bienfaits de la recette.

Avec l’Alchimie, l’héroïne va donc créer des objets pour finir telle ou telle quête, des potions pour se renforcer lors des combats, des armes, etc. Tout ce qui permet à Firis d’avancer dans le jeu doit être créé par la magie.

Tout comme pour le monde ouvert qui annonçait de très bonnes idées mais qui malheureusement a très vite révélé d’importantes lacunes, la mécanique d’alchimie sur laquelle repose Atelier Firis a été soignée mais nécessite de passer par d’autres étapes, beaucoup plus laborieuses et pénibles. Au programme, il faudra passer par le loot, la découverte de nouvelles recettes et les quêtes annexes.

La collecte d’objets est très importante dans Atelier Firis. Plus le joueur en possédera, plus il pourra suivre de nouvelles recettes. Sauf que dans ce soft, la jeune fille trouvera du foin, du bois, des fleurs, du blé, des pierres, de la poussière… tous les quelques mètres. Le loot est donc omniprésent au point qu’il pourra entraîner une lassitude chez le joueur. Une chance, dans votre atelier se trouve un container sans limite d’espace et où vous pourrez stocker toutes vos trouvailles.

Le deuxième point qui aurait mérité un meilleur traitement : la découverte de nouvelles recettes. Il existe deux moyens pour en trouver. Le premier consiste à se laisser guider par son instinct et certaines actions feront naître des idées dans l’esprit de Firis. Tuer un monstre, casser un rocher, trouver une pierre… Tout est source de recettes. Pour le deuxième moyen, il est question de suivre les indices disponibles dans l’atelier. Seulement, ceux-ci sont souvent assez subtils et demanderont beaucoup de patience avant d’en tirer profit.

Enfin, le dernier point critiquable concernant l’alchimie repose sur le déroulement des quêtes annexes. Lors de celles-ci, vous pourrez mettre à profit vos talents et aussi, gagner des objets nécessaires à de nouvelles recettes. L’objectif est attirant et le nombre très généreux de quêtes annexes sont sans conteste deux très bons points qui pousseront les joueurs à visiter le monde qui les entoure. Néanmoins, ces quêtes se résument pour la plupart à aller chercher tel objet et à le ramener ou à tuer telle créature. Rien de très passionnant. Dès lors, seuls les plus passionnés par la série et/ou par le concept voyageront et apprendront un maximum de recettes.

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Aussi, ces quêtes demanderont au joueur de se frotter à plusieurs ennemis lors de combats au tour par tour et assez classiques. Il est possible d’attaquer, de protéger un allié ou d’administrer une potion/remède à l’un des combattants. Sans oublier la possibilité de réaliser des attaques combinées dans certaines conditions. Bien sûr, les différentes issues des affrontements reposent sur l’expérience des joueurs mais surtout sur les objets qui auront été préparés au préalable via des recettes d’alchimie.

On pouvait alors penser que la quête principale allait rattraper tout ça mais, si elle est plus scénarisée, les missions qu’elle comporte sont en majeure partie semblables aux quêtes optionnelles. L’objectif n’est pas de sauver le monde ou de tuer un effroyable ennemi mais de passer un examen afin de confirmer vos talents. Un objectif mineur en comparaison des deux exemples cités précédemment mais qui offre l’opportunité de ne pas être balisé par une quête principale linéaire. Le concept permet donc d’offrir une totale liberté mais se traduit aussi par un manque de rebondissements et de suspense.

Précisons également que la trame principale est limitée dans le temps : Firis a un an pour obtenir son diplôme et chaque action consomme des heures, voire des jours. Si certains peuvent y trouver à redire, sachez qu’une fois la quête centrale terminée, vous aurez tout le loisir de parcourir le monde comme vous l’entendez. Là où certains jeux misent sur un temps déterminé ou sur l’absence de timing, Atelier Firis a choisi les deux options.

Firis a donc bel et bien des atouts comme sa totale liberté ou son nombre important de quêtes annexes mais reste malgré tout à réserver à un public ciblé.

Les + :

- Une grande liberté d’action
- Une identité propre
- Le système d’alchimie, facile à prendre en mains
- Le nombre prodigieux de quêtes annexes
- La durée de vie importante

Les – :

- Trop de loot
- Des quêtes trop similaires
- Des textures trop pauvres
- Des décors trop vides
- Une bande-son répétitive

Conclusion

Atelier Firis : The Alchemist and the Mysterious Journey est bon titre mais s’adresse à un public très ciblé composé de fans de J-RPG et surtout d’adeptes de la série des “Atelier”. Et puis, ce soft met en avant des qualités indéniables à l’image de son monde ouvert qu’il est possible de parcourir dès la fin de l’introduction et des mécanismes d’alchimie assez simples à intégrer. Cependant, lors de son voyage, Firis devra affronter des monstres lors de combats trop classiques et pourra effectuer des quêtes secondaires qui manquent cruellement d’intérêt, le tout dans des décors moyens et avec une bande-son répétitive. Les bonnes idées sont donc là mais quelques défauts majeurs entachent malheureusement le périple de l’héroïne. Cependant, pour ceux qui sauront faire abstraction de ces carences, nul doute qu’ils se régaleront avec ce titre qui repose sur le savoir-faire de la franchise.

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