Test – For Honor : Ubisoft au pays des chevaliers, des samouraïs et des vikings

Par posté le 17 février 2017

Après Steep et ses monts enneigés, Ubisoft lance une autre nouvelle licence au très gros potentiel.

for honor

Ubisoft tient à diversifier ses productions. Avec Steep, et maintenant For Honor, le catalogue de l’éditeur s’enrichit de nouvelles franchises à très fort potentiel. Dans For Honor, le joueur côtoie trois factions – les chevaliers, les samouraïs et les vikings – et doit affronter les factions adverses dans des duels épiques entre groupes de belligérants. L’idée est originale, même si d’autres l’avaient fait avant Ubisoft (Chivalry Medieval, pour ne citer que lui) et envoie donc les gamers dans trois contrées distinctes fin de tuer leurs adversaires. Précisons que For Honor est disponible depuis le 14 février sur Xbox One, PS4 et PC.

Un solo en guise de tutoriel

Si le mode histoire n’est clairement pas l’argument de vente de ce titre, il est conseillé à tous les joueurs de passer par cette étape, ne serait-ce que pour apprendre les rudiments du métier. Durant les premières minutes de la campagne, le joueur devra étudier le maniement d’une arme et apprendre à se défendre vis-à-vis des coups portés par les ennemis.

La campagne solo reste toutefois assez rudimentaire. En quelques mots, alors que toutes les factions sont moins rompues à l’art de la guerre qu’auparavant, l’Obsidienne, une armée menée par la mystérieuse Apollion, choisit ce moment pour s’imposer sur les terres de ses ennemis. Si la mise en scène et la narration, hormis quelques doublages français, sont de qualité, n’y cherchez pas un scénario abouti constitué de multiples retournements de situations. Il fallait un motif pour se battre et Ubisoft a choisi celui-là. Le joueur évoluera dès lors dans des champs de batailles très vivants. Entre châteaux forts, villages vikings ou temples orientaux, le dépaysement est total. Evidemment, la plupart des panoramas qui s’offrent à vos yeux n’en seront plus après le passage des troupes. Ils laissent la place à des maisons incendiées, des sols jonchés de cadavres, des temples détruits… Détruits ou pas, les places fortes à assiéger sont très belles et cela grâce à un level design très travaillé et les animations de qualité rendent l’ensemble encore plus immersif. En fait, seuls quelques détails (barbes, portes, etc.) manquent de finesse et donc, de réalisme.

for honor 2

Dans cet univers moyenâgeux, je joueur devra affronter des combattants rudimentaires qui tomberont au moindre coup, à l’image des “ennemis de base” d’un beat’em all. Mais au milieu de cette masse de guerriers se trouvent des adversaires bien plus entraînés. Ceux-ci demanderont une connaissance minutieuse des mécaniques de jeu qu’il sera possible d’intégrer durant la petite dizaine d’heures qui compose le solo.

D’ailleurs, celles-ci sont bien huilées et pousseront les gamers en recherche de challenges à se perfectionner. Cependant, les néophytes seront également aux anges tant le jeu réussit à satisfaire les deux catégories de joueurs. Les bases du maniement d’armes sont très simples : il suffit de pencher le joystick dans la direction du coup porté par l’ennemi pour le contrer et l’incliner dans une direction où ce même ennemi ne se protège pas pour le toucher.

Il est aussi possible de briser la garde de l’adversaire, d’esquiver et d’enchaîner quelques combos. Le tout rappelle d’ailleurs un peu Mount & Blade . Tout comme dans la production de TaleWorlds Entertainment, le timing est aussi la clé d’une victoire. Dans cet ordre d’idées, le combattant devra frapper au bon moment, choisir s’il décide d’enfoncer la garde de son adversaire via un coup d’épaule par exemple ou d’asséner une attaque faible ou plus forte. Ces choix sont cruciaux si l’on ne veut pas voir son personnage se faire contrer et/ou tuer.

De plus, d’autres bonnes idées viennent enrichir le gameplay. A l’image d’une jauge d’endurance qui ne devra pas se retrouver à sec au risque de voir son guerrier incapable d’esquiver le moindre coup et une jauge de vengeance, qui lorsqu’elle est à son maximum, permet au joueur de ne plus s’inquiéter de sa vie et de son endurance.

Autrement dit, Ubisoft gratifie le joueur qui saura réfléchir et prendre son temps, d’un gameplay profond et travaillé. Et maîtriser ces fondamentaux permettra d’aborder le mode multijoueur de la meilleure des manières.

