Mundaneum à Mons : l’exposition “Mapping Knowledge” et de la datavisualisation par Technocité

Par posté le 3 juillet 2015

L’historique Mundaneum, souvent surnommé le “Google du papier”, vient tout juste de d’ouvrir à nouveau ses portes dans le cadre de Mons 2015. Pour cette ré-ouverture, une exposition spéciale y prend place : “Mapping Knowledge“, dédiée aux nouveaux traitements des données, tournant principalement autour de la visualisation de ces données. Technocité, centre de compétence de la Région Wallonne, a réalisé une série de vidéo pour l’exposition, nous avons donc voulu en savoir plus en interrogeant Emilie Thiry, chargée de communication pour le Mundaneum !

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Commencerons par une présentation de vous et de l’équipe

Un petit mot de contexte pour commencer …

Le Mundaneum est un centre d’archives de la Fédération Wallonie-Bruxelles et un espace d’expositions temporaires. Il conserve et met en valeur le patrimoine laissé par Paul Otlet, le père de la documentation, et Henri La Fontaine, lauréat du Prix Nobel de la Paix en 1913. Leur but : le partage du savoir afin de promouvoir la paix universelle. Dès 1895, ces deux juristes bruxellois ont imaginé un système de fiches bibliographiques permettant de collecter, classer et retrouver l’information de toutes les œuvres publiées. Un moteur de recherche sur papier en quelque sorte. Outre ce Répertoire bibliographique universel, le Mundaneum conserve les archives personnelles mais aussi la documentation venant du monde entier, qu’ils ont collectée grâce à diverses organisations qu’ils avaient eux-mêmes créées : des milliers de journaux, de cartes postales, de plaques de verre (négatifs ou diapositives de projection), des affiches, … et des fonds spécialisés sur l’anarchisme, le féminisme et le pacifisme. Paul Otlet revient sur le devant de la scène depuis quelques années car il a imaginé dès les années 1930 les systèmes de télécommunications qui sont aujourd’hui familiers : vidéo-conférence, hypertexte, cross-média, conference call, liseuse sur écran, …

Je suis chargée de communication au Mundaneum depuis un peu plus d’un an. Avant cela, j’avais bien sûr étudié la communication, mais aussi suivi plusieurs formations à Technocité, qui m’aident dans mon métier de communicante : une formation en cadrage-montage, durant laquelle j’ai découvert le Mundaneum et son projet ; une formation en mind mapping ; et une formation en data visualisation, la même que les stagiaires de 2015. Quand nous avons eu l’idée de réaliser un teasing sur nos réseaux sociaux, j’ai tout de suite pensé à Technocité et à ses nouveaux stagiaires. Le timing était parfait et nous avons pu collaborer sur ce projet qui a dépassé de loin nos attentes.

Les stagiaires de Technocité pour la formation en data visualisation 2015 avaient différents parcours, certains avaient une expérience dans l’informatique et étaient en réorientation professionnelle, d’autres complétaient leur formation initiale en vidéo ou en graphisme. Leur point commun était leur motivation, ce qui est vraiment représentatif du soin que Technocité apporte à la sélection des stagiaires : pas seulement des gens qui ont des compétences ou du talent, mais surtout des gens qui veulent apprendre et évoluer.

 

Ensuite, pouvez-vous nous expliquer en quoi l’intervention de Technocité est essentielle dans le Mundaneum ?

Technocité est un partenaire local privilégié pour le Mundaneum. La sensibilisation à la transition digitale est l’un dans axes que le Mundaneum développe depuis plusieurs années, et nous rejoignons la philosophie de Technocité quant à l’importance d’y former tous les publics. Au Mundaneum, cela passe d’abord par l’éveil des jeunes à ces questions, et un partenariat pédagogique avec Technocité, autour d’activités destinées aux élèves du secondaire, commencera d’ailleurs dès la rentrée.

À l’occasion de la collaboration autour des clips sur le thème de Mapping Knowledge, nous savions que nous pouvions faire confiance à l’équipe de Technocité, en particulier Amélie Kestermans et le formateur Cédric Decamps, pour transmettre parfaitement nos objectifs aux stagiaires. L’expertise de Technocité dans les médias numériques a apporté un vrai plus à cette campagne, que nous relayons sur notre site web, sur nos réseaux sociaux, et dans la vidéo de présentation qui accueille les visiteurs au Mundaneum.

Quelles sont les compétences mobilisées chez Technocité pour réaliser ces vidéos ?

La majorité des stagiaires avait déjà une belle expérience en graphisme, en vidéo. Cela leur a permis de très vite entrer dans le vif de la formation, c’est-à-dire la data visualisation à l’aide d’un logiciel d’effets animés (Adobe After Effects s’il faut le nommer). Pendant trois semaines, l’équipe a traité les données qui leur avait été fournies pour en tirer des clips d’1’30 environ, de manière à les rendre compréhensibles pour le grand public. Ils ont appris l’importance d’un bon scénario et d’un storyboard, et ont pu expérimenter les possibilités offertes par le logiciel. Les résultats sont à l’image du groupe : variés et de très bonne qualité.

Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est l’exposition Mapping Knowledge ?

L’un des moyens explorés par les fondateurs du Mundaneum pour partager la connaissance était l’outil visuel : des atlas, des encyclopédies illustrées, des planches didactiques, et beaucoup de schémas que Paul Otlet utilisait pour coucher ses idées sur papier. L’exposition Mapping Knowledge remet leur travail en contexte, en dressant un panorama du partage graphique de l’information, depuis les cartographies antiques et les « arbres de la connaissance » médiévaux, jusqu’à aujourd’hui. En effet, l’explosion des données due à la transition numérique rend le sujet plus pertinent que jamais. L’expo montre de nombreuses cartes et infographies contemporaines, mais aussi des œuvres qui utilisent ces données comme source pour des créations purement artistiques : des clips vidéos, des installations, ou encore des objets du quotidien détournés. Comme toujours avec les expositions du Mundaneum, nous nous appuyons sur le passé et le patrimoine des fondateurs pour aider les visiteurs à mieux décoder notre société et le monde qui nous entoure.

On trouve différents sujets abordés dans vos vidéos (consommation d’eau, le sport, …) pourquoi ces choix ? Aviez-vous des contraintes particulières pour la réalisation de ces vidéos ?

Le choix des sujets a été posé par le Mundaneum, en tant que « client » fictif des stagiaires. Cela fait aussi partie de la formation. Une ligne « éditoriale » a guidé l’assemblage des données fournies aux stagiaires.

L’objectif dans la sélection de ces sujets était de montrer que les données aujourd’hui sont collectées et exploitables sur tous les sujets, même les plus quotidiens. Les actes que l’on pose en tant que citoyen ou consommateur ont un impact plus large qu’on ne le pense. Cet impact est maintenant plus facile à comprendre justement grâce à ces données collectées. Si on s’informe, qu’on y est conscientisés, il est plus facile de prendre des décision à l’avenir. C’est cela que les vidéos veulent montrer.

A.L.

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