L’industrie du cinéma veut s’attaquer à DepositFiles et consorts

Par posté le 3 avril 2012

La MPAA (Motion Picture Association of America), qui représente l’industrie du cinéma, compte bien s’attaquer aux autres sites de téléchargement que sont DepositFiles, Wupload, FileServe, MediaFire et Putlocker. MegaUpload ne représentait que le premier acte dans cette lutte contre le piratage que le syndicat supporte activement aux côtés du FBI. Déjà, l’orage gronde sur la toile.

L’échec de la SOPA et le procès de Kim Dotcom qui n’a pas encore débuté semblent avoir particulièrement énervé la MPAA, qui espérait mettre un terme au piratage sur Internet une bonne fois pour toutes. La fermeture de Megaupload n’a vraisemblablement pas suffi au syndicat, et les affirmations des spécialistes qui affirment que le piratage n’a qu’un tout petit impact sur l’industrie ne semble pas non plus avoir convaincu les membres du conseil.

Dans une récente conférence de presse sur le copyright, Alfred Perry, responsable de la protection des contenus des studios Paramount, a déclaré que la MPAA avait engagé plusieurs procédures contre DepositFiles, Wupload, FileServe, MediaFire et Putlocker. Le but? Fermer le plus rapidement possible ces sites de téléchargement et mettre un terme au piratage. Pour appuyer ses propos, Alfred Perry n’a pas hésité à rappeler que ces sites pèsent à eux seuls près de 41 milliards de pages vues. La fermeture de Megaupload aurait précipité une partie de ses utilisateurs sur ces services qui connaissent une demande croissante.

Légaliser les activités pour survivre?

Vraisemblablement, RapidShare ne serait pas en danger. L’entreprise avait opéré un virage à 180° après avoir couru quelques risques il y a de cela quelques années et supprimé de nombreuses options dont le système de récompenses. En outre, la solution de stockage en ligne a récemment promis à la justice allemande de supprimer manuellement les fichiers accusés de violation de droits d’auteurs. La voie à suivre serait donc toute tracée pour ses concurrents, qui n’auront pas d’autre choix que de se convertir s’ils souhaitent éviter des ennuis judiciaires. MediaFire s’est d’ailleurs déjà défendu d’appartenir au même groupe que Megaupload en déclarant :  “Mediafire n’est pas géré par une bande de hors-la-loi.” Tom Langridge, qui dirige le service de stockage en ligne, s’est dit très surpris par les déclarations de la MPAA, soulignant la collaboration existant déjà avec le syndicat et défendant la légalité de son service. “Nous n’imposons pas des limites artificielles au téléchargement pour inciter les utilisateurs à souscrire un abonnement payant, et nous ne rémunérons pas les utilisateurs qui chargent des contenus. (…) Mediafire collabore pleinement avec la MPAA, la RIAA et d’autres organisations qui luttent contre la distribution illégale de contenus protégés.

Avant sa fermeture, Megaupload se serait lui-même engagé à légaliser ses activités. Cela avait déjà débuté avec la fin de certains programmes de récompenses pour les gros uploaders et l’arrivée de nouveaux projets à la Spotify, sur lesquels Kim Dotcom était censé travailler en interne. En réalité, Megaupload se sentait protégé de tout danger grâce au Digital Millenium Copyright Act. Le procès de Kim Dotcom n’ayant pas encore débuté, il est fort probable que nous ne soyons pas fixés sur le sort des sites de téléchargement avant un bon moment. En tout cas, ses activités illégales auront beaucoup joué dans la balance pour son arrestation et des sites comme RapidShare qui ont pris les devants il y a un bon moment et restent dans la légalité n’ont en théorie rien à craindre pour l’instant.

La crainte d’un Acte II

Le gros risque, c’est bien entendu que la MPAA parvienne à convaincre le FBI d’agir. La fermeture d’autres services et un jugement rapide devant les tribunaux créeraient une jurisprudence que tous, y compris Google avec Youtube, veulent éviter. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que des sites comme Wikipedia, Facebook ou que même le géant américain Google soutiennent à demi-mots les services de stockage en ligne. Une jurisprudence permettrait une éviction rapide des sites de stockage en ligne n’appliquant pas des règles très précises, comme Dropbox ou SkyDrive par exemple, qui agissent en totale légalité. Le facteur temps joue également un facteur important dans cet apocalypse prononcé, car si Kim Dotcom n’est pas jugé rapidement, si ACTA est évincé et si la MPAA ne parvient pas à fermer les sites qu’elle cible, le sujet risque bien d’être laissé de côté par les autorités pendant un certain temps, sous crainte d’un débat stérile qui tournerait en rond.

