Injurier votre patron sur Facebook peut vous coûter votre poste

Par posté le 2 avril 2012

Tout comme dans les autres pays d’Europe, il peut être dangereux d’injurier son patron sur Facebook, voire même de contester les décisions du groupe pour lequel on travaille. A Louvain, un employé a été gracieusement remercié après avoir posté un billet d’humeur sur son profil. Si toutes les situations ne sont pas traitées de la même manière, il arrive cependant assez régulièrement qu’un employé un peu trop audacieux paye les pots cassés…

En Belgique, un employé a récemment été la victime de son patron après avoir critiqué ouvertement la politique de son employeur sur le réseau social Facebook. Une pratique plutôt répandue à l’heure actuelle, et déjà en pleine augmentation fin 2011, malgré les risques encourus. Ce que le public ignore bien souvent en revanche, c’est qu’en se basant sur le préjudice porté par les affirmations de celui ou celle qui a osé le critiquer, le patron peut décider de le renvoyer. L’affaire est de plus en plus souvent portée devant les tribunaux, où seul le juge peut décider s’il s’agit là d’un motif sérieux de licenciement ou d’un abus de la part de l’employeur. En pratique cependant, une telle histoire ne peut permettre une future collaboration, ce qui semble plutôt jouer dans la balance.

La procédure est souvent la même. Comme Bernard Demonty nous l’expliquait il y a quelques mois, “D’abord on consulte un avocat et celui-ci fait en sorte que les propos soient retirés. Dans ce cas-là, il n’y a plus de raisons de faire un recours. On ne va pas en justice encore très facilement. On s’arrange à l’amiable. Parfois, l’avocat contacte la partie adverse et lui demande de retirer les propos qui lèsent son client. Quand on reçoit une lettre d’avocat, ça a un autre impact et donc très souvent ça s’arrête là. La personne lésée peut aussi contacter Facebook pour qu’il enlève les propos, les photos. Et généralement ça se règle. Et quand ça ne se fait pas, on fait recours à la justice.

Plus que jamais, il est conseillé de ne pas raconter toute sa vie sur Facebook. On le savait déjà avec les nombreux vols commis après une annonce de départ en vacances par exemple, Facebook est certes un formidable outil de communication mais il peut également s’avérer être un jeu bien dangereux pour ceux qui ne peuvent pas s’empêcher d’y poster des billets d’humeur. “Ce qu’on peut ou pas faire relève du bon sens. Une polémique n’est pas interdite mais il faut se modérer. Prudence, bon sens et respect sont les maîtres mots” explique Bernard Demonty.

En devenant de plus en plus populaire, Facebook a également changé la conception que l’on se fait du Web. Désormais, les juges ne considèrent plus le réseau social comme faisant partie de la sphère privée. Il s’agit de vie publique, et publier un message critiquant une autre personne ouvertement équivaut à répandre une rumeur à la radio ou injurier quelqu’un dans la rue. Dans le petit monde des médias ultra-sociaux, il est devenu impératif de prendre ses distances avec Facebook et de ne pas y laisser transparaître une trop grande partie de sa vie. N’importe quel psychologue serait d’ailleurs d’accord avec le fait qu’une extériorisation des griefs sur une page sociale ne changerait pas grand chose au problème. Pour beaucoup d’entre nous cependant, il risque d’être particulièrement difficile de garder sa langue dans sa poche une fois en ligne, tant on a été habitué à pouvoir dire tout et n’importe quoi sous couvert de l’anonymat et de la sphère privée. D’après Bernard Demonty, nous sommes à une période de transition. “Il y aura de plus en plus de procès Facebook et ça deviendra un nouveau contentieux.” Dans un tel contexte, l’adaptation sera la clé de la réussite, “les sanctions ou encore les affaires médiatisées permettant de conscientiser.”

On en parle sur le forum.

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3 Comments

  1. Coyotte

    2 avril 2012 at 19 h 10 min

    Ca a toujours été comme ça, même avant Facebook et ce sera aussi après Facebook …

  2. Bertrand

    2 avril 2012 at 21 h 06 min

    Un peu normal, non ? Pourquoi pourrait-on tout faire sur Internet ? Télécharger illégalement, regarder des images pédo…, insulter les gens, etc Pourquoi ??

  3. Normaund

    3 avril 2012 at 14 h 05 min

    En même temps, si on est pas d’accord avec son patron ou sa politique on va chercher du travail ailleurs ou on monte sa propre boite.

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