Avec son casque Oculus, Facebook développe son propre univers

Par posté le 26 mars 2014

Hier soir, Facebook annonçait l’acquisition d’Oculus, une petite start-up qui développait un casque de réalité virtuelle pour gamers. Avec ce nouveau joker dans sa poche, Facebook tente très clairement de prendre le contrôle des opérations pour imposer sa vision du futur aux internautes…

© E.F.

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Si on explique facilement le rachat de WhatsApp et Instagram, deux acteurs du monde mobile, rares sont ceux à avoir compris les raisons qui ont poussé Facebook à acheter Oculus.

Il faut dire que de prime abord, tout sépare les deux entreprises. Pour quelles raisons Facebook, le réseau social numéro 1, le géant du Web et de la publicité, a-t-il dépensé 2 milliards de dollars pour acquérir une entreprise spécialisée dans la réalité virtuelle et les casques pour gamers?

Comme l’explique le grand patron d’Oculus, la réalité est à chercher ailleurs. Celui qui compara l’acquisition d’Oculus par Facebook avec celle d’Android par Google en 2005, a choisi son exemple avec brio pour illustrer l’ambition de Mark Zuckerberg. Avec Oculus, Facebook espère ni plus ni moins imposer sa propre vision du futur.

Pour expliquer ce pari audacieux, il faut retourner quelques années en arrière. A l’époque où l’ordinateur était encore au coeur des interactions sociales. Depuis, le mobile a progressivement remplacé ces grosses machines et s’est imposé comme un facteur déterminant pour Facebook. Ce n’est pas sans raison que Facebook a acquis WhatsApp et Instagram. Aujourd’hui, Facebook dispose d’un parc d’applications plutôt varié et domine le marché du mobile avec ces différentes applications. Certes, les deux entreprises lui ont coûté une petite fortune, mais sur le long terme, Facebook espère bien rentabiliser cet investissement.

Durant l’ère Windows, Facebook n’était qu’un acteur du Web parmi tant d’autres. Avec le mobile, la petite entreprise est parvenue à s’imposer comme un acteur majeur de l’industrie, et un rival potentiel pour Google et Microsoft. Avec Oculus, Facebook espère donc prendre une petite longueur d’avance sur ses concurrents, et surtout imposer sa propre vision du futur. Car si Sony a récemment présenté un casque de réalité virtuelle, le géant nippon n’a jusqu’à présent témoigné qu’un intérêt mesuré pour tout ce qui sort de l’univers gaming. Or, c’est précisément cette diversité que Facebook vise avec le casque Oculus.

Avec Oculus, Facebook espère changer la manière dont nous surfons. Nous proposer une porte d’entrée vers une sorte de gigantesque MMO (jeu massivement multijoueur) qui permettrait des interactions virtuelles avec d’autres utilisateurs et intégrerait des services tiers (applications, jeux). Une sorte d’univers parallèle qui serait la prochaine étape logique du développement du Web…

Pour comprendre ce rachat, il faut penser à l’acquisition d’Android par Google en 2005. A l’époque, ce rachat a confus beaucoup de monde. Facebook pense que la réalité virtuelle deviendra la prochaine plate-forme majeure, de la même manière que le mobile a remplacé l’ordinateur. Et ils veulent s’assurer d’avoir un pied dans le navire” explique Chris Dixon, l’un des principaux investisseurs d’Oculus.

Une ambition confirmée par Zuckerberg en personne. “Il n’y a pas beaucoup de compagnies qui créent des technologies qui pourraient représenter la prochaine plate-forme informatique, et Oculus est un véritable leader dans ce domaine.”

Comment, et surtout Quand Facebook décidera de faire le grand saut vers cet univers virtuel? La question reste pour le moment sans réponse, Oculus assurant que “rien ne devrait changer dans un futur proche”.

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Actif dans les rubriques Eco et Lifestyle du journal, j’ai rejoint Le Soir il y a trois ans pour une formidable aventure numérique. Globe-trotter passionné de photographie, je m’intéresse à tout ce qui touche aux nouvelles-technologies. Twitter : @etiennefroment

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