Eurapp : l’Europe investit dans le développement du numérique

Par posté le 19 juin 2013

L’économie numérique en Europe est à la traine. Pour accélérer son développement, la Commission Européenne lance “Eurapp”, une vaste étude qui vise à mieux comprendre le marché de l’économie numérique en Europe et à dégager quelques pistes pour aider les jeunes startups européennes à rivaliser avec leurs concurrents américains.

© Etienne Froment

© Etienne Froment

A la traine, l’Europe tente de rattraper le retard accumulé face aux Etats-Unis en stimulant son économie numérique. La semaine passée, la Commission Européenne présentant son nouveau programme d’étude Eurapp, qui vise à mieux comprendre le marché des applications mobiles en Europe et à dégager des pistes pour aider les développeurs dans leur travail.

Le projet, pris en charge par GigaOM et l’université de Galway (Irlande) vise à identifier les principaux problèmes auxquels sont confrontés les développeurs d’applications en Europe.

“C’est un marché très dynamique et en très forte croissance” explique Maciej Dabrowski, docteur en recherche et en charge du programme Eurapp. “L’Union Européenne doit trouver une parade à la Silicon Valley en attirant des talents.”

Le problème, “c’est qu’il n’y a pas de culture de l’échec chez nous” explique un responsable de l’enquête chez GigaOM. “Il y a peu de startups orientées Web en Europe, les entrepreneurs doivent se débrouiller tout seul et seulement 20% des projets peuvent être considérés comme rentables.”

Du côté des développeurs, c’est toujours le même refrain qui revient. “Il n’y a pas d’argent en Europe.” Les Business Angels se trouvent aux Etats-Unis et il n’est pas rare de voir une jeune startup européenne déménager pour commencer une nouvelle aventure sur le nouveau monde. L’exode continue, sans que personne ne semble avoir trouvé de parade.

Mais la Commission Européenne croit en son projet. Certes, il y a peut-être moins de Business Angels sur le vieux continent, mais des entreprises comme Rovio, Deezer, Spotify, SoundCloud prouvent qu’il existe un marché du numérique chez nous.

Aux Etats-Unis, plus de 500.000 jobs auraient été créés grâce à l’économie numérique, et ce, depuis 2007. Les principaux défis auxquelles les startups sont confrontées sont liées à un manque d’expérience et de connaissances dans des secteurs que les développeurs et graphistes ne maitrisent que très peu (législation, business international, marketing,…)

Dans un premier temps, Eurapp se contentera d’étudier le marché. Mais une fois l’étude bouclée, la Commission Européenne prendra des mesures appropriées pour stimuler l’économie numérique. Une stimulation qui pourra prendre plusieurs formes. “Programmes d’entrainement, financement et bien plus encore.”

En novembre prochain, Eurapp présentera les premiers résultats de son étude et appellera à la barre plusieurs développeurs pour qu’ils expriment leurs besoins. La Commission Européenne étudiera alors le dossier rendu par GigaOM et adaptera ses plans pour répondre aux besoins de l’économie numérique. Car la Commission l’a bien compris : l’Europe est en crise, et l’économie numérique représente un véritable facteur de relance. Reste que les disparités entre les différentes zones géographiques de l’Europe risquent de favoriser les pays avec une économie numérique déjà active, comme le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Suède ou les Pays-Bas…

On en parle sur le forum.

Actif dans les rubriques Eco et Lifestyle du journal, j’ai rejoint Le Soir il y a trois ans pour une formidable aventure numérique. Globe-trotter passionné de photographie, je m’intéresse à tout ce qui touche aux nouvelles-technologies. Twitter : @etiennefroment

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Un commentaire

  1. BrillenOtarie

    20 juin 2013 at 3 h 19 min

    Dans le domaine, les effets d’un accord de libre échange et d’une uniformisation transatlantique sont intéressants à envisager. Car c’est sans doute un passage obligé, mais pour un rien, on pourrait se retrouver dans la situation de l’URSS après la chute de Berlin : celui d’une économie dépecée.

