Test – Surface Pro 4, l’hybride parfait

Par posté le 30 novembre 2015

Principale rivale du MacBook Air d’Apple, la Surface Pro de Microsoft a gagné au fil des années une certaine notoriété auprès des professionnels pour ses performances étincelantes qui en font une réelle alternative aux ordinateurs portables. Après avoir entièrement revu le design de son modèle en 2014, Microsoft offre un nouveau lifting à sa tablette hybride…

Avec ou sans sa housse, la Surface Pro 4 a fière allure - Crédit photo : E.F.

Avec ou sans sa housse, la Surface Pro 4 a fière allure – Crédit photo : E.F.

Une évolution timide

Si vous avez déjà pris en main une Surface Pro, vous avez sans doute remarqué que la tablette de Microsoft est une machine qui s’adapte facilement aux besoins de son propriétaire. La housse-clavier qui l’accompagne – mais qui est vendue séparément -, en fait un outil d’une efficacité redoutable pour les professionnels. Se pied, qui est intégré au châssis, lui permet de rester stable une fois posée sur une surface plane, selon l’inclinaison de son choix. Niveau hardware, elle se rapproche également davantage d’un MacBook Air que d’une tablette traditionnelle. Son processeur ultra-puissant lui permet d’ailleurs de faire tourner des logiciels et jeux exigeant de fortes ressources.

Depuis la première version de son hybride, Microsoft n’a cessé d’améliorer son modèle de “tablette convertible”, avec un véritable bond générationnel enregistré du passage de la Surface Pro 2 à la Surface Pro 3. Microsoft ne s’était pas contenté de modifier tous les composants de sa tablette, mais avait également revu son design et surtout sa taille d’écran, qui passait du format 10″ au 12″. Avec la Surface Pro 4, l’évolution est plus timide puisque Microsoft n’a pratiquement pas touché à l’esthétique de sa tablette. Pour ce qui est du hardware en revanche, la Surface Pro 4 s’offre une véritable cure de jouvence.

Au niveau de l’écran tout d’abord, on remarque que si la Surface Pro 4 est de taille identique à son ainée, son écran couvre une partie plus importante de la face avant de la tablette, pour atteindre une dimension de 12,3 pouces – contre 12 pour la Pro 3 -. La définition de l’écran bénéficie passe également de 2160×1440 à 2736×1820, ce qui devrait en toute logique réjouir photographes et professionnels du design. Globalement, on peut dire sans se tromper que la Surface Pro 4 est l’une des machines les mieux équipées – si pas la mieux équipée – au niveau de l’écran, qui affiche une densité de pixels exceptionnellement haute pour un modèle 12″ et supplante littéralement le MacBook Air d’Apple en qualité d’image.

L’habillage de la tablette bien sûr reste très luxueux, avec un boitier en aluminium très élégant, une taille de guêpe, et une qualité de fabrication étonnante, même pour un modèle haut de gamme. Le seul reproche qu’on lui fera à ce niveau concerne le positionnement des boutons. Le bouton d’allumage et celui de contrôle du volume se retrouvent en effet côte à côte, sur la tranche supérieure de l’écran, ce qui est assez inhabituel. Certes, il s’agit là d’un détail, mais au quotidien, ce positionnement douteux peut très vite rendre l’utilisation de votre Surface Pro 4 pénible si vous confondez sans cesse les deux boutons…

Le positionnement des boutons est le seul vrai défaut constaté - crédit photo: E.F.

Le positionnement des boutons est le seul vrai défaut constaté – crédit photo: E.F.

Un monstre de puissance

Niveau performances en revanche, Microsoft réalise un sans faute grâce aux nouveaux processeurs d’Intel, utilisant l’architecture « Skylake », qui permet un bond des performances 3D de 81% et réduit considérablement la température de la machine. La Surface Pro 4 est non seulement la tablette la plus puissante du marché, mais elle est en outre la seule à pouvoir faire tourner sans difficulté des jeux exigeant de fortes ressources comme Crysis 3 ou Assassin’s Creed : Black Flag.

