Netflix compte sur l’Europe pour continuer à s’accroître

Par posté le 3 mars 2017

Produire des séries dans plusieurs pays d’Europe et les exporter ensuite à travers le monde. Voici la méthode choisie par Netflix pour enrichir son catalogue de contenus originaux et poursuivre son essor mondial. Forte de ses 93 millions d’abonnés à travers la planète, la plateforme espère ainsi passer rapidement le cap des 100 millions.

Crédit photo : AFP

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Mercredi 1er mars, Netflix conviait la presse européenne à Berlin pour détailler sa stratégie sur l’ancien continent. Depuis 2012, le groupe a investi en Europe 1,75md$ dans des productions et co-productions originales ou des achats de droits. Actuellement, plus de 90 productions originales sont en cours, à différents stades de développement. Le service est disponible en 13 langues et ajoutera même le roumain et le grec cette année.

Pour les abonnés, cela se traduit par l’arrivée de trois nouvelles séries, développées dans des pays européens différents. A l’image du Royaume-Uni qui possède “The Crown” et de la France avec “Marseille”, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne auront leur propre contenu original : “Dark”, prévu pour cet hiver”, “Suburra” et “Las Chicas del Cable”, disponible le 28 avril.

“Quand nous produisons un contenu européen, il ne trouve pas seulement une audience importante en Europe. Plus des deux tiers des visionnages se font en dehors : en Amérique du Nord, en Amérique latine et en Asie”, a expliqué Reed Hastings, le PDG de Netflix à Berlin, qui souhaite faire “tomber les barrières de la langue et du pays” rappelant qu’en matière de séries “seuls le talent et les histoires comptent”.

“Netflix doit rester très flexible”

“Et ce n’est que le début”, précise-t-il. Netflix a déjà lancé la production de trois autres séries, “Troy : Fall of a City”, “Black Earth Rising”, avec l’appui de la BBC, et “The Spy” avec Canal+.

Et dans 10 ou 20 ans, qu’adviendra-t-il du service? “Nous n’avons pas de vision à long terme. On doit rester très flexible afin d’ajuster le tir au fur à et à mesure. Oui, à un certain niveau, nous savons que nous voulons grossir à travers le monde et élargir notre base d’abonnés mais pour l’instant on essaye d’en connaître davantage sur chaque pays, de trouver ce qui plaît. Les choses changent tellement vite”.

Ce qui n’empêche pas Netflix de prendre certains risques. “Il est nécessaire d’essayer des choses que personne n’a tenté auparavant, comme par exemple la série à venir ’13 Reasons Why’ qui évoque le suicide d’une adolescente. Si vous regardez bien, la plupart des compagnies échouent à cause de leur prudence et non de leurs prises de risques. Mais notre but n’est pas de changer la société, nous nous contentons de divertir les gens”.

L’exception culturelle française

La France, qui peut paraître comme un pays difficile pour Netflix compte tenu de la chronologie des médias, ne semble pas repousser l’Américain. “La France est un marché charmant qui est devenu pour nous très solide. Les Français adorent les films et les séries et internet fonctionne très bien. La seule chose inhabituelle pour nous c’est la chronologie des médias. Nous avons par exemples distribué le film “Divines” partout dans le monde, sauf en France”, a expliqué Reed Hastings à quelques journalistes.

Et malgré les critiques divisées sur “Marseille”, première série originale hexagonale de Netflix, une deuxième saison a été commandée et partira en tournage le 18 avril. “Oui ‘Marseille’ est exagérée et très théâtrale mais un grand nombre de personnes a regardé et a aimé. Nous ne pouvons pas recevoir de bonnes critiques à tous les coups”, s’est défendu Reed Hastings.

A la question de savoir quelle série fonctionne en France, le PDG évoque “Stranger Things”. “Tout le monde ne semblait parler que de ça l’été dernier”.

AFP

Actif dans les rubriques Eco et Lifestyle du journal, j’ai rejoint Le Soir il y a trois ans pour une formidable aventure numérique. Globe-trotter passionné de photographie, je m’intéresse à tout ce qui touche aux nouvelles-technologies. Twitter : @etiennefroment

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