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9 Comments

  1. andré

    3 avril 2012 at 16 h 43 min

    megaupload / Dotcom vient de réouvrir sous un autre nom, les serveurs prolifèrent plus que jamais, car derrière le bouc émissaire du piratage, le partage de données et les solutions artisanales sont inarrêtables et un mouvement de société irréversible.
    Mais le vieux pouvoir s’accroche en donnant l’illusion de vaincre 1 là où 10 renaissent et ainsi de suite, juste pour garder les moutons dans le prés.Rarement combat aura été aussi vain et malsain

  2. Anonymous

    3 avril 2012 at 17 h 00 min

    Renseignez vous sur la Piratebox

  3. alec

    3 avril 2012 at 17 h 13 min

    oh les pauvres, “c’est dur pour nous les puissants”, les 6 milliards d’êtres humains s’organisent et font ce qu’ils veulent.Mais on souffre nous, on veut contrôler et rapporter des sous sans rien faire, et mettre au pas les “voyous”, car ce sera la fin du monde…du pouvoir oligarchique

  4. Wolfgang Sourdeau

    3 avril 2012 at 17 h 32 min

    En général, un virage à 360 degrés ne permet que de continuer sur sa trajectoire d’origine… À moins de s’étourdir et de perdre l’équilibre pendant la manoeuvre.

  5. ha, ha

    3 avril 2012 at 18 h 54 min

    La MPAA peut bien faire fermer les sites de téléchargement. Tous, ils peuvent tous y passer. Les internautes passeront alors du Peer to Peer au Peer to Beer: tu bois une bière chez ton ami et tu télécharge avec ton disque externe pendant l’apéro; ce qui n’est jamais qu’un retour à la pratique de l’époque où, par exemple, les gens copiaient les cassettes magnétiques. Bonne chance à eux.

  6. Lutticher

    4 avril 2012 at 8 h 29 min

    Que la justice exige la suppression de fichiers litigieux ne pose aucun problème. Ce sont les règles implicites du jeu du chat et de la souris transposé à l’échelle planétaire.

    Toutefois, les motivations de l’industrie du divertissement deviennent plus obscures lorsqu’elles entraînent l’effacement de contenus exclusifs libres de droit, c’est-à-dire des créations partagées de manière rigoureusement légale.

    Or, nous savons tous qu’avec les bons programmes, des amateurs éclairés sont aujourd’hui en mesure de faire aussi bien, sinon mieux, que les professionnels. ET A MOINDRE COÛT !

    Dès lors, ce qu’on nous présente comme un malheureux dommage collatéral a quand même toutes les allures d’un objectif secondaire.

    Protéger ses intérêts financiers par des actions générant moult dénis de démocratie ne fait pas gagner des points en capital de sympathie.

  7. Xarnufle

    4 avril 2012 at 11 h 29 min

    Un utilisateur telechargeur pauvre serait theroiquement incapable de telecharger le dernier film ou le dernier tube. C’est important, mais pas bien grave.
    Par contre, un professionnel en (auto)formation aura besoin d’e-books qui sont en general tres cher, trop cher. S’il disposait de versions precedentes, d’il y a deux ou trois ans, ce serait dejà une excellente base de travail.
    Idem pour certains programmes, dont le telechargement d’anciennes versions est legal apres quelques annees.
    Pour ceux-là, cela pose rellement un probleme, et eux ne pesent pas sur les ‘majors’.
    Enfin, le gros probleme des pauvres, c’est la difficulte de disposer de numeraire sur la toile, car ils ont rarement cartes de credit, ou la capacite d’alimenter un compte paypal – des solutions hybrides pointent à l’horizon, mais le risque reel de ces lois semble de rendre le concept meme illégal, ce qui est a contretemps avec l’esprit *originel* d’Internet.
    On peut aussi noter le manque de solidarite des telechargeurs, qui ne concoivent pas l’idee de partager, ou meme de conserver ou de se grouper en cellules d’achat.
    Et il restera toujours le cas pathologique du poly-telechargeur fou =<8}

    • un type

      5 avril 2012 at 12 h 59 min

      Se grouper en centrale d’achat pour devenir une association de malfaiteurs ?!
      Très mauvaise idée.

      • Xarnufle

        5 avril 2012 at 14 h 58 min

        C’était juste une idée. Un quidam a écrit très platement au 2600 Hacker Quarterly ‘ou puis-je trouver pleins de films et de musique a telecharger’. Le magazine, imperturbable, a repondu que cela existait depuis longtemps, et que, d’ordinaire, on appellait ce phénomène les amis :)

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