Lors du choix de votre machine, notez cependant qu’il est préférable de ne pas opter pour le modèle d’entrée de gamme (proposé à 999€), et de lui préférer un modèle équipé d’un processeur i5. Si Microsoft a abandonné le processeur i3 pour équiper sa tablette d’un nouveau processeur M3 plus puissant, les modèles équipés d’un processeur i5 ou i7 demeurent nettement plus performants que le modèle standard, qui risque de vite montrer des signes de fatigue en multitâche ou pour les utilisations plus lourdes comme le traitement d’images ou l’édition vidéo. Dans le même ordre d’idée, mieux vaut opter pour un modèle doté de 8Go de RAM et 128 ou 256 Go d’espace de stockage pour une utilisation plus confortable. On notera cependant que la facture a tendance à grimper rapidement une fois toutes les options cochées. Un modèle i5 avec 8 Go de RAM (celui que nous conseillerions par défaut) est ainsi facturé au prix de… 1449€. Pour le modèle le plus puissant, il faudra débourser jusqu’à 2499€… Montant auquel s’ajoute l’achat éventuel du clavier-housse – facturé 149€ ! Bref, autant dire que si la Surface Pro 4 est une machine sacrément puissante, qui n’a rien à envier au MacBook Air – au contraire même, puisque Microsoft affirme qu’elle est 50% plus puissante que l’ordinateur portable d’Apple! -, son prix très élevé en fait un accessoire qui se destine presqu’exclusivement aux professionnels.

On notera par ailleurs que si les prix ont augmenté de manière exponentielle ces dernières années, les versions les plus basiques embarquent désormais 128 Go d’espace de stockage – contre seulement 16 pour la Surface Pro de première génération. Une très nette évolution qui justifie en partie l’énorme différence de prix entre les différentes générations de Surface Pro.

La housse-clavier a été entièrement repensée - crédit photo : E.F.

La housse-clavier a été entièrement repensée – crédit photo : E.F.

Au niveau de la connectique en revanche, le constat est très décevant. Microsoft se contente du minimum syndical avec un port USB de type 3.0, un connecteur DisplayPort et un port pour cartes SD, et contraint les acheteurs de sa tablette à investir dans des accessoires coûteux pour doubler voire tripler la connectique de sa tablette. Contrairement à ce que l’on aurait pu espérer, Microsoft délaisse également le port USB de type-C, qui aurait pu être utilisé pour charger la tablette, pour un système propriétaire certes très rapide – mais coûteux à remplacer en cas de pépin. En revanche, on remarquera que le nouveau clavier de la machine et le stylet qui accompagne la Surface Pro 4 ont subi quelques jolies améliorations, tant d’un point de vue purement esthétique que pratique. Au niveau du Surface Pen, on note par exemple l’intégration de nouvelles commandes au niveau du bouton qui fait également office de gamme. Un simple clic permet d’ouvrir instantanément l’application Onenote pour démarrer la prise de notes. Un double click enclenche la capture d’un screenshot, tandis qu’une pression longue active l’assistant Cortana. Pour ce qui est du clavier, on remarque que les touches sont sensiblement plus petites et mieux espacées, et que globalement, le layout est bien meilleur puisque Microsoft a pris soin de revoir le positionnement des boutons sur sa housse-clavier rétroéclairée. Plus grand, le trackpad de la Surface Pro 4 permet également d’être plus précis dans ses déplacements.

Pour le reste, le constat reste globalement identique puisque l’autonomie ne progresse pratiquement pas, que la webcam frontale reste inchangée, et que Microsoft s’est contenté d’un léger upgrade de l’APN dorsal, qui passe d’une résolution de 5 à 8 mégapixels. Bref, du polissage qui permet de rendre une copie cette fois presque parfaite d’une tablette hybride qui n’a décidément plus rien à envier aux ordinateurs portables de luxe…

Conclusion

Avec la Surface Pro 4, Microsoft se rapproche davantage encore de la perfection et nous livre un hybride aux performances époustouflantes. Plus puissant qu’un MacBook Air, la tablette 12″ de Microsoft est un formidable outil de travail qui s’adapte parfaitement aux besoins de l’utilisateur. Son prix très élevé en fait néanmoins un outil de travail coûteux, qui séduira principalement les professionnels de l’image, du graphisme et les enseignants.

Actif dans les rubriques Eco et Lifestyle du journal, j’ai rejoint Le Soir il y a trois ans pour une formidable aventure numérique. Globe-trotter passionné de photographie, je m’intéresse à tout ce qui touche aux nouvelles-technologies. Twitter : @etiennefroment

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