Le mouvement du « logiciel libre » pose ses valises à Bruxelles

Par posté le 1 juillet 2013

Les 14e rencontres du logiciel libre se tiendront à Bruxelles du 6 au 11 juillet. Un mouvement qui se sent renforcé par les récentes révélations sur l’espionnage de l’Internet.

200 conférences, 30 ateliers, 500 à 1000 personnes attendues, le tout avec un budget très resserré… Les 14e rencontres mondiales du logiciel libre (RMLL), qui s’installent cette année à Bruxelles (6-11 juillet), c’est d’abord un « projet fou ». Dont Nicolas Pettiaux est la cheville ouvrière : « Cela fait 15 ans que je fais partie de ce mouvement », confie-t-il. Alors, le logiciel libre, il pourrait en parler des heures. Mais quelques minutes suffisent pour comprendre que, selon lui, l’important dans l’expression « logiciel libre », c’est le mot liberté. “La clé c’est de rendre le contrôle de l’information aux utilisateurs”, résume Nicolas Pettiaux.

Ce que prônent ses adeptes tient en trois points : la liberté d’exécuter le programme, la liberté d’accéder au « code source » du logiciel pour l’étudier et le bidouiller et, enfin, la liberté de distribuer des copies de ce programme modifié par vos soins.

Une question d’éthique

Des aspirations qui heurtent de plein fouet les désirs des grandes entreprises de l’informatique. Microsoft, Adobe, Apple et tant d’autres n’ont pas l’intention de renoncer aux lois protectrices du copyright ou des brevets ; parce qu’elles protègent leur revenus. « C’est vrai que le travail doit être rémunéré », note M. Pettiaux. « Mais les modèles économiques, même difficiles à trouver, existent. »

Richard Stallman. Photo: xtof via Flickr

Richard Stallman. Photo: xtof via Flickr

Il en sera question, entre autres thèmes, des modèles économiques, lors des RMLL à Bruxelles. On parlera surtout éthique et protection des données. Ce dernier thème a fait un retour fracassant dans le débat, suite aux diverses révélations d’Edward Snowden sur les modalités d’espionnage (légales mais secrètes) des services secrets américains. On pourrait penser que le lien entre logiciels et Internet n’est pas évident. Et qu’un logiciel “libre” peut être intégré dans un Internet “surveillé”. Au contraire, pense Nicolas Pettiaux : “Les choses sont extrêmement liées“. Et il y va de son exemple : “Prenez Apple. Parce qu’il maîtrise le logiciel iTunes, Apple décide quelle bande-dessinée sera disponible ou pas sur iPad. Je pense ici à Largo Winch, qui a été banni des catalogues parce que jugé trop “olé olé” pour les américains“.

Silhouette hirsute et sympathique, discours un peu anarcho-libertaire :  le fondateur (gourou ?) du mouvement du logiciel libre, Richard Stallman, sera présent à Bruxelles. Lui aussi a vu ses convictions revigorées par l’affaire Prism. Alors qu’il vient d’entrer au “Internet Hall of Fame”, il a déclaré : “Maintenant que nous avons fait fonctionner Internet, la prochaine étape est de l’empêcher de devenir un support de surveillance massive, en le faisant fonctionner d’une manière où il n’enfreindra pas les droits fondamentaux, vie privée incluse“.

Louis Colart (St.)

Les rencontres mondiales du logiciel libre : du 6 au 11 juillet 2013. Le 9 juillet au Parlement européen (réservation obligatoire avant le 4 juillet). Les autres conférences ou tables rondes ont lieu principalement sur le campus de l’ULB.  La journée du lundi 8 est spécialement dédiée au grand public, non spécialiste de ces questions (“on n’est pas obligé d’être programmeur pour comprendre”, nous a-t-on dit). Le programme complet disponible ici.

Réagissez sur le forum.

Louis Colart (St.)

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6 Comments

  1. Olm-e

    1 juillet 2013 at 20 h 15 min

    il y a une notion qui est centrale : l’Internet et le logiciel libre ne sont qu’une et même choses, les 2 versants d’une même technologie. Sans logiciel libre, pas d’Internet, construit sur base de standards ouvert et d’interopérabilités (et voyez les chiffres concernant les serveurs p.ex.) et sans internet, pas de logiciel libre (qui se construit en réseau).
    Le grand public est berné par les grandes marques commerciales, qui elles aussi utilisent le logiciel libre aux coeurs de leur systèmes (google, facebook, mais aussi les autres… ) mais en détourne la plus-value en réduisant la liberté de leurs usagers.
    aussi :
    Richard Stallman n’est pas un gourou, mais un pitre bien aimable quand il joue à St-Ignucius … contrairement à Steve Jobs qui était à la tête d’une véritable secte (qui bizarrement s’étiole depuis sa disparition… )

  2. Dany L.

    1 juillet 2013 at 22 h 43 min

    “des grandes entreprises de l’informatique. Microsoft, Adobe, Apple et tant d’autres n’ont pas l’intention de renoncer aux lois protectrices du copyright”

    La GNU GPL, la Licence Publique Générale GNU (élaborée par Richard Stallman et Eben Moglen), à la base du software libre, repose essentiellement sur le copyright et le droit d’auteur …

    … mais l’entend autrement que les grandes entreprises de l’informatique privatrices de liberté.

  3. Dany L.

    1 juillet 2013 at 23 h 04 min

    “Ce que prônent ses adeptes tient en trois points :”
    Pas trois, mais QUATRE !

    La Licence publique générale GNU (« GPL ») est une licence qui fixe les conditions légales de distribution des logiciels libres.

    L’objectif de la licence GNU GPL est de garantir à l’utilisateur les droits suivants (appelés libertés) sur un programme informatique:
    1)La liberté d’exécuter le logiciel, pour n’importe quel usage
    2)La liberté d’étudier le fonctionnement d’un programme et de l’adapter à ses besoins, ce qui passe par l’accès aux codes sources (la “recette” du logiciel)
    3)La liberté de redistribuer des copies
    4)La liberté de faire bénéficier à la communauté des versions modifiées.

    Pour la première liberté, cela exclut donc toutes limitations d’utilisation d’un programme par rapport à l’architecture (notamment le processeur et le système d’exploitation) ou à l’utilisation qui va en être fait.

    La quatrième liberté passe par un choix : la deuxième autorisant de modifier un programme, il n’est pas tenu de publier une version modifiée tant qu’elle est pour un usage personnel ; par contre, en cas de distribution d’une version modifiée, la quatrième liberté amène l’obligation à ce que les modifications soient retournées à la communauté sous la même licence.

    • 1138

      2 juillet 2013 at 11 h 09 min

      Peut-être l’auteur a-t-il été induit en erreur à cause de l’habitude de numéroter les libertés de 0 à 3 ;-)

      Petite nuance : « en cas de distribution d’une version modifiée, la quatrième liberté amène l’obligation à ce que les modifications soient retournées à la communauté sous la même licence » n’est valable que pour une licence avec copyleft, comme la GPL. Une licence ce type BSD ou la WTFPL, par exemple, ne contiennent pas cette obligation.

  4. Galuel

    15 juillet 2013 at 8 h 08 min

    Je cite :

    « C’est vrai que le travail doit être rémunéré », note M. Pettiaux. « Mais les modèles économiques, même difficiles à trouver, existent. »

    Ce n’est pas au sein d’un système monétaire privateur que peut s’exprimer un modèle économique libre.

    Ce serait comme affirmer qu’il est difficile de trouver le moyen de développer des logiciels libres sous MS/Windows, mais que c’est possible.

    C’est oublier aussi que cela fait 40 ans que les développeurs de logiciels libres, dont beaucoup sont déjà morts, n’ont jamais reçu quelque rémunération que ce soit de la part d’un système monétaire privateur qui ne reconnaît pas la liberté de ses utilisateurs.

    Et il est trop tard pour “imaginer un modèle économique” qui rémunèrerait ceux qui sont morts. C’est incohérent d’affirmer que l’on puisse “trouver” comment rémunérer les morts. Et des créateurs de valeurs libres il en meurt tous les jours.

    Il convient donc de réfléchir profondément à ce que serait un système monétaire libre, selon la définition de la liberté relative aux utilisateurs de l’économie : les individus créant toutes sortes de valeurs, dont des valeurs non-reconnues à l’instant “t”.

    Définition d’une monnaie libre :

    http://blog.creationmonetaire.info/2013/06/definition-dune-monnaie-libre.html

    Aux RMLL 2013, “free software and free money” :

    http://blog.creationmonetaire.info/2013/07/rmll2013-free-as-in-free-speech.html

  5. Ania

    5 février 2014 at 10 h 41 min

    Alors, il est impossible de faire cela, il faut rthecaer un PC avec Windows XP media Center, je ne sais pas si la licence de Media Center Existe, ou alors, passer a Windows Vista Premium au minimum ! A ton service

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