L’Europe pourrait interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans

Par posté le 15 décembre 2015

Un projet de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux jeunes de moins de 16 ans a créé une véritable levée de boucliers de la part des spécialistes, qui voient en cette nouvelle législation un véritable danger pour la liberté d’expression et l’épanouissement des plus jeunes.

Crédit photo : AFP

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La législation européenne sur la protection des données pourrait bientôt évoluer à cause d’un projet de loi déposé par un groupe d’eurodéputés, qui souhaitent interdire l’utilisation des réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Se basant sur le modèle américain, le projet de loi européen pourrait empêcher tous les jeunes de moins de 16 ans d’accéder à Facebook ou Twitter sans le consentement de leurs parents. Avec ce projet, une partie des eurodéputés souhaiteraient réduire l’exposition des plus jeunes au harcèlement en ligne, à la pédophilie et à la radicalisation.

Comme le rappellent plusieurs spécialistes, Internet joue aujourd’hui un rôle fondamental dans la vie des jeunes et supprimer l’accès à Facebook ou Twitter pourrait avoir des conséquences désastreuses sur leur épanouissement. D’une part parce que beaucoup d’adolescents utilisent les réseaux sociaux pour exprimer leur opinion ou faire part d’un profond mal-être qui passerait totalement inaperçu s’il n’était pas exprimé par écrit. D’autre part parce que leur interdire l’accès à Facebook ne ferait que les encourager à créer un faux-compte et favoriserait ceux qui peuvent recevoir le consentement de leurs parents.

Dans une lettre ouverte au législateur européen, plusieurs organisations dénoncent ouvertement un projet de loi “dangereux”, qui pourrait “coûter des vies”. Car si la plupart d’entre nous voient Facebook comme un simple lieu de divertissement, le réseau social est un véritable outil de travail pour de nombreuses associations venant en aide aux drogués, aux alcooliques et aux jeunes présentant des risques de suicide. La plate-forme permet en effet un contact beaucoup plus discret et nécessitant moins d’engagement qu’un numéro vert. A cela s’ajoute bien sûr la liberté d’expression ou encore le droit à l’information, deux concepts qui sont aujourd’hui très bien intégrés par les adolescents.

Pour Janice Richardson, l’ancienne coordinatrice du réseau European Safer Internet, “les négociateurs doivent rouvrir le débat pour permettre aux organisations parentales, éducateurs et aux jeunes d’y participer.” Une autre solution consisterait à maintenir la limite d’âge à 13 ans, comme c’est actuellement le cas au sein de l’Union Européenne.

Quoi qu’il en soit, le débat promet d’être houleux au cours des prochains mois…

Actif dans les rubriques Eco et Lifestyle du journal, j’ai rejoint Le Soir il y a trois ans pour une formidable aventure numérique. Globe-trotter passionné de photographie, je m’intéresse à tout ce qui touche aux nouvelles-technologies. Twitter : @etiennefroment

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