Pourquoi Google se lance dans la guerre des smartphones

Par posté le 5 octobre 2016

Google présentait hier son premier smartphone, le Pixel. Le groupe américain, qui se contentait de fournir un système d’exploitation aux fabricants de smartphones, part aujourd’hui à la conquête d’un marché déjà saturé par ses concurrents. Un timing imparfait, que Google justifie par sa volonté d’affirmer sa présence sur le marché. Explications.

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Un projet commun : développer la présence de Google dans le commerce

Lors de sa keynote, Google a très clairement montré sa volonté de devenir un acteur incontournable dans l’univers du mobile. L’entreprise californienne ne veut plus seulement être considérée comme un moteur de recherche mais devenir une multinationale qui dispose d’une présence sur de nombreux secteurs. C’est la raison pour laquelle Google est officiellement devenu Alphabet il y a quelques mois. C’est également la raison pour laquelle Google utilisait hier le hashtag #madebyGoogle pour faire parler de lui sur les réseaux sociaux. Le mot d’ordre est simple : Google est présent sur votre ordinateur, votre smartphone, mais l’entreprise fabrique désormais aussi une vaste panoplie d’objets, du smartphone au routeur, en passant par l’assistant virtuel et l’ordinateur portable.

Une vision commune pour tous les projets hardware

Jusqu’à présent, l’entreprise avait tendance à lancer de nombreux projets sans vraiment prendre la peine de créer un pont entre ces produits. Du Chromecast aux Google Glass, en passant par le Google Cardboard ou son Chromebook, le géant du web partait dans toutes les directions, sans coordonner ses efforts. Si certains de ses projets ont remporté un franc succès – le Cardboard et le Chromecast se sont vendus par dizaines de millions d’unités -, la vaste majorité des produits se sont très mal vendus et ont été retirés du marché quelques mois après leur commercialisation, et parfois même avant – oserions-nous rappeler le fiasco des Google Glass?-. En adoptant une vision commune pour tous ses projets hardware, Google espère donner à ses produits une plus grande longévité tout en s’assurant que chacun de ses projets s’inscrivent dans la stratégie générale du groupe.

Un chef de chantier pour mener la division hardware

Ces changements au sein de la stratégie du groupe sont liés à l’arrivée de Rick Osterloh à la direction de la division hardware. Cet ex-employé de Motorola dispose d’une solide expérience dans le domaine et en fait aujourd’hui profiter la multinationale. Pour Rick Osterloh, il ne s’agit plus seulement de lancer des produits originaux ou amusants sur le marché, mais de développer une image de marque, qui survivra durant des générations.

Une stratégie sur le long terme

Google ne jugera pas du succès de son Pixel sur les chiffres de ventes uniquement. L’entreprise assure que les parts de marché n’ont pour elle aucune importance. Ce qui compte aujourd’hui, c’est que la satisfaction des clients de Google atteigne un niveau élevé. Car Google le sait, se faire une place sur le marché des mobiles ne sera pas une mince affaire. Le groupe informatique doit progresser timidement, en fidélisant sa clientèle.

Un smartphone entièrement imaginé par Google

S’il est assemblé dans les usines de HTC, le smartphone de Google a été entièrement imaginé et conçu par des ingénieurs de l’entreprise californienne. Une démarche radicalement différente de celle qui était employée du temps des smartphones Nexus. De ce fait, les smartphones Nexus étaient le fruit d’une collaboration entre des fabricants de smartphones et Google. Le géant du web communiquait à ses partenaires quelques exigences et collaborait sur les projets, sans toutefois prendre le lead sur ses partenaires. Avec son Pixel, Google est désormais seul maître à bord, et cette stratégie lui permet d’explorer de nouveaux univers.

Un réseau de distribution encore limité

Et en l’occurrence, ses partenariats avec les opérateurs locaux. Car si les smartphones Nexus étaient imaginés en partie par Google, c’était les partenaires de Google qui se chargeaient de les commercialiser. Avec son Pixel, Google a dû réaliser des efforts considérables pour tenter de collaborer avec des opérateurs locaux. Si son premier essai est couronné de succès – Verizon se chargera notamment de la distribution du Pixel aux Etats-Unis –, le géant du web ne dispose pas encore d’un aussi vaste réseau de distribution que son rival Apple. Raison pour laquelle son Pixel ne sera disponible que dans cinq pays au moment de sa commercialisation.

La mise en avant des services

Autre enjeu important du Pixel, et des autres services du groupe, Google souhaite utiliser ses produits comme un cheval de Troie pour ses services. Avec son Pixel, il fidélisera ses clients à son service Google Photos, avec Google Home, il donnera finalement un foyer à son Assistant, et avec son nouveau Chromecast, il lancera une nouvelle section au sein de sa boutique Google Store, entièrement dédiée au contenu 4K.

Actif dans les rubriques Eco et Lifestyle du journal, j’ai rejoint Le Soir il y a six ans pour une formidable aventure numérique. Globe-trotter passionné de photographie, je m’intéresse à tout ce qui touche aux nouvelles-technologies. Twitter : @etiennefroment

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Un commentaire

  1. Ano

    5 octobre 2016 at 18 h 03 min

    Pourquoi ne pas donner la liste des pays?

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