Storify : “Il est beaucoup plus difficile de progresser en Belgique”

Par posté le 26 mars 2012

Co-fondée par Xavier Damman, un jeune entrepreneur belge, la société américaine Storify réussit tout ce qu’elle entreprend en ce moment. Lors du récent SxSW, l’entreprise avait remporté le grand prix Social Media. De passage à San Francisco, nous en avons profité pour leur faire une petite visite et discuter de la difficulté de créer un business dans le secteur des technologies en Belgique.

Si Storify ne vous dit rien, c’est sans doute que vous ne suivez pas régulièrement l’actualité technologique sur Geeko. L’entreprise belgo-américaine a fait l’actualité à de nombreuses reprises ces dernières semaines, notamment lors de sa grande victoire aux SxSW. Pour résumer son concept en quelques mots, disons qu’il s’agit d’une interface qui permet de raconter des histoires sur base d’éléments récupérés sur les réseaux sociaux. En quelques secondes, Storify vous permet de rassembler statuts Facebook, articles trouvés sur le net, vidéos Youtube et tweets sous une seule et même page et de la diffuser sur le Web. Pourtant, si le public l’adopte petit à petit, c’est bel et bien du côté des médias que Storify a trouvé ses plus grands alliés. “Storify permet aux journalistes et aux bloggueurs de rassembler le contenu que les gens partagent sur les réseaux sociaux afin de pouvoir raconter à leur audience ce qui se passe” explique Xavier Damman. “De nombreux médias utilisent le service, comme le New-York Times, le Washington Post, ABC News, The Guardian et Le Soir en Belgique.” A tous ces journaux s’ajoutent les organisations internationales, comme les Nations-Unies ou la Maison Blanche, qui utilisent régulièrement Storify pour leurs publications et permettent au service de grandir jour après jour.

Un écosystème d’entraide

San Francisco et les Etats-Unis en général représentent un milieu où il est beaucoup plus facile de faire grandir une entreprise qu’en Belgique. De nombreux belges ayant créé leurs sociétés s’exilent outre-Atlantique un jour ou l’autre pour marcher sur les sentiers de la gloire. C’est d’ailleurs le même chemin que Xavier Damman a emprunté pour Storify il y a de cela quelques années. “C’est vraiment un environnement rempli d’entrepreneurs” nous a-t-il expliqué, avant d’ajouter qu’il “y a énormément de gens qui ont réussi ici, mais ce n’est pas uniquement grâce à eux, c’est également grâce à d’autres personnes qui les ont aidé, qui les ont introduits auprès d’autres personnes ou qui ont simplement donné des conseils.” Ce concept d’entraide relativement unique, qui est né dans la Silicon Valley, encourage les jeunes entrepreneurs à se contacter les uns les autres pour trouver des solutions à des problèmes et progresser ensemble. L’idée, c’est qu’une fois que la personne a reçu le petit coup de pouce nécessaire à sa carrière, il puisse faire de même par la suite avec d’autres personnes qui viendront le trouver… Il s’agit d’un “véritable ascenseur social.

Quitter la Belgique, à tout prix?

C’est beaucoup plus difficile de progresser en Belgique par soi-même” estime Xavier Damman, qui rappelle que de leur temps, nos parents devaient également se déplacer vers Bruxelles pour faire du business. Hors, depuis que la mondialisation permet “des déplacements entre Nivelles et San Francisco quasiment aussi aisés qu’entre Nivelles et Bruxelles“, il est désormais beaucoup plus facile d’avoir accès à l’information lorsqu’on crée une entreprise Web, et de quitter la Belgique pour les Etats-Unis. Mais cela doit-il se faire à tout prix? De plus en plus, on remarque que les entrepreneurs belges quittent le pays, non pas par envie de découvrir le monde mais bien par besoin. Le développement d’un gros site Internet passe quasi-obligatoirement par un déménagement aux States, et la récente aventure de Frédéric della Faille, le créateur de Checkthis!, aux Etats-Unis, semble confirmer ces propos.

On en parle sur le forum.

Propos et médias rapportés par Etienne Froment pour Geeko.

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Un commentaire

  1. Antoine Perdaens

    26 mars 2012 at 23 h 59 min

    C’est dingue comme nul n’est profete dans son propre pays!

    Il y a autant d’histoire de belges successfull en belgique que de belges successfull dans la silicon valley mais il semblerait que seulement ceux qui ont traversé l’océan mérites les clameurs des médias.

    Oui Xavier à eu du mal à pitcher son idée en belgique mais elle était loin d’être mature et il était probablement mal entouré. Il a fallut plus de 6 mois intensif aux US pour avoir un début prometteur. Qui sait si ces 6 mois passés en belgique n’aurait pas êtes fructueux?

    L’attrait de la silicon valley ne touche qu’une petite part des idées entrepreneuriales que l’on trouve chez nous. Essentiellement des idées B2C avec un business modèle encore inconnu et qui fini bien souvent par de la publicité.

    Alors que des entreprises belges tel que openerp et Auctelia arrivent à attirer des capitaux parfois supérieur à 2 millions de dollars tout en restant en belgique, il semble que les médias se focalisent sur les belges qui partent alors qu’ils ne sont qu’une petite dizaines.

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