For Honor, un jeu taillé pour le multijoueur

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Si le gameplay est l’argument de vente de ce jeu d’action, c’est à travers le mode multijoueur qu’il prend tout son sens. Pour commencer, le joueur atterrira sur une carte divisée entre les trois factions. Celle-ci évolue en fonction des victoires de chaque camp. Après avoir choisi son clan, le joueur devra opter pour un guerrier parmi les 4 classes de héros propres à chaque faction, soit 12 au total. Un bon point car les différences ne sont pas uniquement d’ordre esthétique : chacun des personnages possède sa propre façon de se mouvoir. Prendre un héros massif à l’image du Shoguki, c’est l’assurance d’effectuer des coups puissants au détriment d’une mobilité fluide. A l’inverse, le Nobushi est passé maître dans l’art d’asséner des coups rapides mais sa défense laisse à désirer.

Ensuite, ce sont quatre modes de jeu qui se présentent au joueur : les duels (1 contre 1), les rixes (2 contre 2), les matchs à mort (4 contre 4) ou encore le mode dominion (4 contre 4 avec des objectifs à atteindre). Sans oublier les contrats que le joueur peut choisir de remplir afin de gagner encore plus de récompenses.

D’un autre côté, si vous espériez pouvoir inscrire votre nom au palmarès de gigantesques batailles, ce ne sera pas le cas, Ubisoft limitant à quatre par équipe le nombre maximum de joueurs. Mais cela n’enlève rien au mode online qui s’avère des plus plaisants.

Pour en revenir aux modes de jeu, le plus abouti reste le “dominion” où il faudra capturer des zones tout en tuant les quatre joueurs de l’équipe adverse. Pour ce faire, on se retrouve sur des cartes de taille moyenne mais qui suffisent largement à l’accomplissement des objectifs demandés. On assiste donc à des situations où les moins aguerris pourront se contenter de s’emparer de zones délaissées par les autres joueurs pendant que les plus expérimentés se battront entre eux. Les joutes sont intenses et assez tactiques : il faudra se coordonner avec ses équipiers afin de ne pas se retrouver seul face à plusieurs adversaires. La stratégie est donc primordiale et se rassembler permettra d’accroître ses chances de victoires.

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Cependant, l’issue d’un combat n’est jamais aisée à deviner en raison de la présence d’une jauge de vengeance qui permet de retourner certaines situations improbables. Les vainqueurs de ces affrontements empocheront évidement leurs lots d’EXP et d’argent. On regrette tout de même la présence d’une boutique en ligne qui propose des prix assez élevés, et ce même si l’achat n’est pas obligatoire pour devenir un féroce guerrier.

Aussi, le multijoueur souffre encore de quelques lags et surtout de déconnexions. Espérons qu’Ubisoft améliore cet état de fait au risque de voir de nombreux joueurs perdre leur patience.

Exceptés ces quelques défauts, For Honor reste un bon jeu multijoueur qui ravira les férus de jeux d’action à la recherche de dépaysement et de combats à l’épée. Apprendre à manier son personnage prendra du temps mais les gains d’EXP, d’argent… pousseront les amateurs du genre à améliorer leur style encore et encore.

Les + :

- Un gameplay ficelé
- Le level design réussi
- Le nombre de de héros disponibles en multijoueur
- La mise en scène et les animations réussies
- Un multijoueur très prenant, surtout pour son mode dominion

Les – :

- Un solo avec un scénario ridicule
- Répétitif ?
- Une VF pas toujours au top
- Des détails graphiques
- Les déconnexions en multijoueur
- Des corps qui disparaissent
- La boutique en ligne

Conclusion

For Honor instaure, à l’instar de Steep, un vent de fraîcheur dans le catalogue d’Ubisoft. Le jeu est adapté aux gamers avertis comme aux néophytes : ces derniers pourront très vite entrer dans le vif du sujet alors que les plus expérimentés auront l’opportunité de perfectionner leur style au fur et à mesure des joutes. Et si les quelques heures qui constituent le solo servent principalement de tutoriel, c’est bel et bien en multijoueur que For Honor met en avant toutes ses qualités. Contrer un adversaire, frapper au bon moment et bousculer un ennemi pour briser sa garde ne sont que quelques-unes des possibilités qu’il faudra apprendre pour s’octroyer la victoire sur le champ de bataille. Sans oublier que le mélange des trois factions distinctes (samouraïs, chevaliers et vikings) ne choque jamais et s’inscrit parfaitement dans l’univers dépeint. Au final, si on excepte les déconnexions régulières et son solo trop court, For Honor est un jeu de niche qui devrait contenter l’ensemble de ses possesseurs pour autant qu’ils ne soient pas rebutés par le côté répétitif propre au titre.

Journaliste @Geeko, @BelgiumiPhone.
Twitter : @RmiLach

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