Le site du Parlement Européen vient d’être hacké par les Anonymous, nous a-t-on confirmé de source officielle. Le site Internet de l’organisation internationale a été temporairement indisponible avant d’être rapidement remis en ligne. L’attaque aurait un rapport direct avec le projet de loi internationale ACTA, remis au centre des négociations après l’échec de SOPA.

Après PIPA et SOPA, les projets de loi américains qui sont actuellement au point mort, c’est le projet ACTA qui fait à nouveau parler de lui. Cet accord entre les Etats-Unis, la Commission Européenne, la Suisse et le Japon est présumé être à l’origine de l’action d’aujourd’hui. Le projet doit être ratifié par le parlement dans les prochains mois pour entrer en service et le parlement européen était justement sur le point de se pencher à nouveau dessus. Le but d’un tel traité serait de protéger les propriétés intellectuelles en imposant des sanctions aux internautes téléchargeant du contenu illégalement. Un peu à la manière d’Hadopi donc, mais à un niveau international cette fois, et avec toujours le même système de suppressions de lignes Internet des personnes prises en flagrant délit de téléchargement illégal.

En réaction au retour sur la table des négociations de l’ACTA, qui n’avait plus fait parler d’elle depuis un moment, les Anonymous ont mené une action contre le site Internet de la Commission Européenne, accessible à cette adresse. Le site a été temporairement inaccessible sur le temps de midi, avant d’être de nouveau en ligne. Une source officielle nous a confirmé que le site avait bel et bien été attaqué et que la situation était actuellement revenue à la normale, même si d’autres attaques ne sont pas à exclure pour les prochaines heures.

Cette tentative de hack suit toute une série d’autres attaques de l’organisation, qui s’en était prise au site de l’Élysée il y a quelques jours, mais également aux sites de plusieurs géants de l’industrie musicale, à celui du ministère de la Justice américain et du FBI pour marquer leur désaccord avec les nouveaux projets de lois de censure de l’Internet et la fermeture de Megaupload par le FBI. Composé de membres anonymes et de différentes cellules totalement indépendantes les unes des autres, les Anonymous se disent protéger les intérêts des citoyens et réguler la toile via diverses opérations. Ils avaient par le passé démantelé un réseau de pédophilie, attaqué le ministère syrien de la défense et participé à plusieurs attaques ciblées contre le FMI et d’autres organisations internationales.

Réactions immédiates du “Parti Pirate”

Nous avons contacté Christian Engström, membre suédois du Parlement Européen qui fait partie du Parti Pirate dans son pays natal. Il a indiqué “comprendre la frustration des Anonymous” mais estime aussi que des attaques sur des sites Internet ne seront pas utiles pour lutter contre l’ACTA“. Il conseille aux activistes de contacter directement leurs dirigeants politiques pour tenter de parler ouvertement de l’ACTA et de leur expliquer en quoi cette initiative est néfaste pour l’Europe et pour l’utilisation libre de l’Internet. Christian Engström prend comme exemple la lutte qu’il a mené en 2004 et 2005 avec des milliers d’autres activistes contre les brevets sur les softwares, lutte qui a été gagnée par la discussion et non pas par les cyber-attaques. “Mon conseil à tous les citoyens d’Europe est de contacter des politiciens élus par email ou par d’autres moyens ou de prendre part à des manifestations pacifiques pour montrer son support à un Internet libre et ouvert. C’est le meilleur moyen de combattre” a-t-il déclaré.

Amelia Andersdotter, jeune femme politique du même parti, a déclaré être d’accord avec les propos de son collègue par email. Elle a ajouté que “La situation en Pologne le week-end dernier (où le gouvernement  a soudain commencé à reconsidérer l’accord en raison des attaques sur les sites des institutions publiques) doit être considérée comme anormale – le risque avec les attaques, c’est qu’elles créent de la peur et de l’inquiétude plutôt qu’ouvrir une discussion dans les institutions politiques autour de l’ACTA.” Elle souligne que l’initiative derrière l’action des Anonymous est honorable, car il y a la volonté d’être actif dans la vie politique, mais “formuler les demandes en mots et les communiquer aux élus” est selon elle une manière beaucoup plus efficace de régler le problème.

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