Les 14e rencontres du logiciel libre se tiendront à Bruxelles du 6 au 11 juillet. Un mouvement qui se sent renforcé par les récentes révélations sur l’espionnage de l’Internet.

200 conférences, 30 ateliers, 500 à 1000 personnes attendues, le tout avec un budget très resserré… Les 14e rencontres mondiales du logiciel libre (RMLL), qui s’installent cette année à Bruxelles (6-11 juillet), c’est d’abord un « projet fou ». Dont Nicolas Pettiaux est la cheville ouvrière : « Cela fait 15 ans que je fais partie de ce mouvement », confie-t-il. Alors, le logiciel libre, il pourrait en parler des heures. Mais quelques minutes suffisent pour comprendre que, selon lui, l’important dans l’expression « logiciel libre », c’est le mot liberté. “La clé c’est de rendre le contrôle de l’information aux utilisateurs”, résume Nicolas Pettiaux.

Ce que prônent ses adeptes tient en trois points : la liberté d’exécuter le programme, la liberté d’accéder au « code source » du logiciel pour l’étudier et le bidouiller et, enfin, la liberté de distribuer des copies de ce programme modifié par vos soins.

Une question d’éthique

Des aspirations qui heurtent de plein fouet les désirs des grandes entreprises de l’informatique. Microsoft, Adobe, Apple et tant d’autres n’ont pas l’intention de renoncer aux lois protectrices du copyright ou des brevets ; parce qu’elles protègent leur revenus. « C’est vrai que le travail doit être rémunéré », note M. Pettiaux. « Mais les modèles économiques, même difficiles à trouver, existent. »

Richard Stallman. Photo: xtof via Flickr
Richard Stallman. Photo: xtof via Flickr

Il en sera question, entre autres thèmes, des modèles économiques, lors des RMLL à Bruxelles. On parlera surtout éthique et protection des données. Ce dernier thème a fait un retour fracassant dans le débat, suite aux diverses révélations d’Edward Snowden sur les modalités d’espionnage (légales mais secrètes) des services secrets américains. On pourrait penser que le lien entre logiciels et Internet n’est pas évident. Et qu’un logiciel “libre” peut être intégré dans un Internet “surveillé”. Au contraire, pense Nicolas Pettiaux : “Les choses sont extrêmement liées“. Et il y va de son exemple : “Prenez Apple. Parce qu’il maîtrise le logiciel iTunes, Apple décide quelle bande-dessinée sera disponible ou pas sur iPad. Je pense ici à Largo Winch, qui a été banni des catalogues parce que jugé trop “olé olé” pour les américains“.

Silhouette hirsute et sympathique, discours un peu anarcho-libertaire :  le fondateur (gourou ?) du mouvement du logiciel libre, Richard Stallman, sera présent à Bruxelles. Lui aussi a vu ses convictions revigorées par l’affaire Prism. Alors qu’il vient d’entrer au “Internet Hall of Fame”, il a déclaré : “Maintenant que nous avons fait fonctionner Internet, la prochaine étape est de l’empêcher de devenir un support de surveillance massive, en le faisant fonctionner d’une manière où il n’enfreindra pas les droits fondamentaux, vie privée incluse“.

Louis Colart (St.)

Les rencontres mondiales du logiciel libre : du 6 au 11 juillet 2013. Le 9 juillet au Parlement européen (réservation obligatoire avant le 4 juillet). Les autres conférences ou tables rondes ont lieu principalement sur le campus de l’ULB.  La journée du lundi 8 est spécialement dédiée au grand public, non spécialiste de ces questions (“on n’est pas obligé d’être programmeur pour comprendre”, nous a-t-on dit). Le programme complet disponible ici.

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Louis Colart (St.)