Test : Xperia Z5, handicapé par un mauvais positionnement des boutons

Par posté le 26 octobre 2015

Si Sony a connu un très gros retour de manivelle ces deux dernières années, la marque nippone continue d’investir des montants considérables pour rendre son activité mobile à nouveau florissante. En Belgique, Sony Mobile jouit d’ailleurs toujours d’une excellente réputation auprès des consommateurs. Depuis la sortie du Xperia Z3+, la situation tend néanmoins à se dégrader…

L'interface très sobre du Z5 reste l'un des gros atouts de Sony - crédit photo : E.F.

L’interface très sobre du Z5 reste l’un des gros atouts de Sony – crédit photo : E.F.

Victime d’un processeur qui avait tendance à chauffer un peu trop et de performances au rabais, le Xperia Z3+ n’était pas franchement ce qu’on pourrait appeler le digne successeur du Xperia Z3. Dès lors, on aurait pu penser que Sony mettrait les petits plats dans les grands pour la sortie du Xperia Z5 en Europe. Paradoxalement, le fiasco du Z3+ a pourtant eu l’effet inverse sur la stratégie du groupe nippon, qui s’est empressé de lancer son successeur pour éviter sans doute une trop grande déconvenue lors de la présentation des résultats trimestriels en fin d’année… Une vision à court terme qui pourrait bien porter préjudice au géant nippon. Car si les smartphones Xperia étaient par le passé reconnus pour leurs excellentes performances et l’innovation dont Sony pouvait faire preuve, le Z5 est tout l’inverse de ses illustres prédécesseurs. Vendu au prix plein, le flagship de Sony affiche des performances dignes d’un smartphone haut de gamme vieux de six mois, ou plus. Si le résultat n’est pas pour autant catastrophique, on est loin d’avoir droit à un modèle à la pointe de la technologie… Par exemple, Sony s’est contenté d’un port USB standard, plutôt que du nouveau port USB de type-C, que l’on retrouve notamment sur les flagships de OnePlus, d’Acer, de Huawei et de Microsoft. Certes, il s’agit là d’un détail sans grande importance pour la plupart des consommateurs, mais un détail qui tend à démontrer que sur le plan technique, le Z5 n’a rien de plus à faire valoir qu’un smartphone haut de gamme sorti il y a six mois.

Niveau performances, le Z5 est néanmoins loin d’être grandement désavantagé par rapport à la concurrence. Sa diagonale de 5,2″ en fait un smartphone à dimension “humaine”, avec un joli écran Full HD qui affiche une densité de 423 pixels. Son processeur SnapDragon 810 fait également du très bon boulot, même s’il a toujours tendance à chauffer un peu trop par rapport à la moyenne. Tant en matière de gaming que de navigation, le Z5 demeure une valeur sûre. La vraie bonne surprise vient néanmoins de l’appareil photo de 23 mégapixels du Z5, qui s’en sort très bien dans des environnements lumineux comme dans des environnements mal éclairés. Certes, il y a encore quelques petits efforts à faire, notamment au niveau de la saturation et de l’autofocus, mais globalement, le Z5 atteint un très haut niveau et s’impose même comme l’un des meilleurs photophones du moment. Très réactif, l’appareil photo du smartphone déclenche au quart de tour grâce à un bouton judicieusement placé sur la tranche du smartphone. Il s’en sort également très bien en vidéo avec des performances identiques au S6 et au G4 pour le 4K. Enfin, pour ce qui est de l’autoportrait, le Z5 réalise un véritable sans faute avec un capteur lumineux, très fluide, et idéal pour les selfies, qui est capable de capturer des photos aux couleurs chatoyantes idéales pour égailler votre mur sur Facebook… Les seuls terminaux capables de rivaliser avec lui à ce niveau sont le Galaxy S6 de Samsung et les derniers modèles haut de gamme de Huawei.

Paradoxalement, si le Z5 s’en sort très bien au niveau de la photo, Sony a choisi de retourner sa veste sur certaines caractéristiques du Z3. Les habitués de la marque nippone auront ainsi tôt fait de remarquer l’étrange politique du groupe pour ce qui est de la communication au sujet de l’étanchéité du flagship, qui n’est désormais plus du tout mise en avant par le constructeur. Officiellement, le Z5 n’a pas été conçu pour explorer les fonds marins, s’adonner à la photographie aquatique ni même survivre à des chûtes dans l’eau. Si le smartphone de Sony est censé résister aux éclaboussures ou aux courtes immersions, Sony donne toute une série de recommandations sur la manière d’utiliser le smartphone qui n’a visiblement pas été conçu de la même manière que ses prédécesseurs. En d’autres termes, il vaut mieux ne pas trop tenter le diable, ni s’amuser à tester la résistance du flagship. Dans un autre registre, on remarquera que l’autonomie du Z5 est également en très net retrait puisque celle-ci dépasse aujourd’hui difficilement une journée en pleine utilisation. Si l’autonomie du Z5 reste supérieure à la moyenne, le smartphone de Sony s’en sort nettement moins bien que son illustre prédécesseur, qui tenait facilement 3 à 5 heures de plus avec un seule charge.

Le boitier en métal du Z5 est absolument magnifique - crédit photo : E.F.

Le boitier en métal du Z5 est absolument magnifique – crédit photo : E.F.

Enfin, et c’est sans doute le plus gros défaut de ce Z5, le positionnement des boutons est loin de faire l’unanimité. Tout d’abord, parce que le bouton “on/off” est vraiment très difficile d’accès – il faut limite songer à orienter son doigt pour parvenir à l’actionner! Ensuite, parce que le bouton de contrôle du volume est lui aussi très mal placé, juste en-dessous du bouton on/off, sur la tranche de l’appareil. Autant dire qu’il s’agit là d’une position plutôt inhabituelle… Pour le reste, le boitier du Z5 est plutôt solide, mais relativement épais et pas forcément des plus légers. Visuellement, le résultat reste néanmoins très satisfaisant, avec un boitier en métal à la fois résistant et très agréable au toucher, qui témoigne d’une réelle expertise dans le domaine. Même constat pour ce qui est de l’interface du smartphone, qui reste très sobre tout en étant d’une rare efficacité. Légère, la surcouche de Sony reste l’un des plus gros arguments de vente du groupe nippon, malgré un manque flagrant de nouveautés.

Conclusion

Si le Xperia Z5 est incontestablement l’un des meilleurs photophones du moment, le smartphone de Sony est loin de faire l’unanimité pour ce qui est du reste. Au niveau des performances générales tout d’abord, on a l’impression de se retrouver avec un flagship du début de l’année et non pas avec un modèle de toute dernière génération. En ce qui concerne le design, Sony réalise aussi quelques gros impairs, avec un positionnement des boutons hasardeux et un boitier trop épais et beaucoup trop lourd. Enfin, les habitués de la marque constateront non sans une certaine déception que l’autonomie et l’étanchéité du flagship sont de nouveau mis au second plan. Si l’on est loin du désastre du Z3+, le constat est malheureusement loin de faire pencher la balance en faveur du Xperia Z5. A défaut d’être incontournable, le smartphone de Sony se classe donc comme une alternative intéressante au Galaxy S6 et au G4 de LG.

Actif dans les rubriques Eco et Lifestyle du journal, j’ai rejoint Le Soir il y a trois ans pour une formidable aventure numérique. Globe-trotter passionné de photographie, je m’intéresse à tout ce qui touche aux nouvelles-technologies. Twitter : @etiennefroment

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