Google est fait de chair et de sang. En Europe, le moteur de recherche a créé des équipes dans un certain nombre de pays. La firme y loue même des bureaux physiques.

A Bruxelles, nous avons rencontré Julien Blanchez, le directeur marketing de Google pour la Belgique et les Pays-Bas.[youtube I8WNLSXIz8E]

La firme de Mountain View occupe une douzaine de personnes dans le quartier européen, à un jet de pierre du Juste Lipse, le bâtiment du Conseil des ministres européens, et du Caprice des Dieux, où siège le Parlement européen.

Le staff belge partage ces locaux avec leurs collègues actifs au niveau des relations avec les institutions européennes. Console de jeu, couleurs chamarrées, baby foot,… : rien ne manque dans l’iconographie classique de l’entreprise web californienne.

Quelques semaines plus tôt, Larry Page, l’un des deux célèbres fondateurs de Google, était assis à l’endroit où nous nous tenons. « Nous avons discuté de choses et d’autres en mangeant une pizza », confie Julien Blanchez.

Google, la plus grande agence pub du monde… sauf en Belgique…

L’une des tâches du directeur marketing de Google est de convaincre les PME locales de recourir aux adwords, ces mots-clés sponsorisés qui ont fait la fortune du groupe.

Grâce aux adwords, que l’on trouve sur la colonne de gauche du site, Google est passé du rang de start-up à celui de multinationales. En une décennie à peine, le chiffre d’affaires annuel de l’entreprise a dépassé les 20 milliards de dollars, pour plus de 20.000 personnes employées dans le monde.

Si les entreprises de nombreux pays achètent des adwords en masse, pour positionner leurs produits ou services sur le Net, il n’en est visiblement pas de même en Belgique.

Alors que, en France, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, 80% des adwords sur Google sont achetés par des entreprises locales, en Belgique, les entreprises belges ne représentent que 40%. Autrement dit, les entreprises qui, en Belgique, achètent de la présence à côté des réquisitions sur Google, à 60%, sont des entreprises étrangères, explique Julien Blanchez.

Sachant que la plupart des internautes belges opèrent leur recherche en ligne en passant pas Google, cette situation signifie probablement un réel manque à gagner pour l’économie nationale, estime-t-on.

Google, une entreprise du coin ?

Google en Wallonie, c’est aussi cet énorme centre de données installé à proximité de Mons… mais dont on ne peut dire finalement que peu de choses. La discrétion est d’or, chez Google, en ce qui concerne cet infrastructure hautement stratégique.

Pour autant, le moteur de recherche développe aujourd’hui une politique d’ancrage local dans les pays où il est actif. La firme de Moutain View a ainsi lancé un récent partenariat avec la STIB, la société des transports publics bruxellois, pour l’utilisation de Google Transit. Les affiches sont d’ailleurs visibles dans les stations de métro de la Capitale.

« Nous espérons multiplier ce type de partenariat local dans l’avenir », affirme Julien Blanchez.

Google Earth, Android, Apps, Energy… Des dizaines d’innovations

« Google veut organiser l’information du monde ». Tel est toujours le leitmotiv du groupe californien.

A côté de son moteur de recherche, Google a déployé une multitudes de nouveaux services, gratuits pour la plupart, en phase avec cet objectif.

Ces innovations s’appellent Google Maps, Google Earth, Ocean, Street View, etc….

« Il y a la volonté d’identifier toutes les zones d’activités où existe une inefficience », explique Julien Blanchez.

Vu la montée en puissance de l’internet mobile, Google se  doit aussi, aujourd’hui, de se positionner sur cet univers. Tel est le pari du système opérationnel Androïd, développé par Google, pour les smartphones.

Montée en force du web mobile, Google veut en être avec Android…

« Aujourd’hui, il y a plus de téléphones portables en circulation dans le monde que de montres ».

Grâce à Androïd, Google entend conserver son rôle de leader sur le Web.

Le grand adversaire, cette fois-ci, se nomme Apple, avec ses vedettes, l’iPhone et l’iPad.

« Pour l’instant, toutefois, la priorité est de faire avancer le marché du data et des services en ligne, argue Julien Blanchez. Nous avons intérêt, tous, à ce que cet univers du data mobile se développe. Là concurrence pourra toujours s’exprimer ensuite ».

Entretien réalisé en collaboration avec l’AWT, dans le cadre de la séquence ADN IT

Bonus

Ci joint, l’interview de Sergey Brin réalisée par Entreprise Globale à San Francisco, en mai 2009

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