Akamusic, gagnant ou perdant ?

Par posté le 4 décembre 2010

Les labels musicaux participatifs sur le net auraient-ils déjà atteint leurs limites ? La réponse avec le modèle d’Akamusic, une start-up 100% belge.

Pour ceux qui auraient une guerre de retard, les labels musicaux participatifs proposent aux internautes de devenir producteur de musique en investissant une certaine somme sur un artiste. Une fois que la somme nécessaire à la production de l’album est atteint, la machine de production se met en marche et l’enregistrement peut avoir lieu (single ou album, tout dépend du projet de l’artiste et de la somme récoltée).
Le principal avantage du système est de répartir le risque de l’investissement sur plusieurs centaines d’internautes producteurs. Une fois que des bénéfices sont engrangés, ils sont répartis en fonction de l’investissement. De cette manière, le label couvre ses arrières et se taille la part du lion : peu de risques financiers pour la production du projet et une marge assurée sur les bénéfices.

MyMajorCompany et ses limites

Le label My Major Company (MMC), fondé par Simon Istolainen et Michaël Goldman est rapidement devenu la référence en la matière, suite au succès de Grégoire et son album « Toi + Moi ». Les internautes producteurs de l’album de Grégoire ont remporté 20 fois leur mise. Un certain « Marcounet » a ainsi reçu un chèque de 110 600€ un an après avoir parié 6 020 € sur le succès de l’artiste.

Après trois ans d’activité, MMC a produit 32 artistes ; aucun n’a fait aussi bien que Grégoire, même si tous les espoirs sont tournés vers la jeune Joyce Jonathan, dont l’album est certifié disque de platine.

L’engouement suscité par le label précurseur a fait naître chez certains observateurs l’espoir de révélation d’artistes marginaux, moins consensuels que ceux qui sortent sur les majors du disque (Universal, Sony, EMI et Warner), le modèle alternatif de production permettant aux artistes de se rapprocher de leur public.

Mais le système approche déjà de ses limites, sur le plan musical en tout cas. Si c’est incontestablement un succès commercial pour le label, les artistes produits demeurent des artistes qui sortent difficilement du moule, que leur musique soit de la pop, du rock ou de la variété française. Ce constat est lié à deux aspects du système : d’une part, la présélection opérée par le label, et d’autre part, l’appât du gain. Miser sur un artiste peu accessible c’est prendre le risque de voir sa mise perdue. En dehors de l’aspect ludique, la communauté a tendance à produire ce qu’ils ont l’habitude d’écouter.

A moins que …
Il existe des alternatives comme Akamusic, une entreprise belge. En quelques chiffres, Akamusic c’est 75 000 producteurs, plus de 90 artistes produits et une levée de fonds de plus de 2 500 000 euros en deux ans.

Nous avons rencontré Grégory Goemaere, le CIO de la boite.

Qu’est-ce qui vous singularise d’autres plate-formes comme MMC ?
La principale différence, c’est qu’on a pas de sélection à l’entrée. On accueille tout type d’artiste, c’est la communauté qui choisit qui promouvoir, qui produire.
On est plus communautaire qu’eux dans le sens où chez eux, une fois qu’ils ont les fonds, ils fonctionnent à l’ancienne, comme un label classique. Ils reprennent les circuits normaux de production. Chez nous, on laisse à l’artiste la possibilité de choisir ses studios, de voir avec qui il veut travailler : on a une liste de professionnels avec qui on bosse régulièrement, mais l’artiste peut très bien apporter un nom. On lui laisse l’entière liberté de communiquer avec ses producteurs.

Tel que vous nous décrivez Akamusic, on a plus l’impression que c’est une plate-forme qu’un label.
Akamusic est un label participatif, mais on est pas directeur artistique, c’est le public qui fait le choix en misant sur l’artiste. Après ça on produit le son en fonctionnant avec des équipes externes professionnels, mais on ne sélectionne pas les artistes, et surtout on ne leur impose pas un projet musical.
Y en a qui fonctionnent, y en a d’autres qui ont plus de mal; pour la plupart ce sont des artistes en développement. Pour certains, c’est difficile de promouvoir un single mais ça permet de se lancer. D’autre fonctionnent très bien, comme Léopold Nord ou Alice Y. par exemple.

Et finalement, est-ce que ça marche pour les producteurs ?
Akamusic n’est pas un site pour faire de l’argent, c’est un site pour découvrir des artistes et promouvoir un artiste qu’on apprécie. C’est impossible de vivre de ça et même d’espérer en vivre. Concernant le retour sur investissement, on garde 40% pour les producteurs, 40% pour l’artiste et 20% pour Akamusic. C’est donc assez intéressant pour les artistes.

Globalement, on a trois sortes de producteurs : la famille et les amis qui soutiennent par solidarité, pour aider un proche. Les découvreurs qui vont mettre une petite somme d’argent sur plusieurs producteurs. Et les gros producteurs qui peuvent mettre jusqu’à 1000€ sur un artiste.

Pour les artistes, c’est une manière de récolter les fruits de leur travail, en ayant un retour direct de leur public.

Et pour l’entreprise Akamusic ?
Actuellement, on est pas encore arrivé à l’équilibre, on espère y arriver fin 2011. On se développe à l’international pour y parvenir et pour permettre aux artistes de se faire produire par des personnes à l’étranger et plus seulement par des personnes qui parlent la même langue ou qui viennent du même coin de Belgique. On s’internationalise grâce à nos versions germanophones et anglophones. On a ouvert la version néerlandophone depuis deux mois et ça commence à marcher. Puis y a aussi la web radio « Radio Aka » qui diffuse tous nos artistes 100% ou qui s’approchent des 100%.

@ TechCrunch France

Damien Vossen (st.)

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0 Comments

  1. Jonh

    4 décembre 2010 at 17 h 10 min

    Dans le même genre, mais pour la BD, il y a http://www.sandawe.com.

    Il y a une 20aine de projet de tout style en ligne. Et si je lis bien, c’est 60% des bénéfices pour les “édinautes” (internautes qui investissent).

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