    -Je veux dire, comme en URSS le poids de la bureaucratie est insoutenable pour des startups en informatique. Il y a les lois communales, régionales, communautaires, nationales, Européennes et bientôt on va rajouter une couche… Avec pour chacune des couches autant de dimensions : comme le droit du travail, celui du commerce,…

    Qui pourrait arriver avec le peu de moyen d’une startup, à être compétent dans un domaine qui typiquement vous prend 16H/24, à « être proche de son public » pour sentir ses besoins et sortir quelque chose de pertinent, ET à se dépatouiller dans ce labyrinthe ?

    Qui plus est, quand ils externalisent cette charge, les bons informaticiens ne sont pas toujours (c’est un euphémisme) ceux qui ont le plus de «nez» pour sentir la fiabilité de ceux qu’ils engagent. Or, j’ai constaté que les acronymes du « hightech » ont une tonalité particulièrement douce à l’oreille des parasites en tous genres.

    Dans cet environnement, si la mentalité (originale) des startups américaines serait plus du genre « Que fais-tu ? Moi, voici ce que je fais. La prairie est grande, alors combinons les deux et nous gagnerons plus. » En Europe c’est plutôt du genre. « Que fais-tu ? Bien, je vais m’arranger pour te couler ton business: cela me fera un concurrent de moins dans cette petite praire. »

    -Troisième point : les taxes. En Belgique on paye des taxes sur ce que l’on achète, sur ce que l’on vend, sur ceux que l’on emploie, qui eux-même doivent pouvoir vivre avec leur salaire en payant des taxes sur ce qu’il achètent qui a du être majoré de la taxe de ceux que cela a employé, qui eux même…

    Il y a des endroits au monde où le prix de la vie est moindre. Notre crise est souvent due au fait que l’on se retrouve en concurrence frontal avec eux. Et dans un marché comme celui du software pour gsm où les pris de base sont minimes, on risque vite de manquer d’argument.

    -Mais bon, là j’ai surtout parlé de l’age d’or de l’informatique aux US. Il est comme une strate qui tend à expliquer ce qui est en place, mais pas autant que ce qui s’y passe.

    Depuis quelque temps, le marché a maturé et le « créatif » y a surtout été dégagé par le législatif.

    C’est la question des brevets. Programmer, c’est comme écrire dans une langue. Mais la mode fait fureur depuis quelques années aux US de mettre des brevets sur les phrases. Si je fais une analogie avec le Français, une phrase comme « je vais au travail » y serait plus que très probablement brevetée. Avec un brevet sur la phrase, un autre sur le fait d’employer le verbe aller avec un complément, un troisième avec le fait de l’employer avec un complément de lieux… la liste des possibilités est infinie, car les propositions les plus absurdes sont acceptées. Donnant naissance à des sociétés qui ne sortent pas une seule ligne de code, mais capitalisent simplement les brevets de façon la plus massive possible.

    Difficile maintenant d’y sortir encore une ligne de code, car tous les marchés réellement juteux y sont propriétés légales des plus grosses boites : les seules a avoir eu les reins pour investir les sommes pharaoniques nécessaires pour posséder les brevets qui permettent de travailler (et d’assumer les procès conjoints). J’imagine quelle boucherie cela va donner quand les Européens vont « débarquer » avec leurs petites PME toutes neuves.

    Pour mettre de l’ordre là dedans, il faudrait aujourd’hui des moyens, de la compétence, et de l’intégrité dans des quantités qui sont littéralement impayables. Ce n’est pas pour rien que la Chine a fleurie…par le black market.

    =Donc si je résume : la culture de la libre entreprise Américaine a originellement permise au secteur informatique de s’y développer. Puis ils ont bétonnés les structures ainsi acquises par une couche bien épaisse de législatif.

    Notre culture du législatif et du statutaire a tuée dans l’œuf notre développement en informatique. Avec ces bases faiblardes nous allons « faire plus directement concurrence » aux plus développés du domaine, qui viennent juste de légiférer leurs avantages…

    Dans une industrie où il ne coûte pas plus cher de produire 1000 ou 1000 000 d’unités: voir grand a du sens. Mais dans le film tel qu’il se prépare, je dirais que nous venons officiellement de recevoir le rôle de la pièce de viande…

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