La réponse du ministère français de la Culture

Par posté le 29 décembre 2011

Après les révélations faites hier sur le site Nikopik.com à propos des téléchargements illégaux constatés par 261 adresses IP du Ministère français de la culture, le ministère de la rue de Valois s’est fendu, ce jeudi soir, d’une réponse à l’animateur du site, Nicolas Perrier.

“La direction des systèmes d’information du Ministère veille strictement à l’utilisation qui est faite des ordinateurs de son parc. La configuration de son réseau empêche la connexion à des réseaux de pair à pair, ce qui exclut toute possibilité d’usage de tels réseaux à des fins de téléchargement illégal à partir d’ordinateurs du ministère. Les vérifications internes actuellement en cours confirment ce point.”
Les critiques adressées hier par le site français, présenté comme anti-Hadopi, portait précisément sur les failles de la méthode utilisée par Hadopi, pour repérer les internautes qui téléchargeraient illégalement des contenus sur le web, au départ de leur adresse IP.
“Le procédé utilisé par le site youhavedownloaded.com ne peut en aucune manière être comparé avec la méthodologie TMG avec laquelle travaille l’HADOPI “, répond le ministère de la Culture, mis à mal par les révélations. ” Les constatations effectuées par ce procédé ne peuvent donc remettre en cause le processus mis en place par l’HADOPI, en particulier en ce qui concerne la fiabilité des constats établis à partir d’une adresse IP.”
Et de conclure, de manière péremptoire d’un “En conséquence, l’ensemble de ces allégations apparaît infondé.”

Nicolas Perrier résume “la direction des systèmes d’information du Ministère affirme que leur réseau informatique est inviolable (propos qui risquent de faire rire plus d’un informaticien aguerri), n’explique pas comment des adresses réservées exclusivement à l’usage du Ministère de la Culture se retrouvent liées à des téléchargements illégaux (l’Elysée avait au moins eu l’honnêteté d’affirmer officiellement ce que tout le monde sait déjà : les adresses IP ne sont pas assez fiables pour démontrer avec certitude la culpabilité des internautes), estime que la collecte d’adresses IP par TMG n’a strictement rien à voir avec la collecte d’adresses IP du site YouHaveDownloaded.com, mais n’explique pas pourquoi et ne se justifie pas…”

Et l’animateur du site Nikopik persiste, malgré ce démenti officiel : “le système actuellement mis en place par Hadopi et TMG pour traquer les internautes téléchargeurs n’est pas du tout fiable. Nous en avons ici la preuve éclatante, et rien de ce qu’affirme le Ministère ne vient démontrer le contraire.”

Articles similaires

5 Comments

  1. Balaen

    30 décembre 2011 at 0 h 27 min

    La différence de fonctionnement entre “YouHaveDownloaded.com” et Hadopi (ou TMG)
    est expliqué dans l’article du site du journal Le Monde intitulé “YouHaveDownloaded.com, le site qui accuse”.

    Et il y a bien une différence. N’en déplaise à ce que peuvent laisser entendre des journalistes un peu moins scrupuleux.

    • Lou

      30 décembre 2011 at 8 h 37 min

      La seule différence expliquée dans l’article du journal Le Monde est une vérification du “propriétaire” d’une adresses IP dynamique au moment où celle-ci a été suspectée d’avoir effectué un téléchargement illicite.
      D’une part ça ne remet pas en cause les informations du site “YouHaveDownloaded.com” puisqu’il ne publie que l’adresse IP et pas son “propriétaire”.
      D’autre part il s’agit pour le Ministère d’adresses IP statiques et donc la vérification expliquée ci-dessus n’a pas lieu d’être.
      Il n’y a donc pas réellement de différence…

    • JC

      30 décembre 2011 at 13 h 06 min

      Personne ne dit qu’il n’y a pas de différence.

      Il est dit, en revanche que la méthode TMG n’est pas fiable. Et il est dit aussi que des adresses IP exclusivement réservées au ministère de la culture ont été utilisées pour du téléchargement pear to pear.
      Le communiqué officiel noie le poisson et je peux vous dire (pour être administrateur réseau) que si vous avez accès à internet depuis le réseau en question, quel que soit le filtre mis en place, il y a moyen de le contourner. Nier ce dernier point est ridicule.

    • Knox

      30 décembre 2011 at 13 h 59 min

      L’article du journal Le Monde ne prouve en rien l’éfficacité du système Hadopi. Il montre juste qu’on ne peut pas accuser une personne innocente (puisque, selon leurs dires, ils vérifient près du fournisseur d’accès que l’adresse IP était bien attribué à la personne accusé de téléchargement), par contre les personnes coupables de téléchargements illégaux qui utilisent une adresse IP aléatoire appartenant à une autre personne ne sont pas identifiées.
      Vu la facilité que les gens ont à fausser leur adresse IP, ça veut donc dire qu’on se retrouve avec un système de surveillance qui est capable d’identifier un délit, de le relier à une personne et de prouver que cette personne est innocente. Génial !
      Les seuls personnes susceptibles d’être vraiment inquiétée par Hadopi serait donc celles qui téléchargent sans utiliser des proxy ou autres astuces? Autant dire qu’elles sont rares.

  2. un type

    30 décembre 2011 at 13 h 20 min

    Différence ou pas, le résultat est le même : les adresses IP ne permettent pas d’identifier quelqu’un avec certitude car les proxies anonymes sont une réalité ; les lois telles que Hadopi et SOPA sont des inconséquences liberticides dont la motivation place la France et les USA au même rang que la Chine, l’Égypte, la Syrie.

